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La métamorphose des cloportes politiques

Publié le 22 septembre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

Hier soir, zappant paresseusement sur ma télévision, je suis tombé sur le clash entre Rokhaya Diallo et Bruno Solo concernant l'appréciation par les musulmans de France des caricatures de « Charlie Hebdo » dans l'émission de Bruce Toussaint, le Jean-Marie Cavada des « bobos » « kipensent ». Madame Diallo, une adepte de la moraline à haute dose, en a été cette fois-ci pour ces frais, le plus ironique étant qu'elle a été remise à sa place par une autre icône du « politiquement correct ».

couverture du Nouvel Obs prise sur "la plume à gratter"

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Pour elle, la liberté d'expression, quand il s'agit de critiquer des pratiques de personnes « issues de la diversité » (TM°) doit être en somme restreinte, pour ne pas choquer telle ou telle personne des ces communautés qui se sentirait offusquée dans ses pratiques. Comme si le fanatisme se réduisait quand on est très très gentil avec ceux qui l'expriment.

La haine n'a besoin d'aucun prétexte pour s'entretenir, elle s'auto-entretient généralement très bien toute seule.

Et comme le disait fort justement Bruno Solo à Rokhaya Diallo, vouloir restreindre la liberté de caricature sur certaines religions dont l'Islam c'est finalement croire que les musulmans sont trop bêtes pour comprendre la dérision ou le second degré ou simplement avoir le sens de l'humour.

Winston Churchill aurait dit que les fascistes de demains se proclameraient antifascistes, que ce serait leur principal alibi, citation souvent employée à tort et à travers car cela ne veut pas dire une seconde que ceux qui s'opposent sincèrement au racisme en seront forcément.

C'est en effet devenu une parade commode afin de couper court à tout débat, toute discussion, l'interlocuteur qui contredit la « bonne parole » ambiante en politique, ou sur des questions sociétales, est un fasciste, ou plutôt un « fâââchiiste » (TM°), pour les plus ignorants sur le plan politique, voire un poujadiste ou un réactionnaires pour les beaux esprits qui ont encore quelque culture politique, et qui sont d'ailleurs bien les seuls à savoir ce que ça veut dire.

Pour que cela ait l'air pertinent et justifié, on parle plutôt alors de « néo-réacs » ou de « néo-fachos », comme le « Nouvel Obs » de ces derniers jours suite à la tempête dans un verre d'eau qu'est « l'Affaire Millet », tempête dans un verre d'eau, car au fond que ce soit Millet ou ses accusateurs, les deux camps en présence ne font qu'intellectualiser sur des sujets qui demanderaient au contraire que l'on soit clair, précis et concret, ainsi les souffrances qu'a subies pendant des années sans que personne (voisins, travailleurs sociaux, institutions) ne s'en émeuve cette jeune femme Nina qui a eu maintenant le courage de témoigner enfin à visage découvert contre ses bourreaux sans conscience sur la barbarie « ordinaire » qu'elle a subie, bourreaux minables planqués quant à eux sous des capuches ou des couvertures sous les caméras ou lors de l'audience.

Vidéo où Nina et son amie racontent ici.

On voudrait que cette barbarie « ordinaire » les Fouquier-Tinville improvisés de la liste Ernaux s'en émeuvent un peu plus, que les auteurs comme Millet s'en emparent comme Bernanos eût pu le faire auparavant...

Dans l'histoire de Nina, c'est d'ailleurs cela le plus dérangeant, que personne ne se soit émue de la situation de cette jeune femme plus tôt, ce qui en dit long sur l'état de déréliction réel des liens de solidarité dans notre société, et de l'impact complètement nul et non advenu de tous les beaux discours sur l'intégration, la diversité, j'en passe et des meilleures.

Les fââchiistes c'est un peu le marronnier spécial du « Nouvel Obs » et d'autres publications du même esprit, comme les secrets -de polichinelle- des francs maçons- pour « le Point » et les scandales de l'Immobilier pour l'Express.

Certes, ce genre d'épithètes péremptoires et réductrices ne se limite pas à la gauche, à droite on traite bien vite ceux qui proposent des mesures sociales ou simplement d'équité de « bolcheviques » ou de « gauchistes », toutes épithètes qui témoignent surtout de l'appauvrissement général du niveau de réflexion politique, se réduisant de plus en plus à des slogans faciles à prononcer, ou à comprendre, slogans qui évitent de se donner la peine de débattre vraiment ou de comprendre que l'autre peut penser différemment sans pour autant être un nostalgique des « ordres noirs » (TM°).

En cette période où l'apparence et limage importent beaucoup plus que le fonds des idées ou que le véritable raisonnement, c'est encore une façons de soigner son image en somme, de prétendre défendre de grandes et justes causes, de droite, ou de gauche, dont on au fond on se fiche complètement.

La plupart de ces poseurs ne sont au fond que des cloportes qui en brassant l'air ou en jouant sur des « effets de manche » pensent pouvoir accéder à une grandiose métamorphose qui n'adviendra jamais du fait de leur abjecte fraternisation de littérateurs et polémistes « vus à la télé » (TM°) une fois les caméras et les projecteurs éteints.


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