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Je cherche un être humain

Publié le 18 juin 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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 Depuis quelques temps, on ne peut que déplorer sur le net, malgré l'optimisme de certains, mais aussi ailleurs une radicalisation des postures des uns et des autres qui n'ont des idées qu'ils sont censés propager qu'une vision caricaturale, même infantile :

image de Diogène disant à Alexandre le Grand un truc du genre "Casse toi et Marche à l'ombre" prise ici

diogene09.jpg
 A gauche, on pense que tous les électeurs de droite sont richissimes et forcément pour l'exploitation des plus faibles (tout en buvant la sueur des travailleurs sur leur dos, c'est bien connu), à droite on est persuadé que toute critique du libéralisme est forcément marxiste, et que tous les électeurs de gauche ont un collier de barbe, des pantalons en polyester et un sac dit « baise-en-ville » en « sky » acheté à la CAMIF il y a dix ans.

 De plus en plus, la plupart résument leurs opinions à des slogans qui ne sont pas là pour initier une réflexion globale sur un sujet, mais pour justifier qui une haine qui un affrontement, voire des complexes ou frustrations diverses.

 Dans notre société d'images, c'est normal, la plupart veulent donner d'eux, et à ceux de leur communauté réelle ou supposée un reflet flatteur à un instant précis.

 Il ne s'agit pas vraiment de parler d'idées d'ailleurs, mais surtout de se « divertir » au sens pascalien du terme (c'était la minute culturelle de ce texte).

 Car personne ne remet réellement en cause l'ordre de ce monde tel qu'il est, excepté quelques lieux communs balancés de ci de là pour faire bonne mesure. La plupart des gens estiment que les compromis sont obligatoires et qu'un moment ou à un autre il faut bien « hurler avec les loups » par confort.

 Et la plupart oublie leur humanité, et surtout de la montrer.

 Son humanité, l'être humain moderne la caricature par divers biais, il aime la sensiblerie frelatée de certaines pubs, ou émissions pseudo-téléréelles, il aime quand un « pipeaule » pleurniche à la télévision, il se sent alors aussi fade que lui.

 Et curieusement, à voir de nombreux films post-apocalyptiques des années 2000, nous prédisant par le menu diverses formes de destruction sous la forme de films d'action et de divertissements, on a l'impression que l'être humain moderne fantasme prioritairement sur sa propre fin, et donc sur les causes de cette fin, détestant son comportement actuel mais ne pouvant s'en empêcher, et s'imaginant puni de manière atroce pour son inconséquence.

 Paradoxalement, dans le même temps, l'individu moderne réclame une cohérence avec les idées de tous les instants, une cohérence totale avec des bons sentiments et des utopies qui seraient invivables et provoqueraient l'enfer sur terre si jamais elles étaient appliquées à 100%, l'histoire récente a pu le montrer sans problèmes, de la Corée du Nord, un genre de paradis sur terre dominé par le cher leader, c'est connu, en passant par l'ex-URSS et Cuba, où le système d'éducation et de santé que l'on y trouve n'excusent pas les humiliations et privations de liberté diverses des opposants au régime, et pour être équitable citons aussi l'Espagne franquiste ou l'Allemagne nazie qui ont massacré et tué au nom d'idéologies assassines.

 Certains de leurs défenseurs, il y en a, croient bon de rappeler que c'était des périodes prospères pour l'Espagne et l'Allemagne, mais à quel prix ?

 En réclamant cette cohérence, il ne fait que se trouver d'autres alibis au fond, en constatant l'impossibilité de celle-ci avec des comportements totalement généreux. Et puis qu'est-ce qui saurait le pousser à bien se conduire dans la plupart des cas ? La morale ? Des idéaux ? Non, généralement, c'est juste la peur de la punition et rien d'autres. A de rares exceptions. Les hommes se conduisant humainement parce qu'ils le décident énervent généralement les autres qui les jettent dans des culs de basse-fosse ou les crucifient, les lapident, les brûlent, les fusillent.

 Face aux idéologies je préfère la réponse de Diogène le cynique, "chercher un homme", chercher l'humain chez l'autre, ce qu'il cache derrière les faux-semblants, les postures, les attitudes. Bien sûr, tel Diogène, je ne brandis pas de lanterne sous le nez de mes semblables, ni me masturbe ou défèque en public. Mais c'est tout ce qui devrait importer au fond, or, la plupart des individus modernes préfèrent largement le mensonge et le paravent camouflant leurs manques ou petites et grandes médiocrités.

Comme Diogène, il est plus intéressant d'être un orchidoclaste contre les idées reçues, les lieux communs l'esprit grégaire. Et que rien de ce qui est humain ne devrait nous être étranger.


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