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Du festivisme et du Foot pour oublier la crise

Publié le 21 juin 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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 Aujourd'hui est le trentième anniversaire de la « Fête de la Musique » créée en grande pompe par Jack Lang en 1981, Lang, cette « frétillante endive frisée de la culture en cave » selon la définition de Desproges, dans une « chronique de la haine ordinaire » en 1986.

image prise ici

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Déjà à l'époque, j'avais déjà un mauvais fond de mauvais esprit sans doute, je trouvais cela parfaitement grotesque. Ce n'est pas par détestation de la musique, c'est justement parce que j'aime la musique, ce n'est pas par rejet des réjouissances collectives, là il s'agit plus de réjouissances grégaires.

N'importe quel groupe de jeunes au son saturé venant tout droit de son garage pouvait se croire un soir vedette des « charts » et rebelle électrique, n'importe quel gosse de banlieue avec un micro dans les mains croire qu'il savait rapper comme un membre de « Gansta Posse » de Los Angeles, n'importe quelle bande de « bobos » « multiculs » croire que leur groupe de musique « ethnique », de « musique du monde » intéresserait plein de monde, tout comme pour certains leur version « Jazz progressif » de « Comme d'habitude » de Claude François.

Depuis quelques années, on a vu émerger le « slam » qui est une forme « light » du Rap, la colère et la hargne des paroles en moins, qui permet aux animateurs multiculs et éducateurs sociaux de se croire un peu plus poètes alors que pour la plupart ils balancent juste des banalités et lieux communs sur une ritournelle dépressive, ce qui donne d'eux ensuite une image très concernée par les problèmes et souffrances du monde actuel.

On me dira dans notre société c'est d'abord l'image que l'on donne de soi qui compte, le personnage que l'on joue, comme par exemple sur le réseau (oui, ami lecteur, je sais, moi z-aussi je joue un personnage, le fond important très peu).

La « Fête de la Musique » a été la première d'une longue série de fêtes consistant en autant d'alibis d'une gauche, et parfois d'une droite, pour masquer leur incapacité à réformer réellement la société, en aménageant quelques moments où l'on laisse le peuple se divertir, voire se défouler, ce qui permet de lui faire oublier de réfléchir et surtout qui l'incite à rester docile.

C'était aussi, ce début du festivisme « cosmétique » le début, bien avant la télé-réalité, du fantasme de célébrité expresse accessible à tout le monde, y compris le dernier des imbéciles, qui n'hésite pas à exhiber sa banalité à tous les passants, qui n'a même plus besoin de faire de la musique pour se rendre intéressant et devenir célèbre.

Et au fond tout cela n'est qu'un remake du fameux « Du pain et des jeux » des empereurs romains à leurs citoyens afin de les maintenir dans un état de béatitude supposée qui assure leur allégeance au système par quelques soupapes.

Les jeux du cirque, sous sa forme presque intacte, se retrouvent dans le football, avec ses joueurs issus de la plèbe, symboles et alibis que la réussite sociale est accessible aux français « multi-culturels » par le sport, ce que l'on peut trouver assez pauvre comme ambition donc ghettoïsante, pourquoi ne pas mettre en valeur les gosses issus des quartiers qui travaillent, font des efforts et étudient pour devenir qui médecin qui ingénieur, en gros c'est leur reconnaître seulement la capacité de taper dans un ballon et rien d'autres, et bien courir.

Comme ces sont des enfants du libéralisme, ils savent très bien profiter du système et ramasser le pactole dans des clubs internationaux, jouant dans les équipes nationales seulement pour leur image se fichant complètement de l'image déplorable du pays qu'ils donnent par leur comportement problématique, comportement qui prolonge les jeux du cirque par la mise en scène des querelles intestines ou réconciliations sur-mises en scène des joueurs, avec une sensiblerie parfois insupportable.

On nous a joué en 1998 le refrain, après la victoire de l'équipe de France à la coupe du Monde, de la France « black-blanc-beur » selon une image très « Benetton » de la multiculturalité (je fais ici allusion à des pubs que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître etc... »), assez superficielle et qui évite de se pencher véritablement sur la question de l'ascenseur social, pour l'instant bloqué, de l'intégration ou de l'assimilation etc...

Et encore maintenant toute idée de "non-footballité" est synonyme d'anormalité...

On me dira, l'auteur de ces lignes ne doit pas être normal, car il ne s'est jamais intéressé au football, trouvant les échanges d'images de joueurs dans la cour de récré de primaire certainement bien sympathique mais sans trop d'intérêt à ses yeux.

Ce n'est pas que l'auteur de ces lignes n'aiment pas la fête ou les fêtes, au contraire, bon sauf celles où l'on entend Patrick Sébastien, sauf les fêtes adulescentes de régression infantile...

Mais ce festivisme n'a aucun sens de la fête, ce ne sont que des rassemblements sur-affectifs grégaires.

Ce n'est pas ça faire la fête...

Ci-dessous Jean-Claude Dreyfus et Desproges sur le foot


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