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La droite « honteuse » de France

Publié le 20 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

Aussi sur Agoravox où il fera grincer des dents, n'en doutons pas

Comme dans les minorités où l'on a du mal à assumer sa différence, beaucoup dans la droite actuelle se disent « décomplexés », alors que concrètement ils ont encore honte d'« en être », se défendant d'être complètement de droite, croyant nécessaire de préciser rapidement combien ils sont libérés sur le plan des mœurs, autant qu'à gauche, tel Éric Brunet dans une émission d'Ardisson jugeant indispensable de préciser que s'il est réac politiquement, attention, il était totalement libertaire sur le plan des pratiques sexuelles ou des drogues dites douces.

photo prise sur le site du "Café politique"

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Brunet, contrairement à Zemmour qui assume beaucoup plus librement, est le "droitard" de service pour les "belles consciences", on en trouve partout, le type de droite à qui l'on fait gentiment la leçon et qui sert de faire-valoir à ceux qui sont dans le dogme de la pensée correcte.

Des événements politiques et historiques majeurs et fondateurs, mythifiés, sur lesquels il est strictement interdit d'apporter quelques nuances au risque de passer pour fasciste, ont contribué en France à engendrer ce sentiment de honte :

l'Affaire Dreyfus, le gouvernement de Vichy, et les suites de la Guerre d'Algérie dont les blessures sont loin d'être refermées, ce n'est pas le grand moment d'auto-flagellation et de masochisme mémoriel abject, concernant la manifestation réprimée brutalement d'octobre 61 ; auquel on a pu assister cette semaine qui y changera quoi que ce soit.

Pour l'instant, je n'ai entendu nulle repentance concernant la responsabilité de la France dans le massacre des harkis ou la fusillade de la rue d'Isly (les personnes qui ont été tuées à ce moment n'avaient rien à voir avec l'OAS contrairement à ce que l'on dit souvent).

Se dire de droite de France, calmement, fermement, c'est quasiment subir instantanément la vindicte des « belles consciences » ou de leurs représentants, pour qui la plupart du temps la gauche et ses représentants sont perçues comme des émules de « Robin des Bois » prenant l'argent des riches, forcément tous de droite, pour le donner aux pauvres, tous de gauche, excepté ceux qui votent de plus en plus FN pour des raisons strictement incompréhensibles aux bourgeois libéraux libertaires, se voyant encore et toujours en « lumières des nations » qui ne comprennent pas que les précaires ne les écoutent plus en somme.

On a bien vu d'ailleurs que les milliardaires de gauche comme Pierre Bergé ou Mathieu Pigasse ont partagé leur fortune avec des SDF et des miséreux, que les politiques de gauche ont renoncé sans tarder aux indemnités sonnantes et trébuchantes que leurs accordent la République qui est bonne fille, ne se contentant pas de la diminution de celles-ci.

La culpabilité et l'honneur du capitaine Dreyfus n'étaient plus vraiment importants quant au débat politique au bout d'un moment, il s'agissait surtout d'un affrontement de deux idées de la France, une traditionnelle, une se voulant progressiste. L'« Affaire » vit la naissance de l'« intellectuel de gauche » et des belles consciences, c'est elles qui se qualifient ainsi, issues de la bourgeoisie et ayant des prétentions humanistes, un humanisme très partial, marqué par le positivisme de leurs ascendants guizotistes, rajoutant aux prétentions au pouvoir et à un gouvernement se voulant plus rationnel que l'Ancien Régime de ceux-ci des prétentions de guides de l'humanité vers le progrès.

Dés cette époque, le nationalisme a été assimilé à l'antisémitisme de certains anti-dreyfusards, à la haine, un antisémitisme qui reste inexcusable, et qui n'était pas exclusivement de droite de plus, Drumont étant considéré et se considérant comme révolutionnaire. Une partie de cette droite, encore apparemment conservatrice sur le plan des mœurs, tant que les apparences étaient maintenues, libérale économiquement, a progressivement émergé ensuite.

C'était la clientèle du « Figaro » du début du vingtième siècle, moquée déjà par Léon Daudet dans ses « Souvenirs Littéraires », qui avait peur de tout, des « classes dangereuses », alors qu'elle partageait les aspirations vulgaires de la lie de la société au bout du compte, peur pour son magot, et qui se fichait complètement de la nation ou du peuple. Cette clientèle de petits bourgeois, « serreurs de fesses effarés », était d'ores et déjà mondialiste, choisissant de s'entendre avec ses semblables des autres pays pour préserver ses intérêts, au risque de trahir parfois les idéaux français.

Au moment de Vichy, après la défaite de 40, qui fût une effarante déculottée, même si certains, dont les cadets de Saumur se sont bien battus, défaite surtout due à l'aveuglement du précédent gouvernement français, confit dans ses bonnes intentions, occultant le réel de la montée des totalitarismes, certains politiques de droite crurent trouver le moment de leur revanche alors que c'était le pire possible.

Il n'y avait pas que des politiques de droite à Vichy, toutes les tendances politiques ou presque y étaient représentées, Laval lui-même étant de gauche depuis ses débuts en politique, se lançant dans la Collaboration car voulant ainsi en limiter les effets.

De plus rappelons que ce fut l'assemblée issue du Front Populaire qui vota les pleins pouvoirs à Pétain excepté quatre-vingt courageux députés.

De plus, comme d'autres, René Bousquet, ou un certain François Mitterrand, et la plupart des hauts fonctionnaires, il s'agissait aussi et surtout de protéger d'abord et avant tout ses propres ambitions et de préserver sa carrière, même durant cette période extrêmement trouble.

A la Libération, la responsabilité des actes de Vichy a été mise uniquement sur le dos de la droite, ce qui a permis de jeter l'opprobre sur toute personne s'en réclamant sans faiblir.

Et les suites de la Guerre d'Algérie, qui ont poussé un de ses « soldats perdus », qui était aussi un revenant de la IVème République à diriger un groupuscule d'extrème-droite s'appelant le Front National en 72, Jean-Marie le Pen (qui s'appelait « Jean-Marie le Penovitch » à sa naissance selon Desproges, dans ses « Textes de scène), les sionistes sont partout!), n'ont rien arrangé, celui-ci étant d'ailleurs plus influencé par les courants libéraux et conservateurs à l'anglo-saxonne que par la droite française.

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De plus, l'homme, par son physique, son passé, son vocabulaire volontiers provocateur, était un repoussoir idéal pour cantonner les mécontents votant pour lui au camp des nostalgiques des z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°) ce qui évite de se poser des questions sur les raisons profondes suscitant leur mécontentement de plus en plus profond.

Encore maintenant en 2012, s'affirmer de droite c'est risquer d'être montré du doigt comme du camp des riches ou de ceux qui rêveraient du retour des Ordres Noirs, sombres et moraux en France, des racistes, des ethno-différencialistes alors que triomphe un peu partout, c'est bien connu, la fraternité, on le voit dans les pays arabes depuis la « Révolution de Jasmin », la solidarité, éclatante dans l'Union Européenne, et la concorde, lumineuse entre les différentes communautés religieuses ou ethniques dans les « cités » dites difficiles.


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