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Les gros sabots du Prix Nobel de la Paix à l'Europe

Publié le 13 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

Je me souviens de mon professeur de Sciences-économiques en Première, monsieur B..., il nous avait décrit quand nous avions abordé la question de l'Europe tout le processus qui allait du traité de Maastricht, qui n'était qu'un vague projet en cette époque bénie, à la création de la Monnaie Unique en passant par la mise en place des Euro-régions afin d'entériner la mort des nations et des peuples d'Europe (nous n'y sommes pas encore mais ça devrait venir).

image empruntée ici sur le site du Figaro

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Il nous avait décrit les projets de désindustrialisation du « vieux continent », au « profit » des pays en développement où la main d’œuvre est beaucoup moins chère, et surtout beaucoup moins protégé par un système social.

Cartes à l'appui, il nous avait également montré ce qui attendait les agriculteurs européens, relégués aux régions côtières, et la désertification programmée des campagnes progressivement « rurbanisés ».

Monsieur B... n'était pas un révolutionnaire, ni un marxiste. Cela le désolait pour son pays et les enfants à naître ou les adolescents que nous étions. Il voulait nous donner des éléments de réflexion avant qu'il ne soit trop tard et nous inciter à la lucidité politique quelles que soient nos convictions.

Le prix Nobel de la paix (créé par Alfred Nobel ce grand philanthrope inventeur de la dynamite) a été accordé à l'Union Européenne pour soixante de construction de Paix et de concorde entre les peuples, et surtout de solidarité fraternelle comme si celle-ci avait été construite sur les rêves humanistes de Victor Hugo dans son discours sur les « États Unis d'Europe » et non sur des critères monétaristes totalement arbitraires imposés par la BCE et son président ou les diktats des « marchés ».

Ou comme Jacques Delors que l'Union existe de par la volonté humaniste de ses fondateurs après deux conflits mondiaux, que c'est une « œuvre de paix ».

Cette solidarité, les grecs, les espagnols, les irlandais, les italiens peuvent en témoigner (sic) tout comme les allemands (re-sic), elle existe...

...Surtout dans les bonnes intentions du président de la Commission Européenne, de notre président, ou de saint Stéphane Hessel (que le tout-puissant l'ait en sa sainte garde !) dans sa motion au PS qui a fait un peu plus de13 %, qui trouve quant à lui que l'Europe ne va pas encore assez loin dans la destruction de ce qui reste des états-nations et des liens entre les personnes en général.

Je suis même certain, et c'est bien ça le pire, que tout comme Delors, Stéphane Hessel est sincère. Et que tous deux, en bons oligarques qu'ils sont, sont persuadés qu'ils ont agi en bienfaiteurs de l'humanité, suivant en cela une « mission » qui serait la leur car comme tous les oligarques, et en particulier ceux qui ont construit l'Europe, ils sont persuadés de leur rôle de « phare des nations ».

Ce prix Nobel est un peu suspect, il semble montrer l'affolement des oligarques face aux revendications des nations constamment assimilées à du populisme, tout comme le souverainisme ou le nationalisme perçu comme un désir de retour aux fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

Le souverainisme, le nationalisme, tout désir d'indépendance des peuples, clairement exprimée en France en 2005 par le « Non » au traité constitutionnel est montré du doigt comme mâââl.

Les commentateurs médiatiques feignent de croire que une guerre en Europe est désormais strictement impossible de par la coopération économique, l'imbrication des économies qui fait que tout conflit serait in-envisageable, ce qui est méconnaître gravement la nature humaine et les bases réelles de ce qui est devenu en 2012 l'« Union Européenne à 27 » construite à marche forcée et tout à fait artificiellement en favorisant la prise de crédits « revolving » à taux usuraires au pseudo-bénéfice des états du Sud en particulier.

Et comme les ménages prenant trop de ces crédits bien tentants, les pays les ayant souscrits se retrouvent maintenant en surendettement, surendettement qui pousse paradoxalement les créanciers, comme pour tout surendetté, à insister encore un peu plus pour le remboursement des dettes, chargeant encore un peu plus la mule et poussant les peuples en défaut de paiement vers le point de rupture.

Ils oublient également qu'il y en a une juste aux portes de l'UE il n'y a pas si longtemps, en ex-Yougoslavie, et que celle-ci a eu des répercussions dans tous les pays de la « zone Euro » et qu'elle en a encore.

Et que l'on fit des serbes des méchants, alors considérés ni plus ni moins que comme des nazis par les commentateurs de l'époque de par leurs revendications nationalistes somme toutes légitimes.

Après tout, ce prix Nobel cousu de fil blanc est peut-être aussi le signe d'une "fin de règne" des oligarques et des financiers, mais il n'est pas déraisonnable d'avoir des doutes.


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