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Signaux faibles, et pollution plastique

Publié le 22 mars 2008 par Jeromebondu

pollution_mer.jpg Définir ce qu’est un signal faible n’est pas aisé. Si l’on se réfère à Wikipédia « les "signaux faibles" sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, éventuellement en parallèle avec des signaux forts, qui sont porteuses d’un "ordre" spécifique et reconnues comme telles par l’organisation après un traitement approprié ».

Cette définition peut amener un commentaire. Selon un professionnel de l’Intelligence Economique reconnu, cette expression ne correspondrait à rien. En effet, la détection d’un signal (quel qu’il soit) est la réponse à une interrogation. Si on ne se formule aucune question, aucun signal ni faible ni fort ne viendra nous alerter.

Je souscris assez à cette vision, et à mes yeux, la notion de « signal faible » est liée à la prise de conscience d’une problématique, à partir d’une donnée, ou d’un élément d’information qui agit comme un catalyseur. On était sensibilisé à une problématique (une question) de manière diffuse, un signal vient nous la révéler.

Révélateur, c’est exactement le sentiment que j’ai eu à la lecture d’un article du monde « Voyage dans la poubelle du Pacifique »*. Un marin décrit un endroit particulier du Pacifique où par le jeu des courants, s’accumule « une soupe de plastique ». Que se passe-t-il ? « Le plastique a beaucoup de qualités. Il est peu cher, pratique et très résistant. Trop résistant, justement … ». C'est-à-dire que tout le plastique qui a été conçu depuis son invention, et qui a échappé au retraitement, … est encore dans la nature. Et pour longtemps ! On parle d’une durée de vie de l’ordre de cinq siècles, dans le meilleur des cas ** !

Que faire ? Se passer du plastique paraît difficile. D’où cette idée que je me suis formulée (à partir de ce … « signal faible ») que celui qui arriverait à développer un plastique biodégradable, ou un composé qui ait des caractéristiques proches du plastique, toucherait le jackpot. Cela me semble un des domaines de recherche les plus prometteurs qui soient. Qu’en est-il ? Ne serait-ce pas un enjeu qui mériterait un investissement aussi important que la recherche de l’autonomie énergétique, avec l’important développement du nucléaire civil en France ?

D’autres éléments passent aussi entre les mailles du retraitement. Et notamment ceux que l’on attend le moins. Ainsi « les résidus des pilules de contraceptifs, d'antibiotiques ou d'antidépresseurs (…) [passent] à travers le filtre des stations d'épuration des eaux usées, qui ne sont pas conçues pour les éliminer, et [finissent] dans les rivières. » On a déjà noté des « changements de sexe chez des poissons, provoqués par des perturbateurs endocriniens, ou l'apparition de souches résistantes aux antibiotiques chez certaines bactéries ».***

Le développement de produits de grande consommation ayant un impact minimal sur l’eau est un enjeu majeur.

Dernier point sur la définition du « signal faible » : Sa détection n’a de sens que si l’analyse que l’on en tire est suivie … d’action !

Jérôme Bondu


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Sources :

* « Voyage dans la poubelle du Pacifique », article de Gaël Dupont dans Le Monde du 19 mars 2008.

** Ekopedia 

*** « L'effet des résidus de pilules contraceptives sur les poissons », article de Gilles van Kote dans Le monde du 20 mars.


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