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influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout …

Publié le 19 décembre 2011 par Yann Gourvennec @ygourven

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Ces derniers mois, de nombreux acteurs du Web, certains à haute voix, d’autres à mots couverts, ont exprimé des doutes voire des critiques sévères à l’encontre du service de mesure de l’ « influence » Klout.com (Les guillemets renvoient à une vidéo de Guilhem Fouetillou tournée il y a quelques semaines). Je me suis joint à cette conversation et ai exprimé également de telles critiques dans un dialogue par blogs interposés avec mon ami et confrère Hervé Kabla et le professeur Christophe Bénavent dont les analyses sont toujours aussi incisives que justes. Il y a quelques semaines, de conserve avec Jérôme Deiss et suite à un échange de tweets avec lui et plusieurs confrères sur twitter en temps réel, nous avons décidé de supprimer notre Klout. Retour sur les lieux du crime …

[légende de la photo : “I’m not a number, I’m a human being!” – Portmeiron, Pays de Galles – toutes les photos sont celles de l’auteur]

NB : Cet article fait écho à l’article de Jérôme Deiss sur le même sujet et a été publié simultanément 

une tenaille pour arracher les Klouts

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Le dernier changement arbitraire de mesure de Klout, fin novembre en a convaincu plus d’un, dont moi-même, a supprimer son compte. Voici donc la procédure attendue par tant, et cachée si habilement par les promoteurs du système, qui vous permettra de supprimer votre Klout. Pour cela, il suffit de cliquer sur http://klout.com/corp/optout

un Klout chasse l’autre…

Ne vous en faites pas, si vous êtes en mal de mesures, vous pouvez toujours utiliser l’excellent système d’Edelman, Tweetlevel

pourquoi passer en dehors des Klouts ?

Cette démarche appelle à quelques réflexions :

  1. la mesure est utile pour imprimer l’action, mais elle n’a pas de valeur intrinsèque (cf. à nouveau la vidéo de Guilhem Fouetillou) ;
  2. la mesure de Klout est fluctuante, opaque et calquée sur l’activité et non les contenus (il est d’ailleurs impossible de mesurer la “qualité” d’un contenu, preuve en est le débat vieux de 50 ans au comptoir du café du commerce sur la “qualité des programmes de télévision” ;
  3. donner trop de valeur à ce score finit par créer des comportements déviants (conformisme de certains acteurs du Web pour augmenter leur score, notamment via une activité frénétique et pas forcément intéressante, à base de copier-coller et je passe sur le e-racolage sexuel) ;
  4. c’est peut-être anecdotique, mais j’ai un véritable travail, je préfère me concentrer sur d’autres choses ;
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    la réputation n’a pas d’importance … c’est Chris qui le dit ;
  6. je me fiche d’être lu beaucoup. Les articles les plus lus, également sur mon blog, sont souvent, voire toujours, les moins fouillé et originaux. Je préfère donc m’en tenir à des articles de fond, et choisir des sujets sans me préoccuper de leur popularité. Ceci demande du recul, de la réflexion, de la lenteur … (si au contraire, vous faites un blog marketing et désirez racoler facilement, je vous donne un tuyau, faites beaucoup de copier-coller et parlez essentiellement de guérilla marketing et vous allez cartonner !) ;
  7. je revendique le droit à n’être pas connecté (ma femme également, qui m’impose une trève tous les week-ends, à juste titre). Klout pénalise les utilisateurs qui prennent des vacances et qui respectent la trêve du week-end. C’est une dictature stressante et ridicule ;
  8. comme le prisonnier, je me suis pas un numéro, je suis un homme libre ;
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    enfin et surtout, certaines marques et sociétés de relations publiques ont commencé à sanctionner les mauvais élèves de Klout. En dessous d’un certain score, le blogueur est évincé, même s’il est coopératif et compétent. En dehors du caractère méprisant et populiste de ce genre de démarches, mettons également l’accent sur sa stupidité :
    1. renforcement des comportements d’enfants gâtés de certaines personnes ;
    2. biais d’éthique et de comportement de la part des blogueurs qui veulent se faire payer (sous le manteau), sans respecter les règles de transparence ;
    3. multiplication des blogueurs (j’en ai vu beaucoup à le Web 2011) qui se font payer des billets d’entrée par les marques, sans aucun retour sur investissement pour celles-ci, le seul résultat étant l’apport de visites sur le blog dudit blogueur et sans raison ni contrepartie ni même de liens ;
    4. disparition de l’esprit d’entraide et de co-construction qui est à la base du Web et notamment du Web social.

A Le Web, ma discussion avec Pierre Vallet d’ image 7, m’a fourni un exemple de bonne méthode : Pierre a lancé des opérations pour des sociétés de luxe et de beauté, avec des blogueurs moyennement réputés, essentiellement dans des secteurs différents. Cette démarche courageuse et originale a l’avantage de renforcer l’esprit de coopération en minimisant les mauvais comportements décrits ci-dessus. En conséquence de quoi, comme Pierre, je recommande aux marques de ne lancer que des opérations s’inscrivant dans la durée, en partenariat avec des blogueurs de milieu de tableau qui ont le désir de travailler ensemble, qui ont un sens de l’éthique, et qui désirent travailler en équipe avec une marque dans un esprit gagnant/gagnant.

influence : pourquoi j’ai enfoncé mon Klout …

Maintenant, courez arracher votre Klout ou laissez le rouiller et comme Voltaire, cultivez votre jardin …


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