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L'histoire revue et corrigée de modernes Siddhartha

Publié le 16 avril 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

On se souvient de l'histoire du prince Siddhartha qui sortant de son palais pour découvrir le monde comprit dans 

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quelle misère vivait l'humanité, la pauvreté qu'elle subissait pour son plus grand nombre, ses souffrances, la colère, la guerre, la haine. Ensuite, comme c'était une pointure, il se mit à méditer pour ne plus voir le malheur, la sottise et la violence décidant que tout cela n'existait pas.

En gros, il a fait un beau déni de réel, Siddhartha était européiste et social libéral il faut dire.

Il est d'autres Siddhartha, modernes, nés dans des familles catholiques traditionalistes, aisées financièrement. L'on y déteste « la gueuse », la République, mais on aime bien quand même que sa progéniture fasse partie de ses élites, à la place des représentants du peuple dévoyés par des décennies de propagande judéo-socialisto-météco-maçonnique (au choix le complot, selon l'humeur).

A ces jeunes Siddhartha, l'on a bien fait comprendre que le monde était mauvais, à la solde des méchants, que les femmes modernes étaient diaboliques, et les catholiques actuels des mécréants à peine chrétiens, des païens décadents.

Et puis, ces jeunes hommes, et jeunes femmes, ont grandi, ils ont découvert le monde, sont sortis de leur milieu protégé comme le prince de son palais, et se sont aperçus, ô miracle, que le monde n'était pas si diabolique que ça, qu'on leur avait raconté beaucoup d'histoires sur ce point. Ils s'aperçoivent qu'ils peuvent être amis avec des personnes de gauche sans que cela ne les entraîne vers la damnation, ils voient très vite que les femmes qu'ils croisent qui n'ont jamais fait de « rallyes »1 de leur vie ne sont pas toutes des traînées.

C'est un fait acquis dés le départ auraient-ils dû comprendre, le monde, tout comme les êtres humains, n'est ni tout blanc ni tout noir, il n'y a guère que des nuances de gris, et quant aux idéaux de gauche comme de droite ils sont bien souvent solubles dans l'avidité personnelle des uns ou des autres.

Ces jeunes Siddharta font alors une sorte de crise post-pubertaire à retardement, contre le père et toutes les valeurs qu'on leur avait inculqué jusque là, parfois à trente ans passés.

Ceux qui n'ont aucun talent particulier se contentent d'aller dans des bars à hôtesses en prétextant des voyages d'affaires, ceux qui ont une « plume » chercheront désespérément à se justifier leur révolte bien anodine au fond en se cherchant parfois des grands ancêtres, une étiquette qui soit à la fois flatteuse et sympathique aux yeux du monde et à leurs yeux.

Il en est qui invoqueront un « anarchisme chrétien », d'autres « l'écologie humaine » ne comprenant pas que les idéaux qu'on leur avait transmis étaient parfois largement tout aussi émancipateurs dés l'origine, allant jusqu'à se tirer une balle dans le pied en se coupant à la fois de leur famille d'idées et de celle du "camp d'en face".

Ils préfèrent souvent jeter le « bébé avec l'eau du bain » mettant dans le même sac l'hypocrisie sociale intrinsèque de leurs milieux sociaux et les idées qui y sont affirmées comme autant de prétextes, ce qui n'est pas l'apanage de ces milieux de droite, on trouve beaucoup d'hypocrites dans la bonne bourgeoisie de gauche, hypocrisie qui au final revient au même dans les deux cas et semble finalement ontologique à cette classe sociale au pouvoir en France depuis deux siècles et quelques poussières.

1Un « rallye » permet aux jeunes éléments des « bons » milieux de se choisir entre personnes du même monde afin d'éviter les « mésalliances »

illustration : oeuvre d'Alain Jacquet prise ici


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