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Nouveaux mâles, nouveaux pères

Publié le 14 juin 2011 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Dédié avec déférence à Caroline Fourest, Anne Lauvergeon, Roselyne Bachelot et Nadine Morano

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Je me souviens d'un excellent dessin de Relom, le dessinateur de « Andy et Gina » montrant un « nouveau père », la poussette en avant dans un parc, se répéter fébrilement « je suis heureux d'être un nouveau père », alors qu'on voit bien qu'il est très mal à l'aise et qu'il n'y croit pas du tout.

Je pense aussi à tous ces « nouveaux mâles », « pères célibataires » ou non, « père copain/copine » que l'on peut croiser, surtout dans les quartiers de centre-ville des grandes métropoles, tellement cool avec leurs gosses, tellement patients, qui font l'admiration des jeunes femmes modernes à la terasse des cafés. On me dira, certains sont des hypocrites fûtés, ils utilisent leurs gosses pour draguer : « Ah il est mignon le petit garçon, c'est votre fils ? », et une réponse en entraînant une autre, la bonne dame se retrouvera vite dans le lit de l'heureux Papa qui aura enfin une consolation plus roborative que le nounours qu'il partage habituellement avec sa petite dernière.

En abordant ce sujet, on aborde de front ce qui différencie vraiment la droite de la gauche. Ou du moins une certaine droite d'une certaine gauche. Et l'on comprend que la droite libérale-libertaire (par ici l'origine de ce terme forgé par le philosophe marxiste Michel Clouscard) dispense à peu près la même doxa économique et sociale que la gauche sociale-démocrate les uns étant simplement un peu plus radicaux économiquement que les autres.

Mais au bout du compte ce sont les marchés qui dominent le fonctionnement de la société, et le « laisser-faire, laisser-passer » ce qui reste de la morale qui se réduit à quelques interdits forts.

Samedi soir dans « On n'est pas couché », Zemmour répondait à Madame Morano sur la « nouvelle parentalité », la diminution des congés maternité et l'augmentation souhaitée des congés paternité par « souci d'égalit », et je ne parle même pas des constatations d'Anne Lauvergeon présidente du directoire d'Areva, lors du Women's forum 2009 : «A compétences égales, et bien. désolée, on choisira la femme ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc, pour être clair».

Voir ici le reste de sa déclaration qu'elle assume visiblement.

Elle semble avoir raison, car cette discrimination-là semble tout à fait acceptable aux yeux des commentateurs. Suite à la plainte déposée par une association, les magistrats ont décidé que « Anne Lauvergeon n'a eu aucune «volonté de stigmatiser un groupe de personnes», ni «l'intention de susciter à leur égard un sentiment d'hostilité ou de rejet». Anne Lauvergeon est comme Caroline Fourest, et dans une certaine mesure, Marine Le Pen, une de ces Valkyries post-modernes qui fascinent tant les médias.

Vierges guerrières de notre temps, combattant au nom de la « théorie du genre » ou de la laïcité (sauf dans le cas d'Asia Bibi, qui est chrétienne), elles montrent qu'elles peuvent, et veulent parfois, se passer totalement des mâles. Avec elles la laïcité c'est surtout pour les femmes européennes, pas pour les jeunes filles des cités dites pudiquement difficiles, comme à Sevran, qui ont à subir la sottise ordinaire des mâles alpha qui prennent le pire obscurantisme pour justifier leurs

Quant à la proposition de Madame Morano, et de Madame Bachelot, on sait bien qu'il s'agit plus de rogner sur le congé maternité des femmes plus qu'autre chose, elles savent très bien que les hommes ne prendront pas plus leur congé paternité.

En gros, c'est surtout une manière de faire travailler les hommes et les femmes plus pour gagner moins.

Avec ce qu'on lui demande, l'homme moderne est un peu le cul entre deux chaises. D'un côté il se doit d'être une copine, une confidente, une égale, un grand frère « un peu incestueux » (voir ici à quelle chanson je fais référence) comme dans la chanson, de l'autre, il faut qu'il reste séduisant, mâle (même si c'est mal par ailleurs) et dominateur, masculin qui n'a qu'à claquer des doigts pour faire tomber les femmes. L'homme moderne rêvé selon cette nouvelle conception de la parentalité, se situe donc entre « le biscuit » dans « Ally McBeal » et Steevy Boulay, icône de la métrosexualité assumée (les hommes qui se rasent le torse, s'épilent et adorent partager leurs secrets de beauté avec leurs épouses). Les « métrosexuels » sont logiques au fond.

Ils assument plus que les autres « nouveaux mâles » leur homosexualité latente ou patente. Ces nouveaux mâles, souvent plus proches de Zaza Napoli que de Tenessee Williams, partagent la même haine de tout ce qui est masculin, tout comme les Valkyries post-modernes dont il a été question au-dessus. Ils prennent donc soin de gommer tout ce qui les ramène à leur propre virilité, ils adorent pleurnicher aux films sentimentaux, adorent faire du shopping avec leur compagne, mais sentent bien que quelque part, quelque chose manque, quelque chose dont ils sont fiers de se séparer parfois, comme ce type interviewé par Ardisson samedi soir, castré volontaire ce qui lui a permis selon lui de retrouver la sérénité.

Est-ce à dire que l'auteur de ces lignes déteste les « nouveaux pères » ?

Ils lui sont en fait tout aussi insupportables que les néanderthal de base que l'on peut également souvent croiser un peu partout, du genre à entourer d'un bras protecteur et étouffant le cou de sa « meuf », de sa copine qu'il tient aussi parfois par la terreur, qui ne connaissent de la sexualité que ce qu'ils en voient dans les pornos, à savoir pas grand-chose.

Et tous ces petits mâles blancs ou pas, frustrés, complexés, humiliés, qui se défoulent sur Internet, ou dans la vie courante, mais moins car c'est quand même plus facile anonymement. On sent bien tout cette masculinité rentrée de manière forcée, pour ne pas se faire remarquer, toute cette frustration qui éclate parfois en vengeance contre les femmes. Ils partageant avec les vierges guerrière susnommées la même haine de l'identité féminine, qui existe bel et bien, la haine de toute sensibilité, à commencer par la leur...

Par ici un article sur les nouveaux pères


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