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Grasset et la "mutualisation des risques"

Par Lise Marie Jaillant

Olivier_nora_2 Dans la série "surtout ne changeons rien, tout est parfait dans le meilleur des mondes", voilà ce que raconte Olivier Nora (le patron de Grasset) sur les agents littéraires:

Le métier des éditeurs repose avant tout «sur un système de mutualisation et de péréquation des risques», et [...] les profits dégagés sur certains auteurs permettent d'investir sur d'autres publiant une littérature plus difficile ou des essais plus exigeants sur lesquels la maison d'édition investit durablement. (Le Figaro, 10/04)

Qu'est-ce que Nora entend par des écrivains "difficiles"? La réalisatrice Jeanne Labrune, présentée comme une wannabe lambda ? Ou Yann Moix, dont le dernier roman ("Mort et vie d'Edith Stein") a collectionné les critiques négatives?

La vérité, c'est qu'Olivier Nora n'a qu'une trouille: une fois que les agents littéraires deviendront la norme en France, les éditeurs devront se battre pour garder leurs auteurs vedettes. Soit, dans le cas de Grasset, Frédéric Beigbeder, Alexandre Jardin, etc. D'où une augmentation des à-valoir à verser aux "stars".

Dans un tel système, les "auteurs dificiles" n'ont pas leur place (et tant mieux: qui a envie de lire Jeanne Labrune ou Yann Moix?)

Donc mon conseil à Olivier Nora: profitez bien de votre "système de mutualisation et de péréquation des risques". Ses jours sont comptés...


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