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Journal de vacances 8 – Du zéro à l'infiniment zéro

Publié le 10 août 2011 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Quelques citations pour la journée de vacances :

« On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

Georges Bernanos dans « la France contre les robots »

« On reconnaît la valeur d'une société à ce qu'elle célèbre »

Sandy Bates (Woody Allen) dans « Stardust Memories »

« Qui c'est qu'a pété ? »

Delphine dans « Loft Story 2 »

Impressions de vacances :

Excellent dessin pris sur ce blog très bien fait

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Maraudant sur le net, je tombe, alors que l'économie mondiale se casse la figure et que la Grande Bretagne brûle, sur le titre en « une » de Yahoo : « FX est mort ».

Du point de vue personnel, cela m'a tellement ému que comme a dit Desproges à l'occasion d'un autre événement majeur dans le même style, j'ai repris deux fois des moules.

Aujourd'hui, on nous annonce que le pauvre garçon qui participait à « Secret Story 3 » se serait peut-être suicidé n'ayant pas trouvé la célébrité « kleenex » dont il rêvait au bout du tunnel télévisuel et de l'enfermement volontaire sous l’œil des caméras et des spectateurs voyeurs et décérébrés.

Il vendait sa personne, comme Vincent MacDoom sur la base d'une ambiguïté sexuelle marquée, jouant sur l'androgynie métrosexuelle poussée à son paroxysme, un peu au bout du compte comme les travestis du Bois de Boulogne qui vendent la même chose. Sauf que lui désirait plus que « Chon frons l'amoûûrrre ».

Il voulait les paillettes et sa photo dans « Gala », « Closer » ou tout autre magasine torchonnesque. Évidemment, il n'eut que des entrefilets un peu glauques dus à son personnage.

Ironiquement, il pourrait maintenant être content, on parle de lui abondamment.

Une de ses camarade enfermées, Cindy Lopes, la blonde à forte poitrine de l'émission, il y en a une par émission dans ce genre de shows, en profite pour se faire un peu de pub en passant en pleurnichant sur son « ami ».

C'est toujours ça de pris.

Ces émissions de téléréalité sont apparues en France en 2001 avec le premier « Loft Story ». Selon leur créateur hollandais, John de Mol, qui s'avouait « fier de lui » à l'époque, c'est un formidable progrès quant à la transparence et à l'affirmation des libertés de pouvoir enfermer pendant quinze jours ou plus une dizaine de médiocres infantiles et décervelés et voir ce qui se passe. C'est la version moderne du trou de serrure, visible partout grâce aux progrès fulgurants de la technique. Le succès de ces émissions est basé sur l'identification des spectateurs qui s'imaginent que ça pourrait être eux qui passent à la télévision car les candidats de ce genre d'aventures est généralement aussi nul que le quidam moyen (pléonasme) rêvant de ce que « les marchés », les médias, et la pub lui ordonnent de rêver.

Tant que lui peut continuer à consommer et rêvasser devant ce style de spectacles, le monde peut crouler.

Les jeunes émeutiers de Grande Bretagne sont les enfants de ce décervelage, de l'infantilisation du consommateur (ou conso-mateur dans le cas de la téléréalité), de l'hyper-libéralisme.

Il n'y a quant à leur révolte aucun autre motif que la frustration de ne pas avoir en poche le dernier gadget électronique totalement inutile et celle de ne pas être célèbre comme les vedettes de téléréalité que ces mêmes émeutiers plébiscitent, et la violence c'est aussi l'occasion de se faire remarquer à la télévision. Ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment le programme ultra-libéral, tout ce qui gêne entre eux et la satisfaction de leurs désirs les plus primaires est à incendier. Certains m'ont fait remarquer qu'au moins ils brûlent des supermarchés, oui, mais pour voler tout ce qu'il y a dedans.

On le voit dans de nombreuses chansons de rap, où les « artistes » ont plaisir à montrer tous les signes de réussite sociale obligatoires selon la vulgate libérale :

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Des billets de banque à foison, une belle bagnole avec une peinture qui claque, et de belles filles, souvent rechapées comme la bagnole, autour.

Leur colère n'a rien à voir avec une rébellion, voire avec les conséquences d'une politique qui les aurait brimés, la Grande Bretagne étant montrée jusque là comme un modèle de communautarisme qui fonctionne.

Bien sûr, à entendre les belles consciences c'est la faute de Breivik, c'est sûr. Certains vont même jusqu'à affirmer que comme il y a eu la colonisation c'est un juste retour de bâton, s'appliquant à eux mêmes ces coups de bâtons dans un masochisme assumé naïf et suicidaire.

Depuis plus de quarante ans, on nous serine que l'éducation qui pousse les enfants et les adolescents à se responsabiliser, en leur inculquant des valeurs, des repères, le sens de l'autre, c'est paternaliste, ringard et réactionnaire. Le maître mot c'est qu'il ne faut pas culpabiliser les enfants, ni les adultes.

D'un côté, les libéraux conchient tout cela car c'est un frein à la consommation, un consommateur qui réfléchit est un consommateur qui n'achète pas assez, de l'autre les libertaires mollassons ou durs considèrent que les règles s'assimilent à l'oppression, se conduisant même s'ils ne le reconnaitront jamais comme des « idiots utiles » du libéralisme.

La chanson ci-dessous s'impose, non ?


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