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A Dieu Benoît XVI

Publié le 11 février 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

Dédiés aux Frossard et Bernanos qui ne sont pas encore nés, pas encore révélés...

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A ce petit texte écrit par un croyant qui ne se cache pas, on reprochera certainement ses quelques sarcasmes et sa causticité. D'aucuns y verront des manques de charité, d'autres les signes évidents que l'auteur est un mauvais chrétien, les chrétiens étant c'est entendu en 2013 des agneaux menés docilement à l'abattoir, tondus vifs et tremblants mais ne protestant jamais car devant « tendre la joue gauche » alors qu'on leur gifle la joue droite.

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A ceux qui émettront ces doutes, je les rassure, j'irai me confesser juste après sans tarder...

Il est évident que la démission du Pape Benoît XVI va faire parler dans Landerneau, à commencer par les belles consciences qui vont s'empresser de commenter, eux qui sont à la fois « bouffeurs de curés » ainsi que l'on disait auparavant et prompts à distribuer les brevets de bonne catholicité se comportant en moralisateurs, ce qu'ils reprochent précisément aux catholiques laïcs ou aux ecclésiastiques sans y voir aucune contradiction.

Ceux-ci vont se réjouir qu'un pape qu'ils considèrent comme réactionnaire sur les questions sociétales ce qui est pour eux le crime ultime et impardonnable admette qu'il est trop vieux, et qu'il cède la place assez vite à un « pape en phase » (NB : Je sais, j'ai mis maintes fois en lien la citation de Muray mais elle est tellement pertinente qu'il faut bien la remettre, la pédagogie étant dans la répétition) qui soit si possible « issu de la diversité » (TM°), favorable à la GPA, aux communautarismes et pas trop exigeant sur le plant de la pratique religieuse.

Les catholiques dits « progressistes » de France et d'Occident, à savoir qui se soucient surtout d'une morale assez lâche, assez élastique, pour les conforter dans leurs quelques errements moraux, d'une foi qui soit surtout sociologique, évoquant de temps à autres les « chtits n'enfants n'africains » sans pour autant se soucier de la pauvreté dans leur quartier, à leurs portes voire dans leur famille, ces croyants là vont appeler de leurs vœux l'avènement d'un pape du Tiers Monde, un pape selon leurs caprices également, pas trop regardant sur les traditions de l'Église.

Ces croyants « sociétaux » se considérent de fait beaucoup plus intelligents que les autres croyants durant 2000 ans d'histoire, oubliant qu'ils font aussi partie de cette « cour des miracles » de petites gens, de pauvres, de personnes toutes simples ayant la « foi du charbonnier », de « pauvres types » que sont tous les chrétiens, comme leurs autres congénères humains, tellement éloignés de toute altérité profonde et réelle.

Des exégètes médiatiques doctes et distingués vont lui distribuer quelques bons points oubliant l'essentiel, ce qu'il a apporté à l'Église mais aussi au reste du monde.

Odon Vallet par exemple trouve cela « juste et courageux », nous ne ferons bien sûr pas l'injure de rappeler son âge (66 ans) à monsieur Vallet qui a largement dépassé l'âge théorique de la retraite.

Grand bien lui fasse d'être encore aussi actif et surtout aussi pertinent que Benoît XVI quand il évoque le danger de l'intégrisme religieux au Liban, faisant l'éloge des aspirations incontestables à la liberté des peuples arabes, à l'automne de sa vie !

Si j'ose dire la plupart de ces commentateurs ont toujours à la bouche ce petit capuchon de latex prophylactique qui les obsède littéralement et ce qu'en dit l'Église. A parcourir les premières dépêches sur le Réseau, c'est le premier sujet qui semble les intéresser suite à la démission du Souverain-Pontife...

Ils se fichent complètement du reste du discours, à savoir ce qu'a écrit Benoît XVI sur le libéralisme et ses méfaits dans « Caritas in Veritate » ou ce qu'il écrivait sous le nom de Joseph Ratzinger dans « le Sel de la Terre », qui est un livre hélas méconnu qui montre toute la pertinence de la pensée de ce pape quant à la modernité, et ce malgré les préjugés et les idées reçues qu'il y a pu avoir sur lui à son élection.

De par cette obsession du petit morceau de cahoutchouc sanitaire, il a subi des tombereaux d'injures et de boue qu'il n'est pas utile de répéter ici...

Rappelons à toutes fins utiles ce qu'il a dit justement sur le préservatif, en admettant l'usage.

Le capuchon de latex les obsède car dans leur attitude libertaire qu'ils affichent constamment, ils ressentent encore parfois un reste de culpabilité à coucher à droite à gauche, et à chercher à continuer de jouir « sans entraves », culpabilité qu'ils attribuent au Pape et aux croyants.

Sentiment qui les gêne beaucoup car cela les pousse à se questionner sur leur attitude, ce qui est reconnaissons-le, fatiguant...

Bernanos dans « La France contre les robots » évoque déjà cette haine contemporaine de toute espèce de vie intérieure qui passe forcément par ce genre de questionnement justement sur le sens des actions que l'on commet envers les autres.

Il écrivait :

« On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure »

C'est toujours d'actualité.

J'avais trouvé pour ma part un signe remarquable la présence de tous les patriarches des églises orientales lors de la célébration des obsèques de Jean-Paul II, un signe de réconciliation et de paix, un signe d'encouragement à la fraternité et à la solidarité des catholiques qui en ont parfois bien besoin également alors que subissant dans les pays dits développés une persécution larvée qui devrait les pousser à rester ensemble car pour les nouveaux adversaires du catholicisme un bon catholique est un catholique qui ferme sa gueule ou que l'on ne voit pas.

A Dieu donc Benoît XVI...

Illustration prise sur le site de lefigaro.fr


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