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Terrible Two?

Publié le 28 septembre 2012 par Unechambreamoi

Terrible Two?

Ça, c'est moi après avoir passé une journée entière dans l'appartement avec mon fils, en plein Terrible Two
Même un maître Yogi n'y survivrait pas.


(crédits photo:
Scarface - Rocky - Orange Mécanique - Le Labyrinthe de Pan - Shining - La Haine - The Blair Witch Project - No Country for Old Man)

Lectorat, lectorate, bonjour.
J'aimerais écrire plus, mais voilà: en ce moment je suis dans une phase un peu difficile, il s'agit du... Terrible Two de mon fils!
J'ai déjà connu ça avec ma fille... mais ça c'était un peu passé dans la "continuité" -si l'on peut dire-, puisqu'elle avait toujours été super tonique, peu dormeuse et lève-tôt (une sorte de relou précoce, quoi).
Chez mon fils, c'est apparu brutalement, et je suis à peine en train d'essayer de m'en remettre. De sa naissance à ses 2 ans, il a globalement été coolissime, facile à vivre, agréable du matin au soir, suivant le mouvement, prenant plaisir à se coucher (sieste et soir), mangeant de tout (mais vraiment de tout), traînant au lit le matin... Bref, un petit garçon rêvé. C'était limite si j'étais pas en train de me chantonner, sautillant comme une pauvre idiote, "le terrible two ne passera peut-être pas par nous cette fois-ci!'.
Et puis là, il a fêté ses 2 ans, commence à aller un peu à la crèche. Et découvert le pouvoir de dire NON.
Il est craquant mon  fils, il nous fait rire, il est super croquignolet, quoi. Et j'aime bien qu'il développe sa personnalité. Mais là, c'est juste un enfer.
Il me fait vivre des journées de folie. Au choix et dans le désordre: Colorier tous les murs du salon, déchirer les dessins de sa sœur. Bouffer le dentifrice à même le tube, se cacher dans mon dressing. Sauter sur le canapé, renverser du vernis à ongles sur le parquet, se peindre les ongles de pied, vider les placards de casseroles en un éclair, effeuiller une à une les fleurs et vider leurs pots en jetant la terre par dessus le balcon (d'ailleurs, depuis, j'ai viré toutes mes plantes, de toutes façons j'ai toujours été une jardinière minable), se mettre debout sur les chaises, ouvrir les paquets de farine pas encore sortis du sac de courses.
Se coincer, se cogner, se ramasser. Essayer de descendre les escaliers en courant. Plusieurs fois par jour. Il a un ongle noir, une cicatrice à l'arcade sourcillière (un coin de table basse lui a foncé dessus, le coup classique), les incisives supérieures cassées (mais ça ça fait quelques mois), toujours une bosse quelque part.
Je découvre que, n'en déplaise au fémininement correct, un garçon, c'est apparemment plus dur, violent et casse-cou qu'une fille. Il teste des trucs, se fait mal, me fait mal aussi, sans s'en rendre compte. Mais même quand il se fait vraiment un gros bobo, il ne pleure presque jamais, ce qui rend encore plus difficile le boulot de surveillance et de soin.
Et j'ai plusieurs fois par jour le cœur qui se décroche, le ventre tendu, les fesses serrées, prête à bondir. D'ailleurs je parcours des distances cuisine-salon-chambre-salle-de-bains-ah ben non cuisine- de manière quasi Usainboltesque.
Passer une journée pluvieuse chez moi avec mon fils, en ce moment, me procure à peu près le même genre de stress que, pour vous aider à visualiser, si j'avais trois poules et un mouton en liberté dans mon appart'.
Pas plus tard que ce matin, par exemple, après être allée le chercher à la crèche, il s'est débrouillé pour péter 6 verres à vin d'un coup (faut dire qu'en les lançant, encore dans leur emballage, sur le sol de l'entrée...). Puis, devant l'école de ma fille, il est allé choper les béquilles d'un monsieur qui patientait, assis sur un muret, pour s'enfuir avec en courant et en faire tomber une dans le caniveau à quelques mètres.
C'est avec sa mère qu'il se lâche le plus. J'ai la prétention de constater que mes enfants se tiennent plutôt pas mal en société, en public. Assez raisonnables et à l'écoute (avec les couacs habituels, mais sans plus). Avec leur père, ils ne font pas les malins trop longtemps. Oui mais voilà, la semaine, globalement, c'est à moi que revient le gros de l'éducation... et il faut dire, qu'en tant que mère, on en prend facilement plein la tronche. Malgré mes grands principes, même si je suis loin d'être laxiste, il faut bien reconnaître que je suis une quiche en autorité, je crie, je m'énerve. Trop. (J'ai pourtant lu, en bonne élève, tout mon Filliozat, hein. Mais quand ça veut pas, ça veut pas.).
Quand je suis trop crevée, les enfants le voient... ils sont malins. Et, bizarrement, au lieu de faire temps-mort et de venir m'apporter un p'tit café serré en me disant "va te faire couler un bain maman, on va dessiner une heure pour que tu souffles un peu, et préparer un petit risotto aux asperges pour papa et toi ce soir", ils ont au contraire tendance à (symboliquement, hein) me piétiner encore un peu plus, telle une vieille vache, crevée comme un pneu, qu'on aurait laissée pour morte sur le bord du trottoir, après l'avoir passée à tabac dans les règles de l'art, mais qui donnerait quand-même l'impression de vouloir encore prendre quelques coups, histoire de finir sa journée de merde en beauté.
Ils sont un peu sans pitié, quoi.
Alors oui, souvent, mon fils me fait rire. Je trouve parfois ses "bêtises" craquantes, et le reste du temps je sais que c'est une phase normale de la petite enfance. Je suis au courant que de 2 à 3 ans, un enfant s'apparente plus au tourbillonnesque Taz qu'à Lao Tseu.
Mais parfois il me fait juste sortir de mes gonds, et je passe alors par tous les sentiments avoisinant haine/rage/désespoir/moral à zéro/grosse fatigue/ras-le-bol.
Je lui en veux même un peu lorsqu'il "m'empêche" de passer du temps avec ma fille. Lire un livre avec elle sans être interrompue au milieu d'une phrase par l'apparition, aussi incongrue que soudaine, d'un balai-chiotte sur mon canapé, engin suivi de près et fièrement par mon fils, par exemple, est mission impossible.
Je mesure bien le potentiel pathético-ridiculo-comique de la situation... à vrai-dire mes journées regorgent de moments particulièrement inspirants et grand-guignolesques, mais c'est vrai que j'ai parfois du mal à prendre ce recul. Pour être claire, ça a beau être de la matière à chef-d’œuvre, sur le moment ça me fait juste chier, en fait.
Le soir, quand Jean-Chou rentre (pas tôt)... il faut un petit sas pour faire tomber la pression, desserrer la mâchoire, décontracter les muscles et se poser, tout simplement, dans le canapé.
J'ai commencé le yoga cet été (j'en suis complètement addict, je pèterais nombre de genoux pour pouvoir ne pas louper mon cours, si vous saviez) et je dois dire que cette nouvelle activité tombe à pic.
A pic, comme mon fils, d'ailleurs, lorsqu'il s'est ramassé sur le tapis après être sorti tout seul de son lit à barreaux en l'escaladant, il y a deux jours (j'avais mis des coussins, anticipant cette étape)
Ce week-end on installe son lit de grand... je ne suis pas emballée à l'idée de faire ça aussi tôt, je vais devoir tirer un trait sur nos grasses-mat' (et puis, le mettre 10 min dans le lit à barreaux dans la journée était ma solution de repli en cas de surexcitation sévère...). Bon... il restera toujours le Chatterton, au pire.
Mais il grandit. Et malgré les journées hyper sport qu'il me fait vivre, il me fascine quand-même complètement...  Allez. Ne nous perdons pas en circonvolutions gnangnantesques. J'y retourne.
Mon fils, si tu savais, ta vieille mère a encore bien du travail aujourd'hui.
Bon courage à vous si vous êtes aussi en Terrible Two!!! Et n'oubliez pas votre pilule ;-)

à lire aussi, un post sur le Terrible Two de ma fille: Bizutée!

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