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BLANCHE-NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES 7 NAINS de Paolo Tamburella

Par Fredmjg @FredMJG

BLANCHE-NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES 7 NAINS de Paolo Tamburella

Si des fadaises nous étaient contées.

Tout un chacun sait comment s’achève les contes et la Blanche-Neige des frères Grimm ne déroge pas à la règle. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Fin.

Le film de Paolo William Tamburella débute après cette fausse déclaration. Car s’ils semblent vivre dans le même château, il est à craindre que le prince — Roberto Risco, d’une fadeur désespérante —, blondinet bondissant plus occupé à bichonner son arc qu’à lutiner sa belle, ne soit guère emballé à l’idée de fonder une famille nombreuse. Pourtant, Rossana Podesta  — plantureuse star du péplum, elle incarna un jour Hélène de Troie* —  alors à l’aube de sa carrière (17 ans au compteur) a suffisamment  d’atours pour damner un saint. Mais non, le nigaud préfère s’en aller guerroyer. Et Blanche-Neige de s’inquiéter, et de s’ennuyer mortellement.

Tandis que sur l’idée de sa bonniche elle fait mander les 7 nains — les dames s’occupent comme elles peuvent en ces temps là —, un soldat pas très catholique lui apprend que son grand niais la mande à ses côtés, tout blessé qu’il est. Il est évident, à l’air fourbe du messager, qu’il y a complot. Surtout que ses sept petits amis ont le plus grand mal à venir la rejoindre car le vent, la foudre et autres pièges cataclysmiques — leur rencontre avec des sirènes, un monument de kitsch abracadabrant aux décors plus que cheap, restera dans les annales — ont été mis en œuvre pour les stopper. Par quel mystère ? Bon sang ne saurait mentir, ce ne peut être que le prince noir (Georges Marchal… aaaaaargh !) nourrissant de libidineuses pensées pleines de stupre et de fureur pour la jouvencelle.

Prisonnière du malfaisant en sa sombre demeure, où tout n’est — uniquement dans les coulisses de notre imagination pour notre malheur — que luxure, bacchanales et volupté, la prude quoique sensible aux tentations Blanche-Neige va devoir affronter seule le libertin sorcier (Georges Marchal… aaaaaargh !) qui tente de la soumettre tandis que les nains, très occupés à faire des cabrioles, vont partir alerter l’autre freluquet du drame qui se noue.

Soyons francs, plutôt que de baver sur le casting masculin, il aurait été judicieux de s’intéresser de plus près à la fiche technique du film puisque le titre original — I sette nani alla riscossa — ne ment pas sur la marchandise. Les héros de cette aventure sont bien les 7 nains et de fait, la Blanche et son perfide séducteur (Georges Marchal… aaaaaargh !) de simples comparses, dont la trouble relation est totalement sacrifiée sur l’autel du « spectacle familial ». D’où l’ennui qui guette. Car bien que la bande annonce de l’époque (en bonus et à ne pas rater) clame qu’ont été embauchés « d’authentiques et sympathiques » nains, ce que ces pauvres hommes ont à faire ne relève que de la grimace ou de la cabriole hamstérienne. Ils ne peuvent donc éventuellement faire rire qu’un enfant de moins de deux ans, et très tolérant qui plus est.

Ce choix est d’autant plus regrettable que le prince noir (Georges Marchal… aaaaaargh !) possède un laboratoire infernal digne des plus grands savants psychotiques, bêtement sous-utilisé — pour la magie, faudra repasser — puisque nous ne le découvrons que lors de sa destruction finale et que la psychologie de ses complices — dont une étrange servante (une favorite répudiée ?) qui passe sans explication superfétatoire du bon côté de la force — est réduite à la portion congrue, à croire que des coupes sombres ont été opérées dans le scénario. Dommage, car le sublime et très équivoque Georges Marchal (aaaaaargh ! oui) est impérial en félon amoureux. Bien qu’il soit affublé d’une moumoute saugrenue (qui d’ailleurs, s’assombrira mystérieusement à l’épilogue) surmontée de deux insolites demi-macarons à rendre fous de jalousie Nicolas Cage et la princesse Leia réunis, son jeu théâtral un tantinet distancié fait merveille dans le tragi-comique de la situation. Sans compter que le collant lui sied à merveille.

Le film est présenté en version française — qui nous fait profiter du timbre grave et profond de Georges Marchal (aaaaaargh ! donc) — mais il est fort douteux que les galipettes et singeries de nos sept petits amis soient plus captivantes en italien.

* Helen of Troy de Robert Wise_1956

A noter. Dans les suppléments, un passionnant exposé de l’elficologue (rions un peu) Pierre Dubois qui tente de nous achever en nous perdant corps et biens dans le mythe.

BLANCHE-NEIGE, LE PRINCE NOIR ET LES 7 NAINS de Paolo Tamburella

© Artus Films


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