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Par Librairiecamillesourget @CamilleSourget

Livre semaine Hugo Voltaire web 500x151 Nos dernières acquisitions

« Édition originale de l’un des drames les plus célèbres de Victor Hugo
(Carteret).

HUGO, Victor. Lucrèce Borgia, drame.
Paris, Eugène Renduel, 1833.

In-8 de xi pp., 1 frontispice, 192 pp. Relié en demi-maroquin rouge à coins, dos lisse orné d’un décor doré. Reliure signée Thierry, successeur de Petit-Simier.

 204 x 126 mm.

Edition originale de première émission, d’une grande rareté, de « l’un des drames les plus célèbres de Victor Hugo »  (Carteret).
Vicaire, IV, 278 ; Carteret, I, 404 ; Clouzot, p. 146 ; Talvart, IX, p.23 ; Bulletin Morgand et Fatout, 8304.

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L’édition est ornée d’un beau frontispice gravé à l’eau-forte par Célestin Nanteuil tiré sur Chine et contrecollé.

Victor Hugo rejette les règles du théâtre romantique classique. Il aspire à refléter les revendications populaires. Son œuvre est le miroir de son engagement politique :
« Le théâtre a de nos jours une importance qui tend à s’accroitre sans cesse avec la civilisation même. Le théâtre est une tribune, le théâtre est une chaire. Le drame a une mission nationale, une mission sociale, une mission humaine. »
Hugo se sait responsable : « Le poète aussi a charge d’âmes. Il ne faut pas que la multitude sorte du théâtre sans emporter avec elle quelque moralité austère et profonde ».
Il ne veut « développer sur la scène que des choses pleines de leçons et de conseils » car « toute œuvre est une action. »

« ‘Prenez la difformité morale la pus hideuse, la plus repussante, la plus complète ; placez-la où elle ressort le mieux, dans le cœur d’une femme, avec toutes les conditions de beauté physique et de grandeur royale, qui donnent de la saillie au crime : et maintenant mêlez à toute cette difformité morale un sentiment pur, le plus pur que la femme puisse éprouver, le sentiment maternel ; dans votre monstre mettez une mère ; et ce monstre intéressera, et le monstre fera pleurer, et cette créature qui faisait peur fera pitié, et cette âme difforme deviendra presque belle à vos yeux’. Voilà le sujet, d’après l’auteur. » (Dictionnaire des Œuvres, IV, p. 279).

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Représentée pour la première fois le 2 février 1833, Lucrèce Borgia, jouée au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, «chez le peuple», remporte un immense succès devant un public traumatise par prés d’un demi-siècle de révolutions et de guerres.
La pièce est jouée avec Mlle Georges et Frédérick Lemaître dans les rôles principaux et « Mlle Juliette » dans celui de la princesse Negroni.
A peine quinze jours après cette représentation triomphale, débuta la longue liaison unissant Victor Hugo à Juliette Drouet que seule la mort interrompra.
Selon un critique du temps, «l’intérêt de la pièce fut plus fort que tout ; les classiques comme les romantiques voulurent savoir ce qui allait arriver ; il n’y eut plus d’auteur, ni d’acteurs ou de théâtre ; il y eut un fils qui allait être empoisonné par sa mère qui l’adorait… tout fut un entraînement et un emportement ; orchestre, galeries, loges, tout se leva et applaudit des mains et de la voix.»
Le roi s’amuse” ayant été interdit par la censure, Hugo produisit Lucrèce Borgia six semaines après, ce qui était une manière de dire son fait au gouvernement.
La pièce, en s’opposant ainsi au pouvoir, s’auréolait d’une dimension politique et dénonçait la duplicité dominant la politique.

Précieux exemplaire de première émission, conserve dans son élégante reliure en demi-maroquin finement décorée par Thierry successeur de Petit Simier.
En 1874, Thierry succède à Petit-Simier. Il dirigera seul l’atelier jusqu’en 1908.

Rare édition. Nos recherches ne nous ont permis de localiser que 3 exemplaires de cette première émission dans les Institutions publiques et bibliothèques françaises (Lyon, 2 à la B.n.f.).

Prix : 2 800 €

*****

Edition originale de ce pamphlet de Voltaire
dirigé contre le défenseur du christianisme, l’Abbé Guénée.

Exemplaire non rogné, conservé dans sa couverture muette d’attente.

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VOLTAIRE. Le Vieillard du Mont Caucase aux Juifs Portugais, Allemands et Polonois. Ou Refutation du Livre intitulé. Lettres de quelques Juifs Portugais, Allemands & Polonois, in-12, Paris 1776. Ouvrage attribué à un ami de l’Auteur de la Henriade, orné du Portrait de Mr. De V***.
Rotterdam, s.n., 1777 [1776].

In-12 de 1 portrait de Voltaire en frontispice, (2) ff., 296 pp. Très petite galerie de vers marginale pp. 193 à 200, faux-titre piqué. Conservé dans sa couverture muette d’attente, dos de papier cartonné bleu, dos lisse avec une pièce de titre en papier portant le titre manuscrit à l’encre, non rogné. Petit manque en tête et en queue du dos. Brochure d’origine.

185 x 108 mm.

Edition originale de cette réfutation par Voltaire des « Lettres de quelques juifs portugais et allemands à M. de Voltaire» de l’Abbé Antoine Guénée.
Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, IV, 1023 ; Bengesco n°1860.

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« Réfutation des ‘Lettres de quelques juifs, etc.’, de l’abbé Guénée.
Dès la première édition des ‘Lettres’ de Guénée, en 1769, Voltaire avait fait une courte réponse au savant abbé, dans l’article ‘Fonte’ des ‘Questions sur l’Encyclopédie’. Mais il revint à la charge en faisant imprimer, à la fin de 1776, le ‘Vieillard du Mont Caucase aux Juifs…,’ Rotterdam, 1777 (1776). Suivant l’usage reçu en librairie de dater de l’année suivante les ouvrages publiés dans les derniers mois de l’année, ce volume porte la date de 1777. En le faisant réimprimer peu après, Voltaire l’intitula ‘Un Chrétien contre six Juifs, etc.’, titre sous lequel il a été réimprimé, soit séparément, soit dans les Œuvres de Voltaire
. » (Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, I, 723).

 « La lettre qui termine ce volume est datée de Perpignan, le 15 septembre 1776, et signée : ‘La Roupilière’ ; c’est un des derniers masques de Voltaire. […] Réimprimé sous le titre de “Un chrétien contre six juifs”. » (Barbier).

Si Barbier et Quérard désignent le présent texte comme étant l’édition originale de la réponse de Voltaire, Bengesco pense quant à lui qu’il s’agit en fait d’une réimpression sous un titre différent du texte intitulé Un Chrétien contre six Juifs publié à Genève en 1777.
Il est en fait difficile de déterminer avec certitude l’antériorité de l’une ou l’autre de ces deux éditions.

Le présent ouvrage comporte en fait la réponse de Voltaire à l’abbé Antoine Guénée (1717-1803), qui publie, en 1769 des « Lettres de quelques Juifs, Portugais et Allemands…». Cette publication de l’ecclésiastique répondait à l‘article de Voltaire sur la Tolérance paru dans son Dictionnaire philosophique par lequel celui-ci attaquait le christianisme. Voltaire, à travers ses réfutations de l’Ancien Testament, visait toute la croyance occidentale.

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«Guénée publia en 1769 ses ‘Lettres de quelques Juifs…’ afin de répondre aux attaques de Voltaire contre le christianisme, reproduites sous toutes formes dans des pamphlets sans cesse renaissants. Le succès en fut complet, et les journalistes, comme le public, les Français comme les étrangers, admirèrent les connaissances et les modérations de l’auteur. Voltaire lui-même, dans quelques instants de sagesse, rendit justice au mérite de Guénée : ‘’Le secrétaire juif, dit-il, n’est pas sans esprit et sans connaissances, mais il est malin comme un singe : il mord jusqu’au sang, en faisant semblant de baiser la main’. (Lettre a d’Alembert). » (Quérard).

« Le 22 octobre 1776, Voltaire  écrit à d’Alembert : ‘Dites-moi…, je vous prie, quel est le chien de chrétien qui a fait trois volumes de lettres à moi adressées, sous le nom de trois Juifs.’ Et d’Alembert répond au patriarche le 5 novembre, que ‘le secrétaire de ces Juifs est un pauvre chrétien nommée Guénée, ci-devant professeur au collège du Plessis.’ Voltaire n’avait pas encore reçu la réponse de d’Alembert, lorsqu’il lui demandait, le 8 novembre, ‘le nom de ce docte janséniste qui a fait imprimer chez Moutard, trois scientifiques volumes contre lui, sous le nom de six Juifs.’ Voltaire travaillait à l’ouvrage intitulé : ‘Un Chrétien contre six Juifs’, à la fin de 1776 : il écrit à d’Alembert, le 18 novembre, ‘qu’il joue actuellement avec la souris nommée Guénée’ ; il ajoute que ‘ses pattes sont bien faibles et qu’il ne sait si ce combat du chat et du rat d’église pourra amuser les spectateurs.’»
Bengesco n°1860.

Exemplaire grand de marges car non rogné, conservée broché, tel que paru.

Prix : 1 250 €


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