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Deux poids deux mesures dans la présomption d'innocence

Publié le 28 mai 2011 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Depuis le début de l'« affaire DSK », certains invoquent à tout bout de champ la présomption d'innocence quant à l'homme d'état, et ce à gauche comme à droite, y compris dans l'éditorial un rien tarabiscoté de Bernard Maris dans « Charlie Hebdo » de mercredi. Georges Tron, quant à lui, parle carrément de complot de Marine le Pen et de ses séides. Monsieur Tron n'a pus s'empêcher de dire d'ailleurs que ses accusatrices n'avaient pas l'intelligence et la culture nécessaire pour porter plainte (par ici la citation).

photo ci-dessous prise ici

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Cela rejoint la déclaration de Jean-François Kahn, pour qui l'« affaire DSK » ce n'était que du « troussage de bonnes ».

Dans tous ces cas, on sent surtout l'esprit petit-bourgeois qui revient à grands pas. Le petit personnel, les petites bonnes, les domestiques, les « invisibles », les petites gens, ne sont là que pour obéir et satisfaire les désirs des plus favorisés qu'eux qui se trouvent tout à fait légitimes quant à leurs privilèges. Les bourgeois n'ont pas changé depuis le XIXème siècle, monsieur Guizot, et les débuts du capitalisme, ils sont toujours aussi hypocrites et finalement amoraux et défendent au bout du compte toujours et encore une justice qui les favorise et maintiennent les « classes dangereuses » ou affirmées hors de celle-ci.

Il n'y a pas « mort d'homme » comme a dit l'un d'entre eux.

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Je me souviens aussi des tous débuts de l'affaire d'Outreau et du traitement médiatique de la chose.

On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, comme du Chabrol en plus trash :

Il n'a jamais été question d'aucune présomption d'innocence...

Un ancien prêtre ouvrier forcément pédophile, un clerc de notaire malsain, des familles forcément "tuyaux de poêle" habitant en HLM donc forcément barbares et j'en passe. Je me souviens des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus "ces gens là". On nous montrait également un petit juge courageux, seul garant de la lumière parmi tant de ténèbres et une justice courageuse.

On ne parlait pas de présomption d'innocence, encore moins de souffrances pouvant expliquer l'affaire.

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Or, il s'est avéré que les coupables étaient tous innocents. Pour s'en sortir, il a bien fallu un bouc émissaire, ce fût le juge Burgaud, qui n'a pas commis de faute quant à l'application du Droit mais n'a fait preuve ni de compréhension, ni d'écoute. C'était le jeune loup aux dents longues méprisant lui aussi "ces gens là" déjà coupables de leurs pauvretés diverses qui a pris sur son dos une responsabilité collective.

Tous parmi les innocents d'Outreau ont vu leur vie ou une bonne partie de leur vie complètement foutue.

Aujourd'hui, la famille Lavier revit le même cauchemar, et on leur dénie toute présomption d'innocence. Il faut lire les articles les concernant. Il n'y a pas de fumée sans feu disent les imbéciles, ce n'est pas normal quand même. On ne leur trouve aucune circonstance atténuante, des « gens comme eux ».

Certains parmi le personnel judiciaire, parlent déjà d'alléger encore un peu plus si possible les sanctions qu'a subies le juge Burgaud, ragaillardis également par le livre du fils de Myriam Badaoui, une affabulatrice patentée.

Il y maintient les accusations de sa mère, mais sans apporter plus de preuves que ça, ni faits concrets.

Karine Duchochois, une des acquittées d'Outreau devenue journaliste, signe un documentaire très éclairant sur le sujet, et comment en particulier chaque accusé l'a vécu...

Polanski, un cinéaste de grand talent, a il y a trente-deux ans violé une jeune fille de treize ans en lui administrant des drogues et de l'alcool.

A ce lien les paroles d'une petite chanson de Bobby Lapointe dédiée à Georges Tron

On est loin de Nabokov et encore l'auteur de "Lolita" dit bien clairement que la petite vit très mal sa fugue avec Humbert Humbert. La victime lui a pardonné, je ne pense pas cependant que si le réalisateur était en face d'elle, elle aurait la même attitude. En quoi l'application du Droit doit-elle être différente ? Pourtant on a vu fleurir les déclarations des uns et des autres, politiques et acteurs, réalisateurs, pour hurler au retour de l'Ordre Moral et demander la clémence pour Polanski, qui lui, certainement, n'est pas comme "ces gens là", d'Outreau.

Et certes, s'il n'avait pas eu "la carte", il aurait eu beaucoup moins d'avocats improvisés dont certains narrent avec délices, et sans aucuns remords, leurs "ébats" avec des adolescents en Thaïlande ou ailleurs (Bien sûr l'honnêteté m'oblige à reconnaître en tant que chrétien et catholique que quand une affaire de pédophilie arrive dans l'Église l'attitude des évêques, en particulier en France, a toujours été le plus souvent lamentable).


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