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"Gazoute ou l'étoile en balsa" - la mémoire des juifs portugais

Par Amaury Watremez @AmauryWat

 Chantal Figueira Lévy, Gazoute ou l'étoile en balsa, éditions Cogito Ergo Sum, août 2011, 134 pages, 18 €

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Frédéric Seaux a créé sa maison d'éditions au printemps 2011, « Cogito Ergo Sum », pour publier les livres qui lui tiennent à cœur d'auteurs normands en particulier, mais il n'a pas d'exclusive quant à l'origine régionale des écrivains qui lui envoient ses manuscrits.

La Normandie a été et est toujours un vivier d'écrivains et de passionnés de la littérature : Maupassant, Flaubert, Maurice Leblanc, Philippe Delerm, Olivier Frébourg, Nicolas Rey entre autres. Cet éditeur est diplômé d'histoire et enseigne les Lettres/Histoire en Lycée Professionnel à Neufchâtel-en-Bray.

Il est aussi journaliste et animateur radio.

Le livre de Chantal Figueira Lévy est la deuxième publication des éditions « Cogito Ergo Sum ». C'est bien un livre qui fait penser, qui fait prendre conscience.

Elle est issue d'une famille de « marranes », juifs convertis de force au XVIème siècle, soupçonnés d'être apatrides même après leur conversion.

Elle tient beaucoup à son identité juive,et à toutes ses traditions qui ont bercées sa jeunesse.

Elle est passionnée par son métier d'architecte d'intérieur, comme son héroïne et par l'écriture, qui lui permet le rêve.

Dans cette œuvre de fiction, l'auteur nous convie à un voyage dans la mémoire des juifs portugais, de ce qu'ils ont vécu depuis la « Reconquista », pendant la dictature de Salazar et maintenant, de la persécution larvée, ou sans équivoque, qu'ils ont subi, de leurs coutumes, de leur faculté à se consoler des maux subis.

L'histoire commence le 10 mai 2016, Julia Frances, architecte d'intérieur reconnu, célébré, est en séances de dédicace pour son autobiographie sous les flashes des photographes, les demandes de dédicaces.

Elle s'embête. Elle finit par pouvoir aller se coucher, se retrouve seul et fait le bilan de sa vie.

Elle a l'impression de se perdre dans toutes les mondanités qu'elle supporte comme un fardeau, elle a peur de ne plus savoir qui elle est vraiment, d'oublier quelles sont ses racines. Elle sait aussi que pour devenir celle qu'elle est, elle a dû renier de nombreuses choses : elle-même, un amour perdu.

Une petite voix qu'elle n'a pas entendue depuis longtemps, la voix de sa conscience, de sa sagesse, elle petite fille peut-être, se rappelle à elle et l'aide à se remémorer de tout ce qu'elle a traversé, du courage de son peuple. Sa petite voix évoque son goût pour l'esthétique, pour tout un monde de formes et de couleurs. Elle plonge Julia dans son enfance, quand elle n'était pas encore la grande Julia Frances, quand elle vivait à Tomar et Lisboa.

Ce livre est un peu dans le style d'introspection féminine, sympathique, pleine d'humour, comme Céline Minard en écrit, en toute liberté et sans prétentions.


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