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Le refuge de la pensée dans l’instrument

Publié le 20 avril 2008 par Jeromebondu
Claude Revel, qui intervient jeudi 24 au Club IES (voir l'annonce) a signé un beau billet posté sur le blog IE des Echos.  Je vous en livre les premiers paragraphes, … pour vous inciter à lire la suite.  Jérôme Bondu ----------------------------------------------  Le procès du "process"   "Plus de 10 ans après le rapport Martre, l’intelligence économique s’est répandue en France. Mais elle est aujourd’hui trop souvent comprise selon deux spectres aussi réducteurs l’un que l’autre : celui de la sécurité, avec les dérives affichées ou réelles vers le roman d’espionnage, et celui de la nouvelle théorie de management, souvent présentée -et enseignée- comme un kit d’outils. Il y aurait beaucoup à dire sur le premier sujet mais l’objet de ce billet est le second.   Selon nous, l’intelligence économique doit servir une politique, privée ou publique, par une vision à long terme, parfaitement informée, anticipatrice, intégrant des approches diverses et leur donnant du sens, permettant ainsi un choix éclairé. Par expérience, cet objectif ne peut être atteint par des indicateurs et grilles. Ceux-ci peuvent au mieux servir d’outils préparatoires à une analyse reposant sur des raisonnements, voire des intuitions, fondés, eux, sur une solide culture transversale, historique, sociologique, et bien sûr technologique si le sujet s’y prête.   La dérive techniciste ne touche pas que l’intelligence économique. Dans tous les domaines stratégiques, la tendance est à trouver refuge dans le quantitatif, le mesurable, au détriment du qualitatif. Cette approche est parfois maîtrisée : en témoigne l’utilisation par certains de nos concurrents de critères de classement, de notation, etc. Dans ces cas, il s’agit vraiment d’IE car l’outil est manié avec intelligence. Mais nos décideurs français semblent souvent, eux, y croire sans recul.   C’est le refuge de la pensée dans l’instrument, qui se manifeste par la production de modèles de plus en plus élaborés, dont la sophistication croissante est inversement proportionnelle à leur caractère explicatif et stratégique. Cette forme d’esprit est promue par les économistes et juristes anglo-saxons qui sont aujourd’hui parvenus à incarner la modernité. Adoptée sans réserve par nos brillants technocrates, elle fait d’eux la proie idéale des instituts et cabinets vendeurs de normes et « process » de tous ordres. Elle détourne l’esprit français de ce qu’il a de meilleur, la distinction entre la fin et les moyens. A terme, elle conduit à une déresponsabilisation humaine, puisqu’on fait une confiance aveugle à des grilles d’indicateurs ou à des procédures pour affronter les risques. Cela conduit d’un côté à des grains de sable qui enrayent des stratégies, par exemple des déconvenues venant de partenaires culturellement différents, et d’un autre côté, à des dérives individuelles dans des sociétés bardées de normes internes (voir l’actualité bancaire)..." Claude Revel Suite

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