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La diversité contre l'égalité ?

Publié le 04 avril 2011 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Au sujet de "La diversité contre l'Égalité" de Walter Benn Michaels aux éditions Liber collection "Raisons d'agir"

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Ci-contre : photo de l'auteur prise ici

Que l'on ne se méprenne pas, l'auteur de cet article aime bien rencontrer des personnes de diverses origines. Il aime bien une certaine diversité. Il a adoré toutes les villes cosmopolites du Proche Orient, mais aussi Londres, Bruxelles ou Paris, ou de nombreux peuples se croisent, parfois hélas sans se rencontrer. A son avis, elle existera vraiment quand le fait de dire qu'une personne d'origine africaine, asiatique, arabe, juive (etc...) est con ou incompétente (etc...) sera anodin et ne soulèvera pas une tempête de protestations des associations se réclamant de l'anti-racisme.

On remarque que cet antiracisme

Le problème est que cette diversité est devenue une vérité imposée à laquelle il faut absolument souscrire sous peine de passer pour un raciste ou un affreux réactionnaire. Comme croire qu'Obama est un produit de la discrimination positivie alors qu'il est plus libéral que social-démocrate. L'autre chose à noter est que ceux qui soutiennent la diversité et le métissage le réduise à sa peau noire, Obama n'étant d'ailleurs pas noir mais métis.

Dans les années 60, 70, dans les feuilletons américains, même ceux censés se passer sous la Renaissance ou à l'époque romain, il fallait absolument dans le casting un quota de minorités pour ne pas se faire taper sur les doigts par diverses organisations dites communautaires. Dans « Hogan's Heroes », « Papa Schultz » en français, on trouve même un noir dans un camp de prisonniers nazi alors que l'on sait bien qu'il aurait été derechef été envoyé en camp d'extermination. Actuellement, dans les feuilletons américains, on trouve en plus des hispaniques, une mère célibataire, un homosexuel ou deux, des noirs aussi « WASP » qu'Obama.

Dans le « Marianne » de cette semaine donc, et aussi sur « Marianne 2 » on peut lire un entretien passionnant avec Walter Benn Michaels sur les méfaits du dogme de la diversité, un entretien hautement politiquement incorrect dans son pays, où la diversité est reine, dans le nôtre où elle également hautement taboue. C'est donc un entretien avec un chercheur de gauche, dans un journal de gauche avec un journaliste de gauche qui lancent quelques pistes de réflexion sur le sujet.

(un lien vers une biographie de cet auteur)

A commencer par le plus important, la diversité est au service du néo-libéralisme.

La marque dont il est question dans la photo ci-dessous l'a compris très tôt... (photo emprunté ici)

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Comme le signale d'ailleurs le sous-titre du livre en anglais, le système néo-libéral privilégie, ou feint de le faire, l'identité du consommateur, et ignore totalement les inégalités. De fait, instaurer des quotas pour que quelques individus triés sur le volet, souvent cooptés pour leur docilité, puissent accéder à un niveau de revenu élevé et un statut enviable n'a jamais résolu quoi que ce soit quant à la précarité des communautés en particulier, ou en général non plus. Il s'agit surtout de se donner bonne conscience.

Walter Benn Michaels note de toutes façons également que si il y a eu quelques efforts cosmétiques contre quelques discriminations, les inégalités n'ont cessé d'augmenter depuis trente ans dans les pays riches : Royaume Uni, États-Unis et France en particulier.

Le but en imposant le tabou de la diversité c'est surtout d'imposer aux pauvres l'opinion que si ils le sont ce n'est pas de la responsabilité des riches. On s'aperçoit là aussi que la plupart des gens, même les pauvres, le pensent déjà, une célébrité « people » ou pas qui a de l'argent ne sera pas jalousé, ni même envié, elle sera portée aux nues même si elle se moque bien et de l'adulation et de l'admiration des moins chanceux qui la célèbrent.

L'anti-racisme est devenu selon Walter Benn Michaels une des composantes essentielles du capitalisme contemporain, et d'aucuns, comme Yazid Sabeg, ne sont pas loin de penser que c'est la diversité qui sauvera l'hyper-consumérisme dans lequel nous vivons.

Ce qu'il propose est limpide :

Accentuer les politiques éducatives afin que l'Éducation ne soit pas seulement un privilège réservé à la progéniture de nos élites auto-proclamées.

Réduire les inégalités en aidant les politiques d'insertion pour tous, sans que celles-ci ne soient fondées sur une quelconque discrimination fût-elle positive.

Cela ne concerne pas seulement Sarkozy (et l'UMP). Selon l'auteur de « la diversité contre l'égalité », « il [Sarkozy] sait déjà qu'une élite diversifiée est une élite plus heureuse, plus autosatisfaite ».

Le plus ironique étant que Sarkozy est lui-même issu de cette diversité.

Cela concerne surtout ceux qui sont censés lutter contre les inégalités et la précarité, et qui pour l'instant ne proposent rien de concret ou de tangible.


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