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Pourquoi les « salles de shoot » sont-elles une hypocrisie majeure

Publié le 22 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

Déjà en débat sur Agoravox

 Nous vivons dans une société d'addictions diverses et variées :

 Addiction à Internet, à la télévision, au téléphone portable, à l'alcool, au sucre, à la pub, aux vêtements de marque, aux grosses bagnoles, à l'extimité et toutes choses qui permettent à l'individu de tenter de combler le vide abyssal qui est la seule chose que la société actuelle lui propose pour compenser la destruction de tous les autres liens sociaux ou communautaires, spirituels ou intellectuels, ainsi que la perte des idéaux, quels que soient ces idéaux.

image montrant ce à quoi ressemble une salle de "shoot" concrètement prise ici

salleshoot.jpg
Bien entendu, ces nombreuses addictions ne consolent de rien du tout, et l'individu moderne a beau les multiplier, les empiler, il se retrouve un peu plus seul encore et plus démuni intellectuellement.

Dans notre monde, l'addiction est fondamentale pour entretenir le système de production et les rapports de dépendance des consommateurs, les « dealers » de drogue ne font qu'appliquer les lois des marchés, s'adaptant à la demande et y répondant par l'offre.

De ce simple point de vue économique, on a ironiquement du mal à comprendre la condamnation de ceux-ci par les partis politique libéraux, comme l'UMP, ou socio-libéraux comme le PS.

La drogue est un marché juteux, de la vente dans les « cités » au blanchiment d'argent dans les beaux quartiers, celui-ci impliquant parfois même des édiles qui par ailleurs ne manquent pas une occasion de moraliser les comportements politiques dans les autres partis.

Elle est la base d'un marché « parallèle » important sans lequel de nombreuses familles même ne vivraient pas, ne consommeraient pas, y compris parfois dans des pays pauvres où certains de ces « dealers » envoient l'argent récolté par la vente de substances illicites.

C'est toute une organisation pyramidale très bien organisée qui impliquent de plus que ceux qui contrôlent ce marché contrôlent également leurs territoires abandonnés par les institutions de la République ou spirituelles comme l'Église Catholique qui se concentre sur quelques « niches » sociales, à de rares exceptions notables.

Les politiques, la plupart des responsables, savent très bien qu'ils ne peuvent pas réellement y toucher sans risquer de déclencher des émeutes sanglantes, beaucoup plus encore qu'en s'attaquant au fondamentalisme musulman, qui est aussi un des outils de contrôle de leurs territoires par ceux qui tiennent les marchés de la drogue.

Les vendeurs de « paradis artificiels », comme la plupart des truands, comme beaucoup de financiers et d'entrepreneurs sont moralement des plus traditionnels quand cela concerne leur famille.

Notre société libérale-libertaire se prétend libérée de toute morale traditionnelle, alors qu'elle est des plus hypocrites sur ces addictions, la pire d'entre elles étant celle concernant les drogues, hypocrisie qui n'est qu'un des nombreux symptômes de la grave crise morale qui secoue notre monde se prétendant à l'apogée du progrès social.

La plupart des politiques et des belles consciences dites de progrès minimisent et excusent l'addiction aux drogues en rappelant que l'addiction à l'alcool est tout aussi grave, mais l'une n'excuse pas l'autre.

Ce n'est pas parce qu'il y a des alcooliques en France depuis longtemps qu'il faut qu'il y ait une proportion égale de drogués.

Dans le même ordre idée, tous suggèrent que par une aide médicalisée et un traitement « ad hoc » on peut se libérer de la drogue quelle qu'elle soit, médiatisant certains cas de drogués célèbres, comme Delarue entre autres, qui en est mort, un amuseur télévisuel, ou même Ardisson qui affirme qu'il s'est dégagé depuis longtemps de son addiction à l'héroïne ou de la « coke ».

Ils semblent méconnaitre qu'un drogué même sevré, comme un alcoolique, l'est à vie, qu'il aura toujours besoin de médicaments de substitution, comme le Subutex, et que son addiction sera toujours belle et bien présente, avec en corolaire un risque de rechute constant et que parfois il est tout simplement trop tard pour le drogué pour envisager des soins, tout comme pour les alcooliques chroniques.

Beaucoup font la distinction entre drogues « douces » et drogues « dures ». Médicalement, comme cela est dit à ce lien, cela n'a guère de sens au niveau médical, et souvent la mauvaise qualité du cannabis de l'« herbe », ou des solvants avec lesquels l'ectasy est « coupée » sont plus dangereuses encore que ces drogues « dures » (la plupart des associations aidant les drogués le disent aussi, il n'y a pas de drogues douces).

Le plus curieux est que cette permissivité sur les drogues prétendument douces ou dures est lié à un hygiénisme paradoxal de tous les instants pour tout le reste :

Je pense aux messages comme « manger cinq fruits et légumes par jour », ou ceux indiquant que le grignotage est mauvais pour la santé qui accompagnent toutes les pubs pour des sucreries ou de la « junk food ». Je pense aussi au délire anti-tabac qui saisit toute la société depuis quelques temps interdisant à ceux qui n'ont que ça pour se détendre de le faire.

Cette permissivité est glaçante, terrifiante. Voir des adultes de classes sociales plutôt privilégiées s'amuser que les adolescents ou leur propre progéniture fument des « pétards », les voir penser que les « salles de shoot » sont une solution intelligente, témoigne de la crise morale de notre société qui ne songe pas une seconde à résoudre les problèmes mais qui les parquent à l'abri, bien entourés de quatre murs qui évitent que ceux-ci soient trop voyants de l'extérieur.


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