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« The Dark Kngith returns » returns

Publié le 08 janvier 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

The Dark Knight est aussi sur Agoravox

 « Urban Comics » réédite le « graphic novel » de Franck Miller, qui est à ce jour, la meilleure relecture de « Batman » et des « super-héros », avec « Watchmen » scénarisé par Alan Moore et dessinés par Dave Gibbons, traduits par Jean-Patrick Manchette.

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Cette réédition de « TDK » est agrémenté du DVD et du Blue Ray de la première partie de son adaptation animée qui n'est pas honteuse mais considérablement affadie, excepté le traitement du « Joker » qui doit beaucoup à Michael Emerson, son interprète.

 Curieusement l'adaptation dite « animée » l'est beaucoup moins que les albums de Franck Miller qui sont littéralement à couper le souffle.

 Rappelons que « graphic novel » est un terme de marketing inventé il y a une trentaine d'années pour rassurer les adultes et autres grandes personnes théoriques qui ont honte de dire qu'ils lisent des BD, ce qui n'est pas le cas de votre serviteur qui au cinéma adore les chefs d'œuvres mais aussi les petites pépites « Z » bien cachées et qui parfois annoncent de grands auteurs, ainsi pour Peter Jackson..

 Ces deux œuvres écrites et dessinées par deux auteurs aux antipodes politiques, Moore est à l'extrême-gauche et Franck Miller à droite, sont la principale source d'inspiration des adaptations de « comics » actuelles, y compris la trilogie de Christopher Nolan encensée par la critique (qui n'a pas lu les BD de Franck Miller reprises parfois à la copie-carbone dans les films avec Christian Bale ainsi que « Enfer blanc » de Jim Starlin et Berni Wrightson, ou « Knightfall »).

 La mise en scène du « Joker », la perception du personnage dans le deuxième film, son appétence pour le chaos total, tout le sous-texte politique dans le troisième, sont très largement empruntées à Franck Miller.

 Coïncidence, ces deux « comics » sont parmi les meilleurs car il mêle la tradition du polar « hard boiled » et des « pulps » noirs des années 30 à la bande dessinée super-héroïque, « pulps » dans lesquels ont écrit la plupart des auteurs dits « de genre » maintenant devenus classiques. Bruce Wayne dans le récit de Franck Miller a la même carrure tragique que les héros de Chandler ou Dashiell Hammet, les mêmes préoccupations et la même absence d'illusions sur l'espèce humaine. Il ira jusqu'au bout de sa logique dans « Sin City » où curieusement il donnera à ses personnages de « durs » des allures de super-héros. Le manteau de Marv dans les histoires de « Sin City » prend alors des allures de cape.

 Miller a eu bien avant des auteurs sages, « sérieux » et doctes l'intuition de tous les travers de la société actuelle :

 La télévision et les écrans omniprésents, la société du spectacle poussée à son paroxysme et même une certaine destruction de deux tours dans une mégalopole américaine, dans le premier tome vingt-cinq ans avant que cela n'arrive pour de bon dans la réalité.

 Curieusement, Franck Miller donnera le même titre que son premier jet de « The dark Knignt » à ses impressions sur le « Onze Septembre », « Holy Terror », mais là, pas de Batman ou de Superman pour sauver la mise aux bipèdes impuissants qui n'ont pas de super-pouvoirs pour sauver le monde après le petit-déjeuner

 On peut regretter le format somptueux des albums de la première adaptation française de « Dark Knight », sortie aux éditions Zenda en 1986.

 Dans « The Dark Knight returns », Bruce Wayne n'est plus Batman depuis déjà dix ans, suite à la mort de Jason Todd, le deuxième « Robin ».

 Il n'a plus beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine et semble persuadé de l'inutilité de sa lutte contre l'injustice et les criminels auparavant. Il préfère aider du mieux qu'il peut à soulager ses congénères qu'à combattre le crime, et se console dans l'alcool.

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 Il subventionne les thérapies de ses anciens ennemis dont « Two Face » qui subit une opération de chirurgie plastique lui redonnant un visage normal, ou celle du « Joker », en catatonie depuis que le Batman n'intervient plus la nuit. Chaque nuit, ses anciens démons tourmentent Bruce Wayne qui revit encore et toujours le meurtre de ses parents par un voleur à « Crime Alley ».

 La plupart des super-héros sont emprisonnés ou dans la clandestinité, comme Green Arrow qui lutte contre le gouvernement américain. Superman s'est mis au service des intérêts exclusifs des politiques de Washington.

 Un soir d'orage dantesque sur Gotham, alors que « Two Face » est de nouveau en cavale, que les criminels n'ont jamais été aussi puissant, Bruce Wayne revêt de nouveau le costume de Batman et comprend que cette fois, il devra aller jusqu'à la mort car les dirigeants ne le laisseront pas faire...

illustration du haut prise ici

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