Magazine Culture

Comment j'ai inspiré "Cassé (Kurt Cobain)" de Christophe Paviot...

Par Lise Marie Jaillant

Christophe Paviot est l'auteur de "Devenir mort (eds Hachette Littératures). Lorsque je l'avais rencontré l'année dernière, il était en train d'écrire un roman sur Nirvana. "Cassé (Kurt Cobain" vient donc de sortir aux éditions Naïves.

Disons-le tout de suite: je trouve que Paviot écrit à la va vite, avec un style prétentieux. Mais je suis une grande fan de Kurt Cobain. Donc je me suis dit: proposons à Paviot de mettre un extrait de son roman dans la Revue Sans Soirée, ça sera l'occasion d'en discuter.

Mais j'avais oublié la règle d'or du milieu littéraire: je n'ai pas fait une bonne critique de "Devenir mort" donc je ne suis pas SYMPA.

En style Paviot, ça donne ça:

"Tu me proposes de mettre en ligne dans ta revue un extrait de "Cassé (Kurt Cobain)" mon dernier texte paru, je pense que c'est une très mauvaise idée. Parce que maintenant que je t'ai observée, je te connais un peu, et je te crois grossièrement malhonnête. L'année dernière quand on s'était rencontrés pour ton podwrath, je ne te connaissais pas (et je n'ai pas pour habitude de me laisser dicter mes opinions par la majorité hostile, je juge par moi-même, rien à branler des casseroles diverses et des attaques multiples sur ton blog), bref, sans te connaître vraiment, j'ai eu le loisir d'approcher ton mode de fonctionnement, en live. Aujourd'hui, de ta personnalité, il ne me reste qu'un précipité d'aigreur et de mauvaise foi (je ne tiens même pas compte de tes excès de censure qui sont simplement le reflet d'un manque d'humour, disons, d'un manque de légèreté à l'égard de la connerie, là n'est pas le plus important). Bref, je ne vois vraiment pas pourquoi j'alimenterais la revue de quelqu'un de malhonnête avec un texte que j'ai adoré bosser, cela signifierait pour moi que je cautionne ta connerie. Surtout ne t'imagine pas que je réponds négativement en souvenir de quelques attaques lancées de chez toi, je l'ai toujours dit, le mec ou la nana qui s'expose doit accepter toutes les formes de critiques, sans broncher. Ou alors il ferme sa gueule. Il n'écrit pas, ne joue pas de musique, ne filme pas, ou alors seulement dans son coin.

J'ai beaucoup de plaisir à venir sur ton blog (tu le sais, j'y passe chaque jour), parce que je guette le moment où tu seras enfin publiée, j'ai hâte de suivre ton parcours dans le milieu de l'édition, ton identité me permet de rêver à un truc un peu secoué, j'imagine un truc déglingué, un truc à la fois trop petit et trop vaste pour toi, tu me fais penser à sarkozy et sa rage. Je pense qu'une publication peut t'être plus dévastatrice que ton statut actuel de wanabe, et cette matière-là m'intéresse, ta déflagration possible m'intéresse. Wait and see. Je reste persuadé que tu seras publiées pour de mauvaises raisons (à moins que ton écriture n'évolue) et surtout, tu seras publiée par ces odieux raccourcis de réseaux que tu dénonces si souvent.

Et pour être tout à fait honnête, la lecture de ta personnalité à travers ton blog m'a permis de dessiner les contours du Kurt Cobain aigri et rageur que je rêvais. Je me suis inspiré de ta misère. De celle de thomas clément aussi, le concernant il s'agissait plus d'étudier l'aspect mégalo de sa personnalité. Puis la combinaison de vos deux identités-web a donné Cassé (Kurt Cobain). Enfin, c'était pas seulement vous deux, mais disons que ça entrait dans la composition, comme des colorants (LSJ 330 et TC 738). Je devrais peut-être vous remercier, je n'en sais rien. Je ne comprends rien à la politesse."

Donc j'ai inspiré un roman sur Kurt Cobain. Roman que même les amis de Paviot trouvent moyen (voir ICI). Mais bon, no publicity is bad publicity. C'est moi qui devrait remercier ce cher Paviot...


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • "La Route", Cormac McCarthy

    "La route" de Cormac McCarthy est un roman qui crache sur toutes les règles de creative writing: pas ou peu de descriptions et dialogues épurés au maximum. Lire la suite

    Par  Lise Marie Jaillant
    CULTURE, LIVRES
  • L'édition, un secteur "stagiophage"

    Lu dans Le monde de l'Education, février 2008: ""Pour lire les manuscrits et rédiger les lettres de refus, les stagiaires sont les bienvenus: c'est un travail... Lire la suite

    Par  Lise Marie Jaillant
    CULTURE, LIVRES
  • "The Gathering", Anne Enright

    Voilà, je viens de finir "The Gathering" d'Anne Enright qui est sélectionné pour le Orange Prize. Et comme je compte lire tous les romans de la "longlist", il... Lire la suite

    Par  Lise Marie Jaillant
    CULTURE, LIVRES
  • Grasset et la "mutualisation des risques"

    Dans la série "surtout ne changeons rien, tout est parfait dans le meilleur des mondes", voilà ce que raconte Olivier Nora (le patron de Grasset) sur les... Lire la suite

    Par  Lise Marie Jaillant
    CULTURE, LIVRES
  • Kurt et le poisson

    Comme Gawou, je suis restée longtemps sans avoir lu ce Prix Tam-Tam 2006...Mais bon, ça y est ! C'est chose faite, et je remercie chaudement Jean-François du... Lire la suite

    Par  Sylvielectures
    CULTURE, LIVRES
  • "Double fault", Lionel Shriver

    "Il faut qu'on parle de Kevin" vient de sortir en poche. Si vous ne connaissez pas encore Lionel Shriver, c'est le moment ou jamais... Lire la suite

    Par  Lise Marie Jaillant
    CULTURE, LIVRES
  • Jean-Christophe Rufin, L'Abyssin

    Résumé : Louis XIV n'a jamais rencontré le Négus, le mythique roi d'Éthiopie mais il y eut bien entre les deux souverains des contacts diplomatiques. Un... Lire la suite

    Par  Gilles
    CULTURE, LIVRES

A propos de l’auteur


Lise Marie Jaillant 301 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines