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Des envies de Sud...

Publié le 14 mai 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Déjà sur Agoravox

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Face à toute la comédie politique en train de se jouer sous nos yeux, et qui va recommencer d'ici peu pour les législatives, j'aurais pu sortir un texte décapant, moitié caustique, moitié sarcastique sur l'hypocrisie de l'un pour qui si sa politique n'a pas fonctionné, c'est parce que c'est la faute à la crise, et de l'autre pour qui s'il ne peut pas appliquer ses promesses c'est la faute à l'Europe, en particulier aux allemands, à qui il réserve pourtant sa première visite officielle.

Mais finalement, avec le soleil qui revient un petit peu en ce début de semaine, j'ai des envies de Sud, pas forcément le sud réel, celui qui attend les cars de parisiens en leur vendant des santons fabriqués à Shanghai ou de la bouillabaisse made in pays de l'Est, celui qui se bétonne à vitesse grand « V » du fait de la corruption et des diverses mafias ou assimilées qui le tiennent en coupe réglée, mais ce Sud qui est un peu ma « terre sainte », et en quelque sorte mon Atlantide personnelle, où l'on peut trouver une certaine douceur de vivre et dans l'air, des restes d'un art de vie un peu plus humain, des bribes de convivialité, un sud certes rêvé mais parfois le rêve console de toute les bêtises accumulées, de toutes les inepties débitées avec un sérieux papal par des personnes qui ne sont en somme que des marionnettes du système, même celles s'imaginant rebelles.

Par exemple, se rebeller contre le libéralisme en utilisant un instrument qui en est l'émanation la plus pure, Internet, en s'imaginant que cet outil est un outil de révolte.

Ce sud rêvé n'est pas difficile à retrouver, pour s'échapper ne fût-ce qu'un instant, il suffit d'un tout petit coin de ciel bleu, d'un peu de soleil sans nuages. Des hommes au cours de l'histoire ont souvent sauté le pas et sont allé chercher ce sud, même jusqu'en Patagonie, comme le personnage de Jean Raspail, Antoine de Tounens, Bernanos en Espagne puis ensuite jusque sur le « chemin de la Croix des âmes » et Henry de Monfreid à travers la mer Rouge, dans le désert et jusque Djibouti. Là-bas aussi ils n'y ont trouvé qu'un autre désert, spirituel, celui de l'âme de la plupart de leurs congénères, qui n'ont de l'appétence le plus souvent, que pour la malveillance.

Ce sud c'est aussi celui de la mélancolique chanson de Nino Ferrer, un endroit où «  le temps dure longtemps et la vie sûrement ».

C'est aussi comme dans une nouvelle de Pierre Gripari, dans « Dieu, diable et autres contes de menterie », où il est midi tout le temps, et le soleil constamment au zénith au dessus d'un Paris rêvé dans lequel toutes les époques se croisent, sans heurts.

A quoi cela sert-il de pointer encore une fois du doigt la farce en train de se jouer ? Comme dit l'adage, quand on lui montre la lune l'imbécile regarde le doigt, et la plupart ne veut pas voir le réel en face, à savoir la comédie qui se donne sous ses yeux.

De plus, pour lui, plus c'est gros plus ça passe, plus on lui fait de promesses impossibles à tenir, plus ça passe. Comme de dire que celles-ci ne pourront pas être tenus à cause des difficultés de croissance en Europe avant même d'avoir débuté quelque politique que ce soit.

Le croyez-vous ?

Quand on lui dit que demain on ras gratis, le peuple le croit presque toujours. Comme disait Desproges, « l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote ». Cela devient dramatique quand on évoque tous ces ouvriers à qui l'on a promis monts et merveilles, à Continental, à Arcelor-Mittal, qu'ils garderaient leurs emplois, que le nouveau pouvoir ferait les gros yeux aux dirigeants de ces entreprises et qu'ils garderaient leurs emplois.

Ces travailleurs ont cru cela possible. Ils ont repris espoir, il faut espérer qu'ils ne soient pas cruellement déçus.

Tout le monde sait parfaitement que faire les gros yeux à un patron de multinationale suffit pour qu'il ne licencie plus ici ou ailleurs !

Elle continuera de se dérouler, la comédie politique, jusqu'à la lie, avec l'assentiment des peuples encore en plus, l'un et l'autre camp s'entre-déchirant jusqu'au bout pour le plus grand bonheur des carriéristes qui nous gouvernent qui feignent le clivage idéologique et l'affrontement des idéaux, la simplicité sous le feu des projecteurs, alors qu'ils ne songent qu'à garder leurs postes ou en obtenir un autre correspondant plus à l'idée qu'ils se font de leur « destin ».

Le sud, l'Europe et le système en ont fait le cœur du problème, qui viendra de Grèce, mais aussi d'Espagne ou d'Italie.

Il y a un peu plus de cinquante ans, les fondateurs de l'Europe, tous bien intentionnés, se sont dit que pour éviter une guerre il suffisait de créer un grand marché unique qui rendrait les pays tellement interdépendants qu'ils seraient obligés de s'aimer et de tous se tenir la main comme des frères.

C'était méconnaitre profondément l'humaine nature, ne vivre que dans l'abstraction, qui est confortable, mais qui n'a rien de réelle, et nous emmener doucement mais sûrement à la catastrophe sur le point d'arriver.

Depuis cette période, les identités nationales et régionales n'ont pas cessé d'être revendiquées et ce parfois, de manière extrêmement radicale, de plus en plus depuis quelques années, avec un « retour de bâton » identifié comme protestataire, face auquel les édiles se bouchent le nez, en particulier la gauche « olfactive « , les yeux, les oreilles.

Il faut dire que les constructeurs de l'Europe n'ont pas tenu compte du tout de l'expression démocratique des peuples, s'en moquant, comme lors du référendum de 2005, pour faire le bonheur des européens malgré eux, et un déni total de démocratie soit dit en passant, pour en faire d'ailleurs tous des européens pour de bon, quitte pour cela à nier les réalités concrètes de pays comme l'Irlande, ou du Sud de l'Europe, absolument pas préparés à rentrer dans le marché uni du « vieux » continent.

Face à tant d'inconséquence, et d'inconscience, de la part de politiques, mais pas seulement, réputés responsables et plus intelligents, je me prend à rêver de ce Sud où la vie est encore un peu douce, et l'humanité encore un peu elle-même.


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