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"Haro sur le diesel !" - Sept français sur dix méprisés

Publié le 04 mars 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Depuis quelques temps déjà, c'est « haro sur le diesel », après « haro sur les cigarettes », sous prétexte de santé et d'hygiène publiques. Les radios, les médias, les journaux ne cessent d'interroger des « spécialistes » qui tous abondent dans le même sens...

Et monsieur Montebourg y retrouve sa stature de « chevalier blanc de gauche » de la politique, rôle qu'il avait un peu perdu après s'être ridiculisé face à Mittal ou aux patrons de l'usine « Goodyear » d'Amiens, et devant lesquels il a montré quelques rodomontads sans conséquences positives pour les salariés et donc surtout son impuisance manifeste.

Les objectifs sont nobles en apparence, mais au fond il s'agit surtout de gratter quelques impôts supplémentaires un peu partout en pénalisant ce qui reste encore des classes moyennes, tous ces ménages qui ne revendiquent pas souvent il faut dire, ne descendent pas dans la rue pour telle ou telle revendication communautariste, ne sont pas organisés en lobbies.

Les rares fois où quelques uns parmi eux manifestent, contre un projet de loi sociétale par exemple, ils sont de toutes façons largement méprisés et ringardisés, pointés du doigt comme « réacs », rétrogrades et ce malgré une réception élyséenne...

C'est aussi encore un exemple de l'idéologie sociale-libérale, festiviste, à l'oeuvre, et qui avait déjà conduit à quelques projets idéologiquement grotesques qui auraient pénalisé surtout les plus précaires, comme le péage à l'entrée de Paris pour les voitures les plus polluantes qu'avait préconisé Denis Baupin il y a un temps, ainsi que des autoroutes périphériques plus chères autour de Paris, propositions de nouveau évoquées par Bertrand Delanoé il y a peu...

Et de continuer à pratiquer la même politique clientéliste en caressant dans le sens du poil les électeurs écologistes à défaut de retrouver la confiance des classes populaires qui sont parties sous d'autres cieux électoraux, en particulier au FN, où elles restent, la plupart des commentateurs de la « bonne presse » n'y voyant pas malice et parlant encore de « vote protestataire ».

Et puis il faut dire que les commentateurs se foutent du vote FN des classes populaires qu'ils méprisent, n'ayant pas de mots assez durs pour elles : « beaufs », « franchouillards », « ploucs » etc...

Bien sûr, il s'en trouvera parmi les partisans du gouvernement actuel pour chipoter sur la définition de classes moyennes. Il est certain qu'un ménage de la classe moyenne sera toujours plus riche qu'un allocataire du RSA tout comme un manchot qui a encore ses jambes a plus de chance qu'un « homme tronc ».

Tout est relatif et réciproquement.

Mais discuter sur la définition de la classe moyenne ne change rien à ce fait tout simple : la politique fiscale imposée par l'Europe appauvrit chaque jour un peu plus les ménages qui auparavant disposaient d'encore un peu de liquidités.

Ceux qui ergotent là dessus, faisant la « fine bouche » sont généralement issus de milieux sociaux matériellement confortables et ne craignant pas l'insécurité des revenus et de l'emploi, y compris pendant la retraite où ils bénéficient pour la plupart des « régimes spéciaux » et quelques autres -menus certes mais quand même- privilèges, pardon des « z-acquis sociaux » (TM°) que l'on ne peut remettre en cause sans risquer l'appel au risque de retour des « -z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) ou la remise en cause de la politique du CNR, ce ci montrant d'ailleurs au passage que la gauche vit depuis 45 dans un présent politique perpétuel.

L'exemple de cet engouement pour la conversion ou le remplacement des voitures « diesel », ce qui concerne sept français sur dix environ, ou 65% du parc automobile national, en est un bon exemple. Si les ménages achetaient une « diesel » c'était surtout pour conserver une indépendance de mouvements, que permet la voiture plus que les transports en commun encore en 2013 :

Les billets de trains sont de plus en plus chers à moins de répondre à des conditions tellement draconiennes que voyager à prix réduit devient progressivement impossible, y compris grâce aux bétaillères « new look » « Ouigo » (TM°).

Les cars en province ont le plus souvent des horaires aberrants, et des tarifs qui oscillent entre le prohibitf, aussi chers que le train, et le scandaleux. Du point de vue commercial, on parle alors « pudiquement » de nécessité de rentabilité, qui devient le seul point de vue des collectités locales censées mettre en place des infrastructures adéquates, ce qu'ils ne font plus depuis longtemps sur les « petites » lignes qui auparavant rendaient service.

Cette fichue nécessité de rentabilité permet des rentrées d'argent plus importantes et la réalisation de projets locaux plus ou moins pharaoniques confortant les édiles dans leurs prétentions à marquer leur législature : la construction d'une SMAC par exemple dans une ville déjà largement endettée.....

Même si sa conversion à l'économie de marché hyper-libérale, et à la nécessité de rentabilité rapide, est évidente, la gauche curieusement, même devenue sociale libérale, et sans percevoir l'hypocrisie de cette posture, reste empêtré dans ses postures de « gauche morale » voire « gauche olfactive » qu'elle limite maintenant à ses choix sociétaux, en particulier sur les théories du "Genre"...

illustration empruntée au site "web-automobile"


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