Magazine Culture

Les réactions qui viennent...

Publié le 03 janvier 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Actuellement, l'esprit critique n'est pas tellement bien considéré, il est même plutôt rejeté dans les limbes des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°).

photo de Jean-Pax Méfret qui aurait été vedette des variétés françaises si Tixier-Vignancourt avait été élu en 1965 prise ici

113891604.jpg
Ne parlons pas de l'esprit de réaction à l'époque, à la société, au monde. Du ou de la réactionnaire, on dira qu'il n'aime pas son époque, ce qui ne mange pas de pain, dans le meilleur des cas.

Bien sûr, je ne parle pas ici des « réacs », cathos ou pas, de droite ou de gauche (notons que l'on connait peu de « réacs de gauche », excepté peut-être Mélenchon ou Nathalie Arthaud, ceux qui jouent ce rôle par ailleurs s'avérant très vite très consensuels), qui sont des « réacs de service » qui sont là pour amuser la galerie et faire mine de respecter un certain pluralisme d'opinions au sein du grand cirque libéral et spectaculaire.

Comme il y a des « cathos de service » qui oscillent entre la naïveté et l'autoflagellation et qui ont peur au fond d'être juste un peu plus en cohérence avec un ou deux idéaux face à un monde foncièrement inique.

Car les opinions exprimées par le, la, réactionnaire entrainent assez vite un tombereau d'injures, d'immondices, d'allusions fielleuses et de haine sans limites.

On a un peu de mal à comprendre d'ailleurs.

Car les mêmes qui prônent la liberté d'expression à tout les vents se montrent aussi tranchants qu'un inquisiteur albigeois dés que l'on contredit leurs dogmes idéologiques de pensée et de réflexion.

C'est curieux, n'est-ce pas ?

Mais au fond, ce qui anime ces beaux esprits ce n'est pas une révolte pure et altière pour défendre quelque idéal, il s'agit surtout de colère du fait de la révélation de leur hypocrisie foncière qui est qu'au fond ils cherchent surtout à profiter jusqu'à la dernière goutte du système en maintenant un paravent hypocrite tissé de bonnes intentions grandiloquentes et de grandes déclarations fracassantes creuses ceci afin de camoufler leurs motivations réelles beaucoup moins claires.

Ce qui domine dans le milieu intellectuel, enfin, c'est eux qui l'affirment, pensant comme il faut, c'est le principe de cooptation, la moralité au fond de bande, de horde où tout le monde se protège et protège les intérêts de la tribu à condition bien sûr que les moins puissants fayotent le plus obséquieusement possible avec ceux qui disposent réellement du pouvoir, et qui ne sont pas les politiques tant s'en faut contrairement à ce que beaucoup feignent de croire.

Comment peut-on réellement penser qu'un Sarkozy, un Hollande, une Joly, un Mélenchon, une Le Pen puissent avoir une incidence réelle et concrète sur l'économie hyper-libérale sur-mondialisée ?

On me dira, chez les idéologues, ou les admirateurs de leurs « grands » hommes, « grandes » femmes, celui-ci, celle-ci, se considère déjà à la base comme un sauveur, l'incarnation du Messie, ayant comme ils le disent tous, y compris les candidats à 1% comme Nicolas Dupondt-Aignan « un destin », mais qui n'est qu'un seul et unique destin, qui ne sera jamais dans leur esprit relié au destin national comme cela a pu arriver dans l'histoire de France auparavant.

Qu'est-ce à dire ?

Que finalement la plupart des gens veulent bénéficier des mêmes avantages et privilèges indus que les privilégiés, que le but final de cette société que l'on soit de gauche, de droite au centre ou sur les bords c'est de s'enrichir et de claquer son argent de la manière la plus ostentatoire.

Tout contradiction au consensus mou actuel sur l'humanitarisme très léger qui surnage de nos jours est pourtant, malgré toutes les collusions répugnantes, le clientélisme, le népotisme, les bassesses abominables, assimilé à du faachsîîme ou à un compagnonnage avec Marine le Pen, comme toute évocation de la crise morale grave qui secoue actuellement nos pays, à la base au fond de la plupart des problèmes actuels, de la perte de sens, de décence aussi.

Ces beaux esprits en reviennent toujours aux mêmes discours vagues et un rien vasouilleux, car faciles au fond, qui consistent à faire du contradicteur, du réac un nazillon, un nostalgique des ordres noirs...

Ils ne se rendent pas compte du ras le bol qui grossit de plus en plus chaque jour, et qui va continuer à le faire durant la récession économique face à leur incurie et leur déni du réel et aussi le fait qu'ils sont bloqués en politique en 1945.

En conclusion, cette citation d'un réac flamboyant anti-bourgeois et au style formidable, Léon Bloy, splendide mendiant éructant qui n'a pas eu peur toute sa vie durant de se mettre à dos les belles consciences hypocrites et littéraires de son temps, qui sont pour celles qui le conchiaient toutes oubliées en 2012 :

 « Il est vrai qu’on n’a pas encore abattu toutes les croix, ni remplacé les cérémonies du culte par des spectacles antiques de prostitution.

 On n’a pas non plus tout à fait installé des latrines et des urinoirs publics dans les cathédrales

 ...transformées en tripots ou en salles de café-concert.

 Évidemment, on ne traîne pas assez de prêtres dans les ruisseaux, on ne confie pas assez de jeunes religieuses à la sollicitude maternelle des patronnes de lupanars de barrière.

 On ne pourrit pas assez tôt l’enfance, on n’assomme pas un assez grand nombre de pauvres, on ne se sert pas encore assez du visage paternel comme d’un crachoir ou d’un décrottoir…

 Sans doute. Mais toutes ces choses sont sur nous et peuvent déjà être considérées comme venues puisqu’elles arrivent comme la marée et que rien n’est capable de les endiguer. »

 Léon Bloy, in « Le Désespéré »(1887).


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Amaury Watremez 23220 partages Voir son profil
Voir son blog

Magazine