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Histoire de Rosa qui tint le monde dans sa main, de Bernard Ollivier. Ou la femme qui juge les hommes.

Par Feedbackbaby
Histoire de Rosa qui tint le monde dans sa main, de Bernard Ollivier. Ou la femme qui juge les hommes.
Quand vient le soir et que mes pieds sont gelés sous la couette à cause de ces températures abominables, j'ai tendance à lire des bouquins qui m'émoustillent. Pas besoin d'attendre le printemps pour rêver aux batifolages les plus fous !
Pourquoi lire Histoire de Rosa ?
** Parce que c'est un récit dont, à la vue de la couverture sobre, on ne devinerait jamais la teneur. L'héroïne, Rosa, belle petite donzelle âgée de 23 ans, va prendre le dessus sur les hommes de son village normand en se faisant juge... de leurs performances sexuelles ! Nous sommes en 1902, et les campagnes sont traversées par des débats houleux sur, entre autres, l'affaire Dreyfus et la laïcité. Tout n'est qu'affaires d'hommes. La femme fait figure de trophée, bonne à vivre à la maison pour s'établir en cuisine et élever les mioches. Mais Rosa, elle, n'est pas du genre à se laisser faire : mariée à un homme plus âgé atteint de la tuberculose, elle ouvre un café clandestin pour survivre. En ce lieu se réunissent alors les hommes les plus influents du coin pour se livrer à des jeux, des vantardises et des engueulades politiques. Un soir, enivrés par l'alcool, ils  décident d'organiser un concours pour savoir lequel d'entre eux est le meilleur au lit. La somme à gagner est colossale. Rosa se résout à devenir l'arbitre : chacun de ces 9 hommes devra passer trois nuits dans son lit pour lui prouver ses qualités viriles. Une sacrée responsabilité, même pour une seule femme !
** Parce que Bernard Ollivier (l'auteur), en situant son intrigue dans les années 1900, souligne avec beaucoup de justesse la dure condition des femmes à cette époque. Leur parole n'avait aucun crédit, elles ne votaient pas et devaient la fermer quand leur homme allait tremper leur biscuit chez la voisine. De quoi faire pâlir une féministe ! Et pourtant, Rosa sera la femme qui "tiendra le monde dans sa main", bousculant sans ménagement les préjugés, quitte à se faire traiter de catin à tous les coins de rue. Une avant-gardiste qu'on regarde évoluer avec un mélange d'inquiétude et de bienveillance.
** Parce que, derrière cette histoire choc d'une femme acceptant d'accueillir entre ses jolis cuissots tous ces bonhommes, il y a une romance... Oui, une histoire d'amour... insoupçonnée ! Je n'en dirais pas plus, moi qui ai été très surprise de la tournure que prenaient les événements au fil des pages !
Pourquoi je vous le recommande ?
Pour ne rien vous cacher, il s'avère que j'ai découvert ce livre dans le cadre du boulot, lorsque j'ai commencé mon nouveau contrat en janvier. À peine arrivée à la rédaction, j'ai trouvé l'ouvrage sur mon bureau avec un post-it de la rédac' chef : "Interview de l'auteur à 14h". Autant dire que c'était du rapide ! Heureusement, j'avais la fiche de l'éditeur à ma disposition, car il m'aurait été impossible d'avaler le roman tout rond en une matinée. Pendant l'interview, j'ai compris que ce roman me plairait quand Bernard Ollivier m'a confié qu'il admirait énormément la gente féminine, au point que l'idée d'écrire ce livre sur la revanche d'une femme lui est venue durant sa traversée à pied du désert de Gobi. Il pensait alors à la condition des femmes du Maghreb, qu'il trouvait similaire à celle des femmes des années 1900. Mais, dans son roman, il souhaitait montrer l'image d'une héroïne forte et intelligente, qui saurait trouver la faille... "Elle se sacrifie par amour", m'expliquait-il. De quoi m'intriguer...
Et c'est au cours de ma lecture, parvenue dans les pages au contenu olé-olé, que je me suis vraiment rendue compte du talent de cet auteur. Le plaisir qu'éprouve charnellement Rosa avec chacun de ses partenaires est si bien décrit que l'on oublie qu'il s'agit des mots d'un homme. Comment Bernard Ollivier s'y est-il pris pour savoir ce que l'on peut ressentir en tant que femme dans les bras de notre amant ? Vraiment impressionnant.
Mais ce qui m'a le plus touchée dans cette histoire reste le personnage de Rosa : j'aimerais avoir sa force de conviction, sa répartie et savoir, tout comme elle, imposer le respect chez les membres du sexe opposé. Ce qui n'est pas gagné, même au XXIe siècle... n'est-ce pas ?


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