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Synesthésies, 2

Par Juan Asensio @JAsensio
Lyon, photographie de Juan Asensio
Synesthésies.
Il y a, recueilli dans ses belles Réflexions sur la littérature, un texte très étrange d'Albert Thibaudet intitulé Le centenaire d'Herbert Spencer dont le ton placide, le style que l'on croirait absolument absent, la tranquille assurance, une pointe de nostalgie érudite, l'inimitable ironie annoncent, avant la lettre bien sûr, les étranges portraits d'inconnus célèbres qu'affectionnait de peindre W. G. Sebald. L'une des toutes premières lignes de ce texte sans autre intérêt que celui de pointer subtilement l'intérêt d'un penseur qui, selon Thibaudet lui-même, n'en a absolument aucun, me fait même songer à la manière d'un Borges qui affirmait que les grands écrivains créaient leurs prédécesseurs : «Plus d'un lecteur, pensant ici à Spencer, est peut-être déjà surpris. Spencer a dérogé à la coutume qui veut que la plupart des philosophes aient été de médiocres écrivains, car il en fut, lui, un tout à fait mauvais» (1). C'est dans un texte sur Nathaniel Hawthorne (2) que le génial écrivain sud-américain évoquait cette réversibilité du temps, sinon des mérites littéraires, Hawthorne dont je découvrai, au même moment que je lisai le texte de Thibaudet sur Spencer, un étrange petit conte (3) intitulé L'Esprit hanté qui évoque cet état si particulier dont…

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