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Alain Minc est-il un phare de sagesse ?

Publié le 14 septembre 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

Les propos de cet Everest de la pensée économique, sociale et politique

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Je me suis demandé si après tout il était bien utile d'en parler, l'Église subissant un tel flot d'injures et de soupçons d'une bêtise crasse que cela ne paraît pas indispensable d'y répondre. Mais après tout les chrétiens n'ont pas à se laisser mener à l'abattoir sans réagir. Je fais allusion ici à la formule que l'on sert à tous les croyants qui osent discuter, « mais les croyants y sont plus charitables que ça d'habitude et pis le christ il a dit qu'il fallait tendre la joue gauche ». On peut lire quelques réactions totalement caractèristiques sur le sujet sur le fil de cet excellent article de Jacques de Guillebon par ici. Je le remercie de ce texte car j'aime bien quand des catholiques croisent enfin le fer, et le font vigoureusement.

Alain Minc a pondu dans les colonnes du « Monde », le quotidien qui pense (et Alain Minc pense, lui), une ou deux perles sur le Pape que l'on aurait mieux vu dans la bouche d'un pilier de comptoir du « rendez-vous des chasseurs », dans le bouche de monsieur Minc c'est dit avec distinction, élégance et componction mais les mauvais esprits diraient que c'est finalement tout aussi vulgaire même si c'est en complet cravates. Alain Minc est un cynique, au sens phisophique du terme, restons gentils, les méchants affirmeraient qu'il conseille le président et différentes édiles pour s'en mettre plein les poches alors que ce génie des Carpathes, ce puits de culture, cet abîme sans fond de réflexion, qu'est Minc le fait surtout pour le Bien Commun bien sûr. Alain Minc est aussi ultra-libéral, les malfaisants diraient alors que c'est normal alors qu'il soit cynique et se permette de donner des leçons à une des plus hautes autorités morales du monde. La morale diraient les mêmes, les conseilleurs comme Minc ne sont pas les payeurs, mais les payés, voire les grassement payés. Et la morale les libéraux s'en tapent au bout du compte tant que les apparences se maintiennent c'est tout ce qui compte.

La première erreur de Minc est d'affirmer que le Pape n'a pas le droit de parler seulement des roms, rappelons lui donc qu'il a évoqué tous les peuples, et ne s'est pas borné à prendre position comme un vulgaire éditorialiste mercenaire, il a rappelé les principes de vie qu'impliquent la foi chrétienne en général et catholique en particulier, ce qui s'applique aux roms. La deuxième erreur de Minc est de dire sans rire en bref que tous les allemands ont été des nazis donc que tous les allemands maintenant c'est rien que des nazis encore, un peu comme « les italiens sont tous des voleurs », « les africains c'est que des grands enfants » (etc... ). Il aurait dit la même chose d'un autre dignitaire religieux, cela eût soulevé en France une réprobation unanime et un rien hypocrite, on eût défilé par milliers dans les rues pour combattre les propos qui rappellent les Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire (tm) d'Alain Minc. Le maire de Paris eût affiché en grand sur la place de l'Hotel de Ville la photo du religieux insulté et Carla Bruni eût chanté avec d'autres vedettes con-cernées une chanson douce drôlement engagée.

Mais Benoît XVI est catholique.

Et ça ça coince pour beaucoup.

Car le catho est méchant, le catho est un facho, le catho est un illuminé, on ne peut pas discuter et j'en passe et des bien pires. Finalement, cela se résume en une ou deux phrases : « un bon catho est un catho mort » ou un catho qui se planque pour prier ou aller à la messe et ne gêne pas trop son entourage avec sa foi, un catho discret qui vous laisser consommer et appliquer la méthode des trois « B » en paix (baiser, bouffer, boire).

Donc ce qui est curieux c'est que l'on va assister un peu partout à une défense d'Alain Minc l'ultra-libéral par des anti-cathos plutôt de gôche, qui habituellement se disent plutôt anti-libéraux. Voilà qui montre la réelle profondeur des convictions de ce qu'il est bien convenu d'appeler des clowns. De plus, autre bizarrerie -à première vue- car c'est logique au bout du compte, les croyants, qui cloisonnent et qui soutiennent sans férir la politique de la Sarkozie, pour qui la foi s'arrête au seuil de l'église, mais en dehors on s'en fiche, rejoignent ceux qu'ils détestent le plus dans la détestation du Pape qui a « seulement » rappelé dans son texte de l'Angélus du dimanche il y a quinze jours ce qu'implique la foi chrétienne quant à l'amour du prochain, celui-ci fût-il extrêmement différent.

Voilà donc le bobo qui s'allie au bobeauf !

On peut donc mettre ce premier miracle à l'actif du Pape !


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