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Note de lecture : "Si c'est un homme" de Primo Levi

Publié le 10 janvier 2011 par Jeromebondu

Nous connaissons tous l'adage selon lequel « voyages forment la jeunesse ». A l'heure du tout numérique, où l'on est prisonnier de ses mails et autres tweets, j'ai l'impression que la première vertu des voyages serait plutôt de casser ce lien qui nous lie aux médias sociaux, et de nous permettre de faire autre chose. En l'occurence, dans le cadre de mon dernier déplacement professionnel à l'étranger, et des inévitables et longues heures d'attentes et de transport, j'ai choisi de lire.
Cela faisait longtemps (c'est à dire plusiers années) que je voulais « affronter » Si c'est un homme de Primo Levi. J'écris « affronter » à dessein, car il me semble que l'on ne peut pas lire le récit de la déportation et de la vie d'un camp d'extermination nazi comme un simple roman.
« Si c'est un homme » retrace la déportation de Prio Levi, juif italien, et sa survie dans un des Lagers (camps de travail) d'Auschwitz. Contrairement à ce que je m'attendais, l'auteur fait preuve d'un recul tout à fait étonnant. La version que j'ai lue comporte un appendice dans lequel l'auteur ajoute des précisions très intéressantes et complémentaires sur son texte. Il explique très bien qu'il a écrit ce livre comme un témoignage. Il fait le parallèle avec la déposition que peut faire un témoin devant un juge, déposition qui est d'autant plus recevable qu'elle est dénuée de parti pris. C'est ce qu'il a voulu faire. Avec un recul remarquable, il « dépose » les jours terribles de son transport dans les wagons à bestiaux, le brutalité et l'imbécilité des kapos, la volontaire ineptie des règles, l'humiliation permanente, et finalement la mort pour 98% de ses compagnons italiens, raflés en même temps que lui, …
Mais ce n'est pas un livre misérabiliste. L'auteur semble au contraire porté par une humanité immense, qui sourd de son texte, et imprègne le lecteur. Non pas qu'il aide à comprendre, car comme le dit Levi « comprendre » c'est « prendre » « avec », c'est déjà assimiler ! Or il ne faut pas « assimiler » ce qui c'est passé. Mais c'est un texte qui rayonne d'humanité.
A lire de toute urgence, … lors de votre prochain voyage.
Jérôme Bondu

Pour en savoir plus :
- Wikipedia
- Evene


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