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Un automne de rigueur annoncée

Publié le 22 juin 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Quelle grosse surprise, non ?

image prise ici

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Après avoir répété sur tous les tons pendant sa campagne qu'il ne serait pas un président de l'austérité imposée par l'Europe, après avoir lâché plusieurs promesses des plus généreuses qu'il a pris soin, prudemment, de ne pas vraiment chiffrer, voilà que monsieur Hollande, une fois les échéances électorales passées, laisse annoncer par Jean-Marc Ayrault, qui assume donc le rôle du messager des mauvaises nouvelles, qu'il mettra en place une politique « de rigueur » imposée par l'Europe, tout comme Sarkozy l'aurait fait, de resserrement budgétaire, de contrôle des dépenses et de réduction de la souveraineté budgétaire qu'il appelle de ses vœux comme madame Merkel sans qu'il ne remette en question une seule seconde la politique monétariste complètement absurde sous-tendant l'Euro, et qui est la cause principale de toutes les difficultés qui arrivent en ce moment.

Remarquons d'ailleurs que monsieur Ayrault, et donc monsieur Hollande, recule déjà sur les « euro-bonds » une fois les législatives terminées.

Est-ce un hasard ?

J'ai quelques doutes...

Urgentissimes pendant la campagne, ils sont maintenant reportées aux « calendes grecques », l'expression reprenant du sens, un sens ironique, dans le contexte actuel de l'UE.

Mais non ! Les promoteurs de l'européisme ne veulent rien entendre, ne veulent rien savoir, tout cela c'est parce qu'il n'y a pas encore assez d'Europe. Alors, bien sûr, Hollande accompagne tout cela de vœux pieux concernant l'instauration d'une politique de croissance, soutenu en cela par Obama, mais on ne sait pas trop comment il s'y prendrait, ayant peu de leviers de commande en main.

Ayrault, et donc Hollande, invoque une « souveraineté européenne partagée » pour enrober les pertes de souveraineté supplémentaire de la France, ce qui contredit ce que disait sur le sujet François Hollande il y a à peine un an.

Mais ce genre de politique n'a sans doute rien à voir avec une politique d'austérité budgétaire, je suppose, ou alors est-ce que je suis un mauvais esprit ?

Si le détricotage du service public sera sans doute largement ralenti, en particulier dans l'Éducation, les créations de postes se feront « en déshabillant Pierre pour habiller Paul ».

Cela laisse réfléchir sur le fait que les soutiens de Hollande, je n'ose imaginer le candidat Hollande lui-même, ont pris les électeurs pour des naïfs gobant toutes les promesses de « raser gratis », y compris les plus grosses. Et en matière de promesses, plus c'est gros, plus ça passe !

Ce qui est intéressant, est que lorsque David Cameron, provocateur, a proposé que les entreprises qui paieront des impôts supplémentaires s'installent en Grande Bretagne, après tous les couplets sur le Front National et le risque de retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire », on a vu ressurgir dans la presse de gauche ou les émissions satiriques, de gauche aussi, des considérations et clichés contre les anglais clairement xénophobes, mais là je suppose que la xénophobie était moins grave.

Mais visiblement les quelques symboles de « normalité » concédés par le nouveau pouvoir suffisent au peuple pour le contenter, les peuples ne voulant jamais voir la catastrophe à leurs portes, comme à Münich en 38.

Les « Münich » économiques étant en ce moment malheureusement très nombreux. D'aucuns ont comparé abusivement Hollande à Chavez, ce qui l'arrange. Car il n'est au fond qu'un social-libéral, un libéral qui aménage quelques aménagements cosmétiques au système.

Et l'image, seule, comptant.

Laisser au premier ministre le rôle de messager des mauvaises nouvelles est habile, car depuis l'Antiquité on sait parfaitement que c'est au messager que l'on reprochera la teneur du message et non à son expéditeur, que c'est le messager qui prendra les risques, ce qui n'écornera donc pas l'image du nouveau président qui prendra à sa charge les quelques mesures sociétales alibis qui feront de lui un « homme de progrès » et feront « passer la pilule » pour le reste en attendant la suite du feuilleton de ses tribulations sentimentales.


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