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Les Bidochon se lancent dans le développement durable...

Publié le 23 octobre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Christian Binet raconte depuis près de trente ans les bêtises, petites faiblesses et errements divers d'un couple de français moyens (pléonasme selon nos amis belges quand ils ont envie de se venger de nos mauvaises blagues à leur encontre), couple qui tombe dans toutes les modes, se laisse avoir régulièrement par la publicité, l'administration et les médias.

couverture empruntée à ce blog littéraire

Bande Dessinée, société, politique, littérature
L'auteur l'a affirmé, il arrêtera quand il s'ennuiera et ne s'amusera plus. Mais grâce au ciel, et les français n'étant pas prêt de guérir de tous les travers en attendant ceux que réservent l'avenir, il n'est pas prêt de s'arrêter ni de s'ennuyer ou de ne plus s'amuser.

Pour de nombreux lecteurs, en parcourant les albums ou dans la vie, le Bidochon, le plouc, le beauf, c'est toujours l'autre, jamais soi-même, posture très française.

On est toujours critique avec les autres en oubliant de regarder ses propres défauts et travers.

Alors que lorsqu'on lit « les Bidochons », on s'aperçoit que les Bidochons, c'est nous...

Dans cet opus, Robert et Raymonde se soucient de développement durable. Au départ, Robert est un rien réticent car cette préoccupation leur est soufflée par Gisèle et René, leurs deux amis un rien « bobos » sur les bords jamais en retard d'une prétention à la pseudo-modernité.

Gisèle et René sont des « jusqu'aux boutistes » qui se sont faits construire une maison totalement écologique selon eux, équipée d'un four solaire qui met deux heures et demie à cuire un rôti (ce n'est pas encore très au point et quant aux légumes Gisèle et René s'habituent à les manger crus), d'un local à compost et à vers de terre, et de toilettes « sèches » (Malheureusement, bien sûr Robert confond l'un avec l'autre).

Raymonde est tout de suite enthousiaste, elle qui a plus de bon sens que Robert, voit tout de suite l'intérêt de la chose bien qu'elle se lance dans l'écologie de manière un rien brouillonne au début mais plus raisonnée que son époux.

Elle se lance de suite dans la recherche de fuites d'eau éventuelles dans leur tuyauterie, gaspillant au passage une bouteille de vieux Bordeaux de son mari, et tente d'initier celui-ci au tri sélectif, ce qui n'est pas évident, y compris pour elle, car pour en comprendre les méthodes elle doit aller chercher une notice en néerlandais sur Internet.

Lorsque les éboueurs passent enfin au petit jour, les Bidochons n'ont pas eu le temps de trier leurs ordures et Robert ne peut que clamer son dépit.

Raymonde installe ensuite des ampoules électriques « durables » et « basse consommation » dans leur maison, découvrant au passage leurs inconvénients, à savoir leur lenteur. Quant à Robert, il apprend à éteindre la lumière quand il sort d'une pièce ou la télévision, ce qui l'ennuie profondément car cela demande un effort supplémentaire.

René convertit ensuite Robert au covoiturage et au bricolage « responsables ».

Comme à chaque fois qu'il se prend d'une tocade, il en fait trop, beaucoup trop, encourageant Raymonde à des économies de « bouts de chandelle » tout à fait ridicules, perdant d'un côté ce qu'il gagne de l'autre.

A la fin, le couple Bidochon essaie de convaincre un impétrant qui profite des sites de covoiturage pour draguer de nettoyer un coin de la planète, l'abandonnant au milieu des ordures qu'ils le chargent de rassembler en tas...

Que l'on ne se méprenne pas, Christian Binet ne se moque pas du tri sélectif, ou autres démarches de simple bon sens concernant l'environnement, toutes choses que faisaient déjà nos ancêtres que beaucoup redécouvrent comme ils s'imaginent redécouvrir l'Amérique.

Binet raille les « jusqu'au boutistes », les maladroits, les dogmatiques comme le devient Robert à la fin qui font du « développement durable » une véritable religion alors qu'ils laissent commettre par ailleurs un gâchis bien réel des ressources et qui ne se soucient pas des racines profondes du gaspillage.

Et comme dans toutes ses dédicaces en fin d'album, il montre que « les Bidochons » si c'est un peu tout le monde, c'est aussi un peu de lui-même.

Christian Binet – « Les Bidochon sauvent la planète » Tome 21 - éditions Audie

sorti le 17 octobre 2012


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