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Tartuffe de retour de Brégançon

Publié le 03 septembre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

politique, société, hypocrisie, France, rentrée, économie« Il n’y a pas de jours à perdre, tout compte, trop de retards ont été pris ! »

(Extrait du discours de François Hollande à la foire de Châlons-en-Champagne peu de temps après la photo ci-contre où on sent en effet l'urgence).

Le président est de retour du Fort de Brégançon et il nous a annoncé clairement dans son discours de rentrée la couleur, les français vont voir ce qu'ils vont voir !

Mousse et pampre et croissance retrouvée !

Et effectivement les français viennent de recevoir leur feuille d'impôt, et ils ont vu déjà un petit peu les prémices de ce qui va suivre, à savoir des augmentations d'impôts surtout pour ce qu'il reste des « classes moyennes ».

A l'heure de la mise en place progressive du TSCG, ou pacte budgétaire européen, modèle d'orthodoxie budgétaire selon le discours monétariste des Friedmann père et fils, qui prévaut à la BCE, quand on n'a pas voté François Hollande, ni Sarkozy dans mon cas, qui participe ou a participé activement à sa mise en place par une politique clairement de rigueur même si le mot n'a pas été prononcé afin de souscrire aux fameux critères de convergence, on a envie de dire aux autres :

« On vous l'avait bien dit ».

Où sont par exemple les partisans de Mélenchon au premier tout ?

Où est la « rentrée sociale » turbulente que l'on nous promettait afin d'obliger le nouveau président à tenir ses promesses ?

D'autres sont plus sévères et parlent de « cocus » de Hollande qui s'est fait élire non sur des idées mais sur la détestation de la personne de Sarkozy. Hollande a joué lui aussi sur l'image de l'ancien président et la sienne nous jouant la comédie de la normalité.

Dans « l'Express » de cette semaine, on apprend sans surprise qu'il est demandé aux ministres leurs voitures de fonction et chauffeurs un peu plus loin que l'Elysée pour faire mine d'arriver à pieds, et d'arriver en souriant avec un ministre avec qui on a pu donner l'impression d'un conflit dans la semaine.

Ont-ils conscience de l'être, cocus, ces « cocus » de Hollande ? Je l'espère.

En sont-ils contents ? J'espère que non.

Vont-ils réagir et cesser de se bercer d'illusions, c'est toute la question.

On peut avoir des doutes raisonnables, hélas, quand on lit ce commentaire d'un internaute sous l'article de « l'Express » sus-cité :

« En un mot je préfère être Cocu de Hollande que rien du tout de Sarko! »

Mais cela ne servirait pas à grand-chose au fond de leur faire la leçon de morale, car il n'est plus temps de faire preuve d'esprit partisan,, de gloser à l'infini sur « son » idéologie politique, car c'est ni plus ni moins la question de la France comme entité indépendante, où les politiques économiques ne soient pas dictées que par les marchés, qui est en question.

Ni plus, ni moins.

Cette entité indépendante qui s'appelait la France est d'ailleurs remise en question sans vergogne par les thuriféraires du libéralisme et par ses « idiots utiles » qui ne comprennent pas que leurs « bonnes intentions » servent surtout les intérêts des puissants, des financiers et des entreprises supra-nationales.

Il faut entendre Jacques Attali, l'éminence grise du gouvernement actuel (mais aussi du précédent) ce matin sur Europe 1 parler de la marche obligatoire vers le fédéralisme européen qu'il justifie par la situation de crise actuelle, crise qui a le dos très large (on peut écouter Attali à ce lien chez Jean-Marc Sylvestre l'apôtre du bonheur libéral).

Pour y répondre, d'aucuns rêvent encore et toujours des mêmes lunes, les uns demandent la renégociation immédiate du pacte de stabilité, ainsi Pierre Laurent, du PCF, ce qui ne mange pas de pain, mais n'est pas très réaliste. Plutôt que de se lancer dans ce combat perdu d'avance Hollande a instillé un ou deux paragraphes sans mesures concrètes à suivre parlant de croissance.

Les autres, comme Laurent Pinsolle, invoquent la tenue le plus rapidement possible d'un référendum populaire sur la question, oubliant ce que les gouvernements européens ont fait des résultats de celui de 2005.

Ce n'est plus le moment, nous n'en sommes plus là.


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