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Ces haines que personne (ou presque) ne veut voir

Publié le 08 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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 Notre époque est une période d'aveuglement collectif, à peu près général, sur des haines qui progressent et envahissent peu à peu tout l'espace public sans que l'on n'y prenne vraiment conscience. Dés que l'on évoque la haine envers une confession religieuse, la montée du « terrorisme intérieur », il en est pour la minimiser en évoquant celle envers une autre foi, comme si les haines se compensaient ou s'excusaient entre elles, ou en excusant l'inexcusable, à savoir la haine.

image de rassemblement des représentants des communautés juives et musulmanes prises sur le site de RTL

politique, société, littérature, israèl, palestine, judaïsme, Islam
Nous vivons dans une société d'adolescents immatures aveugles.

La plupart réagissent à celles-ci comme il y a vingt-cinq ans, ou selon un schéma idéologique ou une méthodologie de raisonnement qui n'a guère changé depuis soixante ans, et qui ne correspond plus à aucune réalité tangible.

Je me demande ce qu'en aurait pensé Henry de Montherlant, cet aristocrate dans le genre de Dorian Gray, qui a choisi d'en finir il y a quarante ans tout juste, refusant sa déchéance, et aussi peut-on penser par refus de voir le triomphe de la médiocrité sociétale tout comme Mario Moniccelli, qui a parfaitement décrit l'absurdité des aspirations contemporaines, se jetant certainement par désespoir par la fenêtre de sa chambre d'hôpital pour ne pas voir ces aspirations tourner à l'aigre et sombrer vers la barbarie.

Car progressivement, tout doucement, mais sans faiblir, nous entrons en barbarie, une barbarie technologiquement avancée, une barbarie s'imposant tout doucement avec tout ce que cela implique.

De par l'apparent afflux d'informations que semble représenter Internet, et la pseudo-transparence censée en résulter, beaucoup de personnes se leurrent et croient voir les complots et conspirations, imbroglios divers qui mettent en péril leurs convictions pensent-ils.

Alors qu'en fait, cette surabondance d'informations entraine au fond les mêmes ignorances, les mêmes rancœurs, les mêmes sottises aussi.

Les uns se mettent à soutenir un camp, les autres l'autre camp, quant à des conflits, comme le conflit israélo-palestinien, qui a pris une importance démesurée dans la vie politique française, alors que c'est à l'origine un problème importé en France.

On note que dans les deux cas, ce soutien au camp dit « sioniste » et au camp dit « anti-sioniste » se base sur un masochisme mémoriel totalement délirant.

Pour le camp soutenant Israël, il s'agit de racheter la « Shoah », d'expier cette faute qui serait retombée sur tous les occidentaux.

Ce massacre, inexcusable, impardonnable à ceux qui l'ont commis, ou provoqué, justifie maintenant l'autisme extrême que d'aucuns peuvent montrer dés que l'on ose émettre une seule petite critique concernant la politique israélienne, politique de protection à tous vents de ce pays, voire même jusqu'à l'enfermement entre des murs, à cause du traumatisme, il est vrai compréhensible, de l'« Holocauste » et des milliers de morts des camps de concentration où furent massacrés également des tziganes, des slaves, des handicapés, et des africains.

De plus, tout acte isolé d'un quelconque demeuré traçant une croix gammée sur une porte cochère devient un retour au nazisme, et d'aucuns, comme Richard Prasquier dimanche n'hésite pas à aller dans la surenchère des comparaisons douteuses, entre l'islamisme et le nazisme, qui ne font que jeter de l'huile sur le feu et attiser la haine de l'autre camp.

Sur la rive « anti-sioniste », les origines de la haine sont plus diverses.

Il ne faut pas oublier de dire qu'il existe bien entendu des anti-sionistes parfaitement sincères, qui s'opposent en toute bonne foi au nationalisme israélien. On trouve d'ailleurs parmi eux de nombreux israéliens ou personnes de confession juive, dont les membres de « Peace Now » ou « Gush Shalom ».

Et il y a les autres.

Pour une grande partie, cela trouve son origine également dans le masochisme mémoriel délirant de certains occidentaux surtout celui concernant la colonisation.

L'Islam étant la religion de la majorité des anciens-colonisés, et étant pour la plupart assimilé à l'islamisme qui serait aux yeux de ces « anti-sionistes » la seule pratique légitime de la foi musulmane, la plus « pure », et la majorité des israéliens étant d'origine occidentale et européenne, donc des nouveaux colonisateurs, et les représentants de l'Occident au Proche-Orient.

Il s'agit de combattre Israël dans le même sens que les fanatiques musulmans les plus radicaux, que l'on estime les plus sincères dans cette cause, car n'étant pas « pervertis » par l'Occident, leur permettant au passage de grandir et prospérer en en faisant les seuls interlocuteurs valables, parfois aussi tout simplement par ignorance de la situation de ces pays et par bêtise.

Pour certains musulmans radicaux, venant pour beaucoup de « l'Islam des caves », des « territoires perdus de la République », abandonnés pour l'éducation, la polices les institutions, les associations qui ne peuvent plus y faire leur travail, pour des jeunes français des « quartiers » convertis en prison, l'antisémitisme est devenu un exutoire expliquant tous leurs malheurs, le chômage et la précarité de tous ces lieux où les discours « angélistes » ou ceux se voulant répressifs n'ont abouti à rien, si ce n'est au chaos social, et à la loi du plus fort, en l'occurrence les caïds petits, moyens ou grands contrôlant toute « l'économie parallèle» et qui ont parfaitement compris quant à eux les « enjeux » de la mondialisation et le principe de la « Main invisible » pour réguler les marchés.

Bien entendu, d'un côté comme de l'autre, on nous explique que la haine s'exprime surtout dans le camp de l'autre, chaque camp clamant sa bonne foi et ses bonnes intentions quant au bonheur universel, alors qu'au fond l'un et l'autre n'attendent que l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres, leur permettant ainsi d'épanouir complètement, leurs haines, si tant est que l'on puisse penser qu'elles puissent amener un quelconque épanouissement.


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