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Courses de Strasbourg 2011 et Meeting de l'Eurodiscrict

Publié le 14 mai 2012 par Marathonien67
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
UN PARMI 10000 AUTRES
 
Ce matin, c'était les courses de Strasbourg. Plus de dix milles sportifs ont répondus présent pour cette édition, un chiffre qui donne le tournis. C'est vraiment une bonne nouvelle qu'il y ait eut tant de monde, ça montre bien qu'il y a de plus en plus de gens qui prennent conscience des bienfaits du sport sur la santé.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
En ce moment, un peu partout, la course à pied à l'vent en poupe. Il suffit d'voir passer la troupe pour comprendre qui a un truc génial qui se passe dans les rues de la ville. Le paysage Alsacien est ancré en moi. Alors quand j'vois qu'il y a un tel engouement pour le sport, j'suis encore plus fier d'être né à Strasbourg. Aujourd'hui, on est plus de dix mille à poursuivre le même but, plus de dix mille à aller dans la même direction. C'est ça qui est extra avec la course sur route, ça rassemble tout un tas de gens venus d'horizons différents, qui ont tous une histoire à raconter. Dans notre communauté, peu importe le statut social où les origines. Le cordonnier, le boulanger, le Rmiste et l'PDG accomplissent tous le même effort, tous ont le droit aux mêmes encouragements. Chez nous aucun traitement de faveur, le tarif est le même pour tout le monde. Ce p'tit numéro qu'on porte tous sur la poitrine, c'est mille fois mieux qu'le CV anonyme. Grâce à lui, nous sommes tous égaux l'espace de quelques heures, l'espace de quelques foulées.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict Être coureur dans une ville qui court, ça donne franchement la patate. Sérieux, ça donne la chaire de poule, ça fait frissonner l'corps... et ce n'est pas la p'tite bise fraîche qui nous met dans cet état là, mais bien cet ouragan coloré déferlant dans une ville entièrement conquise à la cause sportive. Toute cette masse de gens qui sillonne les ruelles comme un courant d'air, courant même par delà les frontières, construisant des passerelles entre terre et ciel à chaque fois qu'elle décolle une semelle. Ici chacun court à son rythme. Chacun court comme il en a envie, comme il le désire, sans se prendre la tête. L'essentiel c'est juste de prendre du plaisir et de se sentir bien dans ses baskets. L'essentiel, c'est juste d'être là, de répondre présent à l'appel. Du Boulevard de l'Europe jusqu'au parc des expos, en passant par le jardin des deux rives, on prend notre pied en cadence. On martèle le bitume au fur et mesure qu'on avance. Sur le chemin, la foule nous salut et nous pousse avec entrain. Y'a un speaker qui fait son job avec passion. En l'écoutant, on sent vraiment qu'il est heureux d'être là. Pas de mise en scène aujourd'hui, rien que du naturel. Ça fait chaud au cœur toute cette ferveur. J'suis dans mon élément. Avec mon débardeur flashy, j'me sens comme un saumon dans l'eau. J'compte plus le nombre de fois où j'ai participé à cette épreuve. Et oui, c'est bien connu quand on n'aime on ne compte pas... les bornes. On les avalent comme du pop-corn.  
  
Comme des tireurs d'élite avant de mettre dans l'mille, on est tous concentrés à l'extrême. On s'impatiente, on piétine avec le pied sur la ligne. La recordwoman d'Europe du 100m, Christine Aaron, passe nous dire un p'tit bonjour. À 11h15, le revolver libère un projectile en direction des étoiles. Cette fois, on n'a pas droit au compte à rebours façon fusée Ariane. Du haut de son estrade, c'est Monsieur Roland Ries, le maire de Strasbourg, qui nous met sur orbite en pressant sur la détente un p'tit peu trop vite. Enfin, ça y est, le peloton du 10km est libre de partir. Conditionnés pour réagir rapidement, on pousse sur les appuis. Ce dimanche, c'est l'heure de pointe. C'est fou c'qui a du monde sur les routes. Je comprends pas, pourtant Bison futé ne prévoyait pas de bouchons... Les Strasbourgeois nous font des petits signes depuis leurs balcons. Même la cathédrale nous fait un p'tit coucou. Elle aussi a mis ses baskets. Elle aussi s'invite aux réjouissances. Un beau soleil nous scrute du ciel, il semble profiter du spectacle. Y'a deux, trois membres de la famille des nuages qui nous guettent de là haut, les autres sont restés chez eux, pour pas trop nous gâcher la fête. Chacun court à son rythme de croisière, façon bateau mouche, en prenant bien garde à ne pas se laisser griser par l'ambiance. Bien gérer son effort c'est l'assurance d'aller au bout sans surprise, c'est l'assurance de vivre un moment spormidable.
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
En cas de p'tit coup d'barre, les tables de ravitaillement tombent à pic. Hélas plus on court vite moins on y passe de temps. Une dame me tend un gobelet mais je décline son offrande. De toute façon la plupart du temps quand je veux en choper un, il m'explose en main. Alors autant patienter jusqu'à l'arrivée et ses délices. L'arrivée, souvent autour du 8km, on aimerait déjà y être. Quand on a les cuisses qui chauffent et le cœur qui semble nous dire arrête. Parfois, c'est comme si y'avait un p'tit démon dans notre tête, un p'tit diablotin qui voudrait nous voir jeter l'éponge. Heureusement, bien souvent y'a le p'tit ange qui débarque pour le virer de là et nous remettre sur le bon rail. Aujourd'hui sur le pavé de Strasbourg, y'en a qui ont battus leurs records, y'en a qui ont fait une bonne perf et d'autres qui n'ont pas fait l'temps escompté... Mais peu importe, car tous auront vécu un moment fort qu'ils ne sont pas prêt d'oublier.
 
 
Meeting de l'Eurodiscrict
ENCORE UN P'TIT QUINZE POUR LA ROUTE
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
Parfois c'est fou ce que la vie nous réserve des surprises. Si on m'avait dit ce matin que j'allais courir un 1500m l'après-midi, je ne l'aurais pas cru... La dernière fois que j'en ai couru un c'était le siècle dernier. Sans déconner... c'était en 1999. Un autre temps, une autre époque. J'avais treize piges de moins au compteur et ma deuxième licence d'athlé dans la poche. Comme quoi dans la vie, il ne faut jamais dire jamais...
Il est environ midi moins le quart. Je viens tout juste de boucler le dix kilomètres des courses de Strasbourg. Ça va, j'ai fait le maximum. Tranquillement, je retourne vers la voiture pour me changer et je pars tranquillement pour une p'tite récup. Ensuite, le temps de rentrer, de manger puis d'allonger un peu ma grande carcasse, v'là que je reçois un coup d'téléphone. À l'autre bout du fil, c'est Martin, un jeune cadet que je coache. Ce matin, il a couru le 5km, et il a finis 5ème en 16mn39 (contre 17mn25 l'an dernier). Et là, dans quelques minutes, il va courir un 400m au meeting de l'Eurodiscrict, qui se déroule au stade de Hautepierre, sur la piste où je m'entraine quotidiennement. Mardi dernier à l'entrainement, il m'a demandé s'il pouvait participer à cette compète juste le fun, après avoir couru son 5Km et j'ai dit : « Oui, tu peux mais ne force pas trop, fais toi juste plaisir ». Il voulait faire les deux courses, comment lui dire non...Enfin bref, en même temps, c'est dommage qu'une telle manifestation sportive ait lieu le même jour que des courses de Strasbourg.
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict  
Je jette un œil sur l'horloge. Il est 15h00. En regardant le programme du meeting de l'Eurodistrict sur ce foutu internet, j'apprends qu'il y a un 1500m qui va se courir à 16h25... On tente de me convaincre d'y participer. Et moi j'hésite encore... Mon amie insiste. Elle aimerait me voir courir sur une piste au moins une fois. J'sais pas, j'ai déjà couru ce matin alors j'suis pas sûr de vouloir remettre le couvert cet aprèm, et en plus de ça sur une distance aussi explosive. En plus, il est peut être déjà trop tard pour s'inscrire sur la liste des engagés... J'hésite, mais l'idée me plait bien, le challenge est rigolo. J'aime bien les délires comme ça... C'est dingue, à croire que c'matin j'ai pas eu ma dose... les jeunes vont m'tuer si j'y vais... Amstramgram, j'y vais, euh  je n'y vais pas... Allez, J'y vais!!! Le temps de faire mon sac vite fait, d'y glisser une bouteille de flotte, des chaussures à pointes, un tee-shirt et un short, et hop je décolle. Dans la bagnole, oh punaise les fous rires que j'tape, un vrai cinglé. Sur place, je demande si j'peux encore m'inscrire et on me répond « Affirmatif ». Cette fois, impossible de faire marche arrière, ça va faire mal ! Attention les gars, faite place. Le pro de l'impro est dans la place. Est-ce que je vais être le dernier membre de la famille Baala à courir un 1500m sur la piste de hautepierre, là où mon frère a construit sa légende en battant des tas de records ?
   
Sur le stade d'échauffement, ça papote. Y parait qu'y a des Allemands costauds qui vont débarquer... « Oh punaise, même pas peur !!! » Avec qui j'vais courir ? Aucune idée... Moi la liste des partants, je m'en tape. J'ai jamais appelé un organisateur de course pour lui demander si des kenyans allaient venir. Si je décide de courir, je cours. J'fonctionne parfois un peu au feeling. J'accepte de prendre une tôle sans problème, ça ne m'enlève jamais le sourire. La peur de me prendre une raclée ne m'a jamais effleuré. La peur de pas prendre de plaisir par contre si, très souvent. « Hey au fait Alain, c'est combien déjà les minimas pour les jeux sur quinze? ». Quoi... tu crois que je rigole où quoi ?
 
Aujourd'hui, je vais passer d'un monde à un autre en une journée, sans prendre de vol long courrier ni de jet privé. Je vais passer de la route à la piste en quelques heures à peine, juste pour le fun. Ma montre me saoule, alors je la laisse au vestiaire. Des crêtes (vosgiennes) au quinze cent mètres, il n'y a qu'un pas, il n'y a qu'une feuille d'inscription pas plus épaisse qu'un dossard... Si on veut, on peut l'faire... Il faut simplement le vouloir. C'est dans la tête que ça se passe.
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict Ca y est, l'officiel nous appelle tous un par un. Mort de rire. Y'a mon blaze sur la Start-List. J'avais oublié tous ces petits détails à force de taquiner le bitume. « Les pieds derrière la ligne j'ai dit ». La tension monte d'un cran. « À vos marques, prêts... »  Et c'est parti mon kiki. Ça démarre tellement vite que j'ai pas l'temps de réagir. En plus de ça, j'ai pas trop envie de batailler dans le peloton. Résultat, je me retrouve en dernière position au bout de la ligne droite de départ et ce n'est pas prémédité du tout (non, je copie pas la technique de Mehdi). Au moment d'attaquer le premier virage, je me décale au couloir 3 pour remonter vers les premières positions. Le peloton est dense, le couloir 2 est déjà en partie occupé. On passe au 300m. Je me retrouve autour de la huitième place. J'ai toujours du mal à rentrer à la corde, je dois encore faire l'extérieur en attendant que ca se décante.  Il faut dire qu'il y a du monde en course et que les gars ne se posent pas d'question, ils bourrinent sec. Ce meeting a eut du succès. Les spectateurs sont venus en nombre, ils ont donnés de la voie et ça a mis des fourmis dans les jambes de certain. Au passage au mille, je me laisse emmener sans savoir sur quelle base j'évolue au juste. Je me sens bien. Tellement bien, que je décide de me mettre épaule contre épaule avec celui qui mène les débats. À 200m de la ligne d'arrivée, je passe même devant. C'est dingue... je joue la gagne. Bon ok, c'est pas la finale des jeux olympiques... mais tout de même ça fait plaisir... J'y crois de plus en plus à la victoire.
Finalement, dans les tous derniers mètres, je vais m'incliner au sprint face à deux jeunes prometteurs. Bravo à Nabil et à Arthur. Au finish, c'est pas passé loin. Mais en tout cas, je suis super content d'être venu et d'avoir participé à cette course. Franchement, je me suis bien éclater avec les juniors. Et en prime, j'ai eus droit aux honneurs d'un podium à la fin de la journée. Si on m'avait dit ça ce matin... je n'y aurais pas cru. Après un petit bilan de mon entrainement biquotidien improvisé (31mn51sec au 10km et 4mn08sec au 1500m), je fais un dernier petit détour par la piste d'échauffement pour trottiner avec les potes. Soudain, y'a une idée qui me trotte derrière la tête: « Hey les gars, on fait le 4x4 ou quoi ? ». 
 
Menu de la journée du 13 Mai 2012:
11h15 Les Courses de Strasbourg
10 Km Route | M | 10 Km Route | 
1 29:21 NIZIGIYIMANA Ezéchiel (BDI) Asvel Villeurbanne  
2 29:27 KENESSI Geoffrey (Ken)  
3 29:32 EL HIMER Driss S/l Asptt Strasbourg  
4 29:40 MEKONEN Tekle (Eri) Montpellier  
5 29:44 KIPTOO Eliaz (Ken) Schoeneck  
6 30:32 BEGHOUL El yemine Racing Cf (paris)  
7 30:51 ASMELAH Merhaoui (Eri) Montpellier  
8 30:53 FOULOUH Karim Strasbourg Agglomeration Athle  
9 30:58 DA SILVA Anthony A.s.l. La Robertsau  
10 31:08 DENGUIR Hamid (Ita)  
11 31:51 BAALA Samir Saint-louis Rc  
12 32:15 DITSCH Mathieu As Cheminots Metz  
13 32:51 COLLIN Laurent Us Toul Athletisme  
14 32:54 BASILICO Gregory A. Sarreguemines Sarrebourg  
15 32:55 CHEPCHIRCHIR Sarah (Ken) 
 
  
16h25 Le Meeting de l'Eurodiscrict
 
1500m/TCM | M | Finale directe 1 | 
1 4'07''63 NADI Nabil (MAR) S/l Rohan Athletisme Saverne 
2 4'08''28 DELOIGNON Arthur As Strasbourg
3 4'08''71 BAALA Samir Saint-louis Rc 
4 4'09''95 GROSS Quentin S/l Fc Haguenau 
5 4'10''67 WEBER Erwan A.s.l. La Robertsau 
6 4'13''87 HIHN Bruno Ac Centre Alsace 
7 4'14''49 TURLURE Mathieu S/l Rohan Athletisme Saverne 
8 4'14''68 STORTZ Christian (Ger) LG-Ortenau-Nord 
9 4'15''13 PEYBERNES Julien S/l Rohan Athletisme Saverne
10 4'16''75 SIEGEL Patrice S/l Fc Haguenau 
 
Photos: DNA et Jacky Loos. Merci beaucoup.
Bravo au 10000, à Martin et à Jonathan pour leurs belles perfs lors des courses de Strasbourg.
  
 
"Y'a plus de pêcheurs à la ville qu'à la mer..."
http://www.youtube.com/watch?v=GQJr_d2U3tA 
 

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