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La maison de chair, de Graham Masterton. Ou pourquoi il ne faut pas se moquer des légendes indiennes.

Par Feedbackbaby
La maison de chair, de Graham Masterton. Ou pourquoi il ne faut pas se moquer des légendes indiennes.
Le principe du livre d'horreur est de vous priver de nuits de sommeil relativement calmes et apaisées. Quand j'étais une pré-ado en crise, je me fichais éperdument d'être déphasée par la lecture d'affreux romans. Je lisais essentiellement du Stephen King : son imagination débordante me fascinait. Comment pouvait-il inventer des histoires aussi flippantes ? (cela m'a coûté quelques cauchemars particulièrement féroces et persistants). Un jour, j'ai fini par dire à ma mère que j'arrêtais de me droguer au King. "Il faut être sacrément frappé pour pondre des intrigues pareilles !" me disais-je. Mais c'était surtout sa manie de décrire longuement la vie des personnages avant de les faire mourir aussitôt qui avait fini par me lasser... Avec Graham Masterton, c'est une autre paire de manches : de la première à la dernière ligne, on est méchamment happé(e). Très, très... méchamment.
Pourquoi lire La maison de chair ?
** Parce que l'angoisse y suinte dès les premières pages. John, employé aux services techniques de la ville de San Francisco, reçoit un jour la visite d'un petit monsieur étrange. Celui-ci lui avoue que sa maison lui fait peur, lui expliquant qu'il entend "respirer" dans les murs. Évidemment, John n'y croit pas. Pourtant, poussé par un ami, il se rendra dans la sombre demeure. Là-bas, il y découvrira le pire : Coyote, le plus pervers des démons indiens, a investi les lieux et cherche à reconstituer son corps pour répandre sa malfaisance sur le monde. Son scepticisme "d'homme blanc" mis au placard, John devra recourir au pouvoir d'un vieil indien afin de parvenir à stopper le hideux démon.
** Parce qu'on bondit d'indignation face à la bêtise des "blancs" qui croient pouvoir maîtriser une force ancestrale en usant de leur force militaire. Car ce n'est pas une arme qui viendra à bout du démon... bien au contraire ! À l'instar de Coyote, John et son ami indien devront ruser...
** Parce que Masterton écrit vraiment bien. Le récit coule tout seul, on s'y sent à l'aise. En commençant le  livre par "C'est ma maison, elle respire", il réussit à vous embarquer dare-dare dans son délire. 
Pourquoi je vous le recommande ?
C'était efficace. J'ai eu du mal à m'endormir la première nuit (je surveillais les bruits de la maison de ma logeuse, confondant presque le bruit du vent à celui d'une respiration sinistre !) Ce livre était mon premier roman d'horreur depuis un an ou deux, alors autant vous dire que tous mes sens étaient en alerte dès que j'en ai commencé la lecture ! Pendant les 3 premiers chapitres, on se demande longuement ce qui va se produire dans cette drôle de baraque (même si on sait pertinemment qu'elle est hantée). J'arrivais à m'imaginer le décor : murs sombres, escalier en colimaçon, statues et tableaux étranges, une atmosphère lourde à vous en faire perler des gouttes de sueur dans la nuque... (j'exagère ? bon, j'exagère.) Bien sûr, petit à petit, j'ai commencé à moins baliser : on sait que Coyote est un infâme démon adepte des tortures dégueulasses, on finit donc par s'y habituer. Ah et, j'oubliais : la note de l'auteur en prélude précise que, durant tout le processus d'écriture du livre, il ne lui serait arrivé que des bricoles. Cette mention ne m'a pas rassurée outre mesure (d'autant plus que je partais en avion pour Rome deux jours plus tard...). Merci, Masterton !
La maison de chair, de Graham Masterton. Ou pourquoi il ne faut pas se moquer des légendes indiennes. (Ce livre est inscrit dans le challenge "Au-delà de la peur" auquel je participe)

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