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La passion amoureuse au réveil

Publié le 17 septembre 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

En relisant mes derniers textes, je me suis dit que ça faisait longtemps que je n'avais pas instillé deux ou trois gouttes de dérision et un peu de misogynie, pour me détendre, dans mes articles. J'adore, on va encore me traiter d'illuminé douteux et phallocrate.

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Bien sûr, je le sais la misogynie c'est mâââl, à notre époque d'égalité sexuelle toussa, et de féminisme décomplexée où les filles peuvent être aussi vulgaires, alcooliques et dépravées que les hommes, ce qui paraît être un énorme progrès aux yeux des élites éclairées et auto-proclamées de notre temps, comme le prouvent entre autres Joy Sorman, la fille du théoricien philanthrope bien connu, ou Virginie Despentes, ou Lolita Pille, djete setteuse aussi blasée qu'une quadragénaire partouzeuse à moins de trente ans. Ces femmes ne comprennent pas une seconde que non seulement elles n'y gagneront aucun droit supplémentaire, mais y perdront leur identité (je n'ose dire leur âme, on dira encore que je suis un disciple du curé d'Urufle). Je n'ai jamais compris ce qui poussait les féministes, ce qui les pousse encore avec la fameuses théorie du genre, à rejeter leur féminité et à assumer, pour une minorité parmi les militantes, à être jolies.

On me dira, il n'y a pas que chez les féministes, surtout dans le service d'ordre du MLF, que l'on trouve des tromblons infâmes. Il y a aussi les jeunes femmes ou moins jeunes, souvent chargées de l'accueil dans les grands rassemblements cathos plutôt genre « dévisseurs d'ampoules », habillées avec un sac ou deux, coiffée avec la coupe courte « pratique » que l'on trouve beaucoup en province, avec l'épi qui rebique au milieu du crâne (note : attention j'écris ça sans aucun mépris pour mes lecteurs ruraux).

C'est pareil pour la dérision que d'ailleurs 99% des gens ne comprennent plus, y compris ceux qui se targuent de se ficher de tout. Un consommateur se fout de tout, réfléchir, ça freine dans les achats faut-il dire.

Et, car j'ai des tas de pensées drôlement profondes le matin, j'ai eu envie de parler de la passion amoureuse quand elle s'éteint, je ne parle pas d'amour, ce n'est pas exactement la même chose, même si la passion peut mener à l'amour vrai. Quand elle a disparu, quand ses miasmes se sont évaporés et que l'on s'aperçoit que l'objet de ses grandes amours contrariés était une immonde petite garce, une péronelle de concours ou tout simplement une pauvre petite fille riche et névrosée, parfois la dulcinée du Tobozo tant aimée est tout cela à la fois, il n'y plus que l'ennui. Quand la passion s'est éteinte, leur conversation que l'on trouvait si vive et amusante n'est plus que banale et pénible, on baille, on s'ennuie, bref on s'en fiche complètement. Je sais, bien sûr, que Proust a dit ça en une phrase à la fin d'« un amour de Swann », « il s'aperçut qu'elle n'était même pas son genre ».

Je me dis aussi que c'est peut-être tout simplement que les hommes sont largement plus romantiques que les femmes contrairement aux préjugés communément répandus. Pauvres bougres que nous sommes, nous nous montons des bâteaux, des fictions romanesques et mélodramatiques, alors qu'elles sont beaucoup plus pragmatiques (Tiens ! toutes les mêmes !).

Avant cela, l'objet de sa passion est presque un ange, un pur esprit, un fantasme, à la fois un ange et un fantasme précisé-je. C'est aussi la jeune fille en détresse, l'héroïne, celle pour qui on a envie de combattre, ou de rêver. Et on le sait les anges et les presque-anges n'utilisent jamais les commodités, n'ont jamais de gastro et ne refoulent jamais du bec, ne lavent pas leurs habits qui sont portés à la rivière par les gentils z-oiseaux bleus de la forêt enchantée des rêves poétiques. La femme que l'on aime est l'héroïne de son film, il y en a même que ça pousse à écrire des romans ou des essais, pour que la passion soit quand même un tout petit peu féconde. Il y a des cas particuliers, ainsi Philip K. Dick, ses femmes ont toujours été l'objet de sa passion, de ses rêves, mais aussi et simultanément de ses perfidies, le petit malin dédicaçant un roman qui décrit une hystérique à sa deuxième épouse tout en l'assurant ensuite de ses sentiments les plus vifs, s'étonnant à la sortie du livre qu'elle demande le divorce.


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