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Les souverainistes sont-ils nuls ?

Publié le 16 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

En débat sur Agoravox

 J’ai regardé  samedi soir une « récap » de l’émission politique de Zemmour et Naulleau sur « Paris Première » où était invité Nicolas Dupondt-Aignan, candidat souverainiste à la Présidentielle.

image empruntée à ce blog

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C’est un politique sympathique, qui n’est pas seulement un de ces anciens élèves de grandes écoles (il est lui aussi sorti du sérail) qui choisit cyniquement un camp ou un autre pour s’assurer au mieux sa propre réussite à la sortie de sa grande école.

Il paraît cependant sincère dans ses choix, et on le sent ardent tout comme Mélenchon en face. Hélas, être ardent et sincère ne suffit peut-être pas, et on est en droit de regretter ce manque de courage et de radicalité, pour une fois, du candidat du « Front de Gauche » qui, dans sa logique de lutte contre une Europe de l’argent et de la technocratie, aurait pu éviter de faire voter Hollande au second tour des présidentielles 2012 sachant pertinemment qu’il allait appliquer rigoureusement la même politique que Sarkozy : signature du TSCG, réduction drastique des dépenses publiques et austérité.

Je le trouve cependant bien naïf de croire en une alliance de tous les « patriotes » au-dessus des partis. Pour la plupart des patriotes de gauche, mélenchonistes en particulier, le dogme marxiste ou marxisant est tout aussi important et fondamental quant à leur réflexion que leur idée de la France et c’est là que le bât blesse, car s’ils acceptent l’unité, ils l’acceptent seulement si ceux qu’ils rejoignent ou qui les rejoignent prennent pour eux la « doxa » socialiste, vraiment socialiste d’ailleurs ici.

Et si Marine le Pen acceptait une alliance, ce serait dans l’idée de phagocyter tout ou partie de celle-ci à son profit personnel, ce qu’elle tente de faire en ce moment avec la « droite de la droite » de l’UMP, ce qui est somme toute logique.

Les deux animateurs ont eu sur le souverainisme une réflexion provocatrice mais tout à fait pertinente au bout du compte. A noter qu’ils ne remettaient pas en cause du tout les convictions des souverainistes mais leur manière de s’y prendre pour faire triompher leurs options et arriver au pouvoir, et rappelons que Zemmour et Naulleau ont plutôt de la sympathie pour la cause souverainiste.

Selon eux, les souverainistes français, et ce contre la légitimité de leur cause, sont peut-être tout simplement non pas nuls, ne soyons pas excessifs et aussi provocateurs, mais peu à même de renverser la vapeur. Ils n’ont pas réussi à mobiliser une grande partie du peuple contre le TSCG, peuple qui proteste contre ce traité de bouche à oreille, mais qui ne réagit pas, se laissant faire, considérant qu’au final ce sera inéluctable, et qu’il vaut mieux demander à ce que la pilule soit la moins amère possible à avaler plutôt que d’essayer de lutter…

La plupart sont déjà résignés semble-t-il, protestant sur le Net ou ailleurs, critiquant les gouvernants mais au fond participant du mouvement de destruction des états-nations et de l’identité des peuples.

Depuis que l’Europe existe, qu’elle se construit sur le dos des peuples, qui se laissent mener, les français aussi, sauf en 2005, les souverainistes auraient eu le temps de proposer des projets alternatifs concrets ou de reprendre le pouvoir, alors que pour l’instant ils sont surtout dans les grandes intentions, les belles envolées lyriques, une attitude d’opposition « grain de sable » qui ne change rien, des postures de révoltés sans prolongement tangible réel ou d’incidence sur l’économie.

C’est une chose de critiquer la mondialisation amorale, la délocalisation de la production, c’en est une autre toute différente de privilégier à son niveau l’achat de produits nationaux, et d’aider par de nouvelles pratiques de consommation les fabricants locaux, ce qui pour l’instant reste au fond marginal.

A ces objections, Nicolas Dupondt Aignan répond, comme d’ailleurs les autres souverainistes que la révolte commence à gronder en Europe contre les technocrates, qu’il suffit d’attendre que celle-ci montre et que bientôt, la colère des peuples les emmènera vers le pouvoir, qui est pour lui aussi tout comme pour Mélenchon une grande partie de sa motivation, car comme la plupart des politiques, et ils n’échappent pas à la règle bien que plus « purs », ils sont persuadés d’avoir un « destin » pour guider les peuples, même contre leur gré, vers plus de justice.

Les souverainistes invoquent également le silence des médias à leur propos, l’ « étouffoir » de la « pensée unique », l’ostracisme qu’ils subiraient. On ne peut pas leur donner entièrement tort, en 2005, tout le monde avait pu constater la violence des attaques que subissaient le « camp du Non », ce qui ne l’avait pas empêché de triompher et ce qui aurait dû être suivi d’un grand mouvement populaire mais les « nonistes » n’ont pas su exploiter leur avantage et aller plus loin restant dans des conflits de personnes ou de partis, et demeurant bien sagement dans leur créneau réservé par le système, d’où leur difficulté à rassembler.

Ou est-ce aussi qu’ils n’ont pas encore pris la mesure exacte de la carrure que cette période difficile et dangereuse pour les peuples demande ?


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