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De quoi Nadine Trintignant et Jean-Claude Barreau sont-ils le nom ?

Publié le 04 mai 2011 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Mardi soir, ce que je ne fais jamais, j'ai regardé « Ce soir ou jamais », l'émission de Frédéric Taddéï.

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photo prise ici

Y étaient invités Nadine Trintignant, cinéaste, Frigide Barjot, chroniqueuse et écrivain, Aya Cissoko, ancienne championne du monde de boxe, Georges Balandier, anthropologue et sociologue, Jean-Claude Barreau, écrivain et inspecteur général de l'Éducation Nationale, ancien prêtre défroqué, Ali Magoudi, psychanalyste, et Jérôme Leroy, écrivain et journaliste, souvent classé « hussard de gauche, mais je ne suis pas sûr qu'il soit d'accord avec cette classification.

C'était surtout pour entendre la fidèle épouse du président de Koch, Frigide, et pour mon « meilleur ennemi », Jérôme Leroy sur la béatification de Benoît XVI.

Je souffrais pour Frigide Barjot, qui était face à six contradicteurs, dont un, Jérôme Leroy, cependant, plus subtil que les autres. Ce qu'il reprochait quant à lui à Jean-Paul II est le fait que ce pape n'aurait pas compris l'importance de la théologie de la libération dans les pays d'Amérique du Sud.

L'écrivain, marxiste et athée, reconnaissait cependant la force de la doctrine sociale de l'Église, développée par Jean-Paul II et aussi par Benoît XVI dans « Caritas in veritate ».

Sur ce point je rappellerai que la théologie de la libération part d'une hypothèse marxiste quant à ses thèses économiques, et que le marxisme, à la base est contradictoire dans son principe au christianisme. Pour les chrétiens, « au commencement était le Verbe », et donc l'esprit divin, pour Marx, au commencement est la matière ce qui est l'inverse. C'est cela qui est reproché par l'Église à cette théologie et non les actes courageux de nombreux prêtres d'Amérique latine pour amener plus de justice sociale dans leurs pays, tel Dom Helder Camara.

Je me souviens d'une émission de télévision où Frossard, ancien communiste donc pour cela mal considéré par Barreau (biographie ici), lui avait demandé à la fin d'un discours particulièrement enflammé avec forces gestes sur l'adultère et le pardon nécessaire aux adultérins malgré leur péché mais aussi le retour nécessaire à l'ordre moral, « s'il avait quelque chose à se reprocher », quelque chose à prouver, de manière calme et tranquille le ridiculisant instantanément car Barreau jouait un rôle qui sonnait étrangement faux après avoir fait une déclaration du même genre que celle ci-dessous.

Barreau, comme beaucoup de curés défroqués, passait son temps à se justifier de son geste, qu'il avait parfaitement le droit de faire, personne ne lui en demandant des comptes, moi le premier.

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Mais à entendre Barreau hier sur Jean-Paul II, c'est la faute de l'Église qui n'a pas a été assez moderne ou réformiste à son gré s'il n'est pas resté clerc.

Comme pour beaucoup l'Église aurait dû se conformer à ses désirs, se mettre en phase avec son auguste personne, et non le contraire, ce qui est beaucoup plus contraignant bien sûr à première vue, et libérateur au point de vue chrétien.

J'avoue que je préfère largement Frossard qui me semble beaucoup plus capable d'esprit de finesse.

Ce qui est paradoxal par ailleurs est que Jean-Claude Barreau a écrit ceci : "Ceux qui viennent en France en tenant à conserver leur langue, leur culture et leur religion ne doivent pas être considérés comme des immigrés, mais comme des colons", et a pourtant vanté tout au long de l'émission la force du modèle républicain d'intégration, ce qui me semble contradictoire.

Concernant Nadine Trintignant, j'ai eu, j'ai toujours beaucoup de pitié pour la mère vivant l'immense chagrin de perdre sa fille tuée à cause la violence d'une brute ordinaire, qui n'a rien finalement du rebelle romantique en pleine crise d'exacerbation passionnelle.

Hier, par contre, quand elle s'est mise à parler du Pape, évidemment le premier sujet abordé a été le port du préservatif et la plupart des contre-vérités habituelles énoncées sur le sujet, on ressentait surtout de l'agacement. Ainsi qu'Aya Cissoko, Nadine Trintignant était prête à traiter Jean-Paul II de criminel contre l'humanité du fait de son intransigeance supposée contre le petit capuchon de caoutchouc.

Ce fût elle qui fournit le laïus habituel sur l'ordination des femmes et le mariage des prêtres, méconnaissant d'ailleurs comme toute personne sortant ce genre de discours qu'il existe déjà des prêtre mariés dans l'Église catholique, comme ceux des chrétientés d'Orient où c'est dans la tradition depuis les origines (par ici un article sur le célibat des prêtres).

Comme d'autres elle crut bon également de pointer du doigt les dépenses occasionnées par la cérémonie de béatification de Jean-Paul II et celle du mariage de Kate et William.

En allant jusqu'au bout de son raisonnement, primo : il est toujours intéressant d'entendre ce genre d'arguments moralement très juste dans l'absolu d'une personne se voulant plutôt a-morale, deuxio : on pourrait lui objecter que tourner des films est parfaitement inutile pour le progrès du monde, comme tout art d'ailleurs, et que là aussi ce sont des dépenses somptuaires parfaitement superflues.

Quand les invités en vinrent à parler de la tuerie de Nantes, je fus très surpris d'une chose. Tous ceux qui avaient passé un bon quart d'heure auparavant à condamner le moralisme de l'Église, les papes réactionnaires, semblaient tenir pour acquis, certes comme les médias, la culpabilité et la monstruosité de Xavier Dupont de Ligonnès. Alors que pour l'instant, et même si il y a de fortes présomptions il est vrai, personne n'en sait rien après tout pour le moment, à moins de s'improviser inquisiteur, même laïc, ou juge suprême à la place du juge suprême.

Là encore, la réaction sur ce sujet de Nadine Trintignant était caractéristique, elle suggéra que c'était bien entendu la catholicité de l'homme et de sa famille, donc qu'ils aient été sous la coupe d'un moralisme arbitraire et rigide, qui l'a poussé à tuer et à se comporter en monstre.

Ce qui domine au bout du compte, excepté pour Frigide Barjot, c'est la conception erronée de la religion chrétienne uniquement considérée comme un ensemble de lois et de préceptes arbitraires destinés à asservir les consciences. Comme le dit bien Fabrice Hadjaj : la foi n'entraine « ni théocratie, ni technocratie » (par technocratie on entendra cette conception qui fait du progrès l'alpha et l'oméga de la vie moderne). Et que la religion d'Amour qui est celle du Christ, et celle de l'Évangile, n'a rien à voir avec un ensemble de diktats insupportables. Et ce même si les chrétiens eux-mêmes qui devraient toujours se reconnaître faillibles, comme les autres êtres humains, sur le sujet, ont beaucoup de mal à le comprendre et surtout à le vivre, là encore comme tous les autres êtres humains.


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