Magazine Cinéma

The Bravados - Henry King (1958)

Par Just1 @JustinKwedi
The Bravados - Henry King (1958)
Le cow-boy Jim Douglass traque quatre hommes, de passage près de son ranch en son absence lorsque sa femme fut violée et assassinée. Il les retrouve alors qu’ils ont été emprisonnés par le shérif d’une petite ville. Sur le point d’être pendus, les bandits réussissent à s’échapper grâce à l’aide d’un complice. Les habitants et Jim se lancent à leur poursuite.
Dernier western réalisé par Henry King, The Bravados signe aussi l'aboutissement de thématiques développée dans deux de ses autres incursions marquantes dans le genre, Le Brigand bien-aimé (1939) et La Cible Humaine (1959). Les deux films montraient deux personnages embarqués sur le chemin d'une vie hors-la-loi, pour une noble cause ou par accident et qui finissaient par y perdre leur âme. Le Brigand bien-aimé, biographie romancée de Jesse James explorait l'ensemble de ce cheminement tandis que le très noir La Cible humaine se penchait uniquement sur la fin où le pistolero Gregory Peck las d'une vie de violence ne pouvait désormais plus échapper au destin promis par la voie qu'il avait emprunté. The Bravados est dans cette veine en suivant l'odyssée vengeresse de Jim Douglass, traquant impitoyablement les quatre hommes responsable du viol et du meurtre de son épouse.
The Bravados - Henry King (1958)Le début du film tant par ses situations que par le jeu monolithique de Gregory Peck semble illustrer un point de non-retour pour notre héros. Taciturne et glacial, il ne semble vivre que dans la perspective de voir les quatre criminels morts, son regard ne s'animant que lors du bref face à face où il ira les identifier en prison. La brève rédemption possible entrevue pour Douglass se voit d'ailleurs éteinte par l'évasion des malfrats (avec une incohérence énorme le complice extérieur s'évaporant totalement du récit une fois son aide accompli) qui le relance dans sa traque.
The Bravados - Henry King (1958)Henry King orne Peck d'une aura quasi surnaturelle en ange noir de la vengeance que rien ne détournera de son but, préfigurant le Clint Eastwood de Pendez les haut et court ou Josey Wales. Il apparait à ses ennemis de manière spectrale (lorsqu'il surgit à l'arrière d'un Lee Van Cleef en embuscade pour le tuer), semble invulnérable lorsqu'il s'apprête à abattre son bras vengeur tel ce moment où il chevauche entre les arbres échappant au balles tirées en vain par son adversaire.
The Bravados - Henry King (1958)Les exécutions sont également impitoyables, avec un Peck le regard fou se faisant juge, jury et bourreau malgré les supplications de ses ennemis. L'habituellement peu charismatique Stephen Boyd s'avère ici le plus abject d'entre eux, violeur au regard torve (avec un moment très malsain où il malmène une jeune fille prise en otage) dont on n’a aucun mal à imaginer coupable du crime dont on l'accuse.
The Bravados - Henry King (1958)C'est d'ailleurs là que le bât blesse, le film est particulièrement convaincant dans l'escalade vengeresse mais inégal dans la voie de la rédemption qu'emprunte le script dans sa dernière partie. Les derniers instants remettent quelque peu en cause la culpabilité des victimes de Peck, aussi abjectes soit-elles. Seulement les rebondissements son assez grossièrement amenés et le personnage de Joan Collins, garde-fou de Peck durant ses exactions est des plus transparents. Pire, elle le poussera même finalement au crime durant une scène contredisant ainsi le pivot paisible et l'avenir qu'elle peut représenter pour lui.
The Bravados - Henry King (1958)Malgré la belle ironie de la séquence finale (Peck applaudi par la foule pour des tueries pour lesquelles le remord le ronge désormais), la conclusion est un peu poussive malheureusement. Sur un sujet similaire, le chef d'œuvre de Boetticher Decision at Sundown était bien plus radical et dans une optique plus rédemptrice le futur Josey Wales d'Eastwood est bien plus subtil. Prenant malgré tout et une nouvelle fois formellement somptueux, notamment la photo de Leon Shamroy sur les stupéfiantes scènes nocturnes bleutées.
Sorti en dvd zone 2 français chez Fox
Bande annonce présentée par Joe Dante

Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

  • Tendre est la nuit - Tender is the Night, Henry King (1962)

    Tendre nuit Tender Night, Henry King (1962)

    Nicole est une jeune femme très riche internée en hôpital psychiatrique dans les années 20 en Suisse. Son docteur Dick Diver la soigne et parvient à la guérir.... Lire la suite

    Par  Just1
    CINÉMA, CULTURE
  • King Cobra

    King Cobra

    genre: horreur (interdit aux - 12 ans)année: 1999durée: 1h35l'histoire: Des scientifiques testent un produit qui augmente l'agressivité de l'homme et des... Lire la suite

    Par  Olivier Walmacq
    CINÉMA, CULTURE
  • [Livre] Carrie – Stephen King

    [Livre] Carrie Stephen King

    éÉtats-Unis – 1974 PRÉCISIONS Auteur : Stephen King VO : Carrie Publication originale : 1974 Publication française : 1976 DE QUOI ÇA PARLE... Lire la suite

    Par  Tix
    CINÉMA, CULTURE, LIVRES
  • Margie - Henry King (1946)

    Margie Henry King (1946)

    Une mère raconte sa dernière année de lycée à sa fille : ses amours, son bal de fin d'année, le professeur de français, sa petite culotte. Lire la suite

    Par  Just1
    CINÉMA, CULTURE
  • Masterclass Stephen King

    Masterclass Stephen King

    Quelle meilleure façon pour débuter une productive année d’écriture que de passer une petite heure en compagnie d’un des plus grands auteurs contemporains? Lire la suite

    Par  Nathalielenoir
    CINÉMA, CULTURE, FOCUS EMPLOI
  • Henry Bauchau: Vivre en flocon de neige

    Henry Bauchau: Vivre flocon neige

    Gel bleu, soleil levant sur le jardin de neige. Adieu squelettes gris du sombre jour d’hier. Je me suis réveillé dans une cabane de neige Dans les jours éblouis... Lire la suite

    Par  Mango
    CULTURE, LIVRES
  • Le Kid et le King

    King

    Archy Marshall, aka King Krule, impressionne avec son air de «poil de carotte» tout juste sorti de l’adolescence, à 17 ans il sort un remarquable EP 5 titres... Lire la suite

    Par  Ultramagnetique
    CULTURE, MUSIQUE

A propos de l’auteur


Just1 4117 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines