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Le « Petit Journal » et la pratique du tir sur les ambulances

Publié le 15 novembre 2012 par Amaury Watremez @AmauryWat

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 Je regarde depuis le début cette émission et le regarde encore, sans être dupe de son contenu, car l'ironie envers les puissants et la dérision envers ceux qui estiment « avoir un destin » au-dessus de ceux des autres primates humains est au fond toujours bonne à prendre.

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 Il y avait un côté sympathique à ce trublion qui déconstruisait habilement les discours, les bonnes intentions, et l'hypocrisie de ceux qui nous dirigent ou des célébrités ou pseudo-célébrités, à mettre en lumière leurs ridicules, même en usant de procédés faciles.

 Cette facilité n'est pas la faute du « Petit Journal » d'ailleurs, ce sont les « pipeaules » qui se ridiculisent après tout très bien tout seul. Parfois, le rire est un peu trop grinçant, et l'humour plus cruel que drôle.

 Cependant, depuis quelques temps déjà, et lentement, Yann Barthès et les membres de son équipe acquérant une visibilité médiatique plus importante, devenant célèbres, se posent de plus en plus en censeurs des mœurs politiques, en moralisateurs de la vie publique, plus précisément depuis les présidentielles de 2012.

 Il y a eu aussi l'acharnement sur des naïfs comme Cindy Sander, qui bien qu'elle obtienne au fond ce qu'elle voulait, la célébrité, est plus une victime pathétique du « miroir aux alouettes » qu'autre chose, au même titre que tous les candidats de la télé-réalité à la poursuite d'une mise en lumière illusoire qui ne se rendent pas compte une seconde de leurs maladresses et de leurs carences, intellectuelles ou non.

 Depuis la campagne présidentielle, une connivence de fait a fini par s'installer avec les politiques des « grands » partis, que ce soit l'UMP ou le PS. Les ténors de ces deux formations « jouent le jeu » avec Yann Barthès, miment la fausse indignation face aux réparties du journaliste, singent l'amusement, parfois très mal, lorsque l'on se moque -gentiment- d'eux.

 Il est logique que cette connivence et cette condescendance s'installent de fait, par la fréquentation des attachés des presses, des principaux intéressés qui sont pour la plupart de grands/es séducteurs/rices et doués pour plaire quel que soit les divergences de prime abord. Barthès et ses complices ne sont que des êtres humains comme les autres, sensibles à l'empathie, ce qui finit par leur faire oublier la distance qui devrait s'instaurer a priori avec leurs sujets de reportages.

 Pour le reste, ce sont toujours les mêmes cibles, traitées avec un mépris à peine camouflé :

 Marine le Pen et les personnes inscrites au FN, tous traités en racistes « bas du front » sans que le présentateur et ses affidés essaient de donner des éléments de compréhension de la colère de ces gens, Jean-Luc Mélenchon et ses partisans, montrés en staliniens ayant le culte du chef, et leur chef étant désigné comme mégalomane et injurieux envers les journalistes, Nicolas Dupondt-Aignan, ridiculisé à chaque fois qu'il est question de lui, les reportages insistant bien sur les moments gênants mais superficiellement gênants (ex : un haut-parleur qui fait un « larsen »...), sans parler d'autres candidats disposant de moins de réseaux dans les médias, Olivier Besancenot, parmi ces « petites » formations est quant à lui épargné car il est bien introduit à « Boboland ».

 Il y a aussi les cibles où ce ne sont plus seulement les idées en elles-mêmes qui sont attaquées, ce qui serait après tout légitime, mais la personne jusqu'à son physique, en usant de procédés qui s'ils arrachent des rires nerveux à la rigueur sont très ennuyeux du point de vue du simple respect humain voire de la déontologie diraient les esprits chagrins.

 Tâchons d'être objectifs :

 Nadine Morano est décrite comme populacière et vulgaire, de basse extraction. Son absence d'études est toujours mise en avant, ainsi que ses origines « prolétaires ». Ce ne sont plus les idées ou les projets qu'elle défend, ou ses ambitions, qui sont critiquées, mais l'individu qu'elle est.

 Christine Boutin est désignée comme une catholique coincée, quoi qu'elle dise, ou qu'elle fasse, c'est sa personne qui est le plus souvent attaquée, car son point de vue contre le PACS ou le « mariage homosexuel » est à « Boboland » comme une tâche indélébile.

 Et puis il est plus facile de s'attaquer à une personnalité catholique, le risque est moindre. Rappelons aussi que tous les catholiques, qu'ils soient tradis, chachas, en « lodens » (TM°) ou en « casual » sont tournés systématiquement en dérision.

 Il faut noter que si les discours et interventions de Marine le Pen sont attaqués par une argumentation et des faits, il n'y a qu'elle qui a le droit à ce « traitement de faveur », avec Jean-Luc Mélenchon, durant la campagne électorale, ces attaques étant surtout provoquées par l'incompréhension à « Boboland » du vote populaire dont les « bobos » ne comprennent plus qu'il ne se dirige plus sur le PS.

 On aimerait que ces « faveurs » soient étendues à tous les politiques mais je crois que cela restera malheureusement un vœu pieux.

photo empruntée sur ce site

Deux vidéos sur les rapports du "Petit Journal" avec Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon


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