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London Book Fair: Prière de ne pas toucher les livres

Par Lise Marie Jaillant

Blake_morrison La London Book Fair, c'est un salon immense avec tout le gratin du monde de l'édition. On est là pour parler affaires, contrats, digitization, next big thing, publishing's future... Bref, pas le genre de trucs qui devrait m'intéresser. Mais il y a quand même quelques rencontres/ signatures avec des écrivains, donc je me suis décidée à aller y faire un tour.

"Avec un peu de préparation à l'avance, votre visite devrait bien se passer", prévient le website. Je m'avance donc avec mon badge et mon plan vers l'entrée "Earl's court 2" (il y en a trois en tout), je passe la sécurité, et une fois la porte franchie, je suis aspirée dans la fosse. Un type en costard me fonce dessus, je l'évite de justesse, je serpente entre les assistantes en pantalon noir et pulls cashmire, je longe les stands au pas de course. Au bout d'un moment, alors que je croyais m'être perdue, je tombe sur le "Literary café".

Enfin, heureusement que le panneau prévient que c'est un café littéraire. Pour moi, c'est juste deux fauteuils posés sur une estrade, avec des trois rangées de bancs devant.

Le pauvre Blake Morrison, l'auteur de "And when did you last see your father?", a du mal à se faire entendre. Son micro couvre à peine le bruit du salon, son fauteuil est à côté du passage, les gens s'arrêtent deux secondes et repartent. La fille devant moi, cheveux blonds filasse, pantalon noir et pull cashmire, feuillette un catalogue de chick lit en entourant ce qui l'intéresse ("Sluty bitch", "A girl's guide to finding Mr Right",...) Blake Morrisson parle de South London et des renards: "Avant de m'installer à Londres, je n'en avais jamais vu autant; ça pullule! ça pullule littéralement!" La fille blonde se lève, son catalogue à la main, sans jeter un coup d'oeil à l'estrade.

Le "talk" dure depuis cinq minutes, et mes nerfs sont déjà à bout. Je repars dans l'autre direction, je passe devant un champagne bar avec pleins de belles filles et de costards, puis devant des stands égyptiens, allemands, français, je repère le roman de Thomas Clément sur un étalage Diable Vauvert, je m'avance mais je sens que tout le monde me regarde.

"Prière de ne pas toucher les livres", c'est LA règle implicite de la London Book Fair. Je doute qu'aucun écrivain, ou simple lecteur, s'y sente à l'aise. Blake Morrison doit sûrement être de mon avis...


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