Magazine Culture

Ecrire sur le réel

Par Lise Marie Jaillant

Ecrire sur le réel Un père qui enferme sa propre fille dans la cave de la maison familiale pendant 24 ans et lui fait sept enfants, ça paraît invraisemblable. De la mauvaise fiction, en somme.

Tout cela me fait penser à l'excellente préface de "Bonfire of the Vanities" (à télécharger ICI), où Tom Wolfe revient sur le déclin du roman réaliste dans les années 1960. Pourquoi les écrivains américains ont-ils si peu parlé de la guerre du Vietnam, des Black Panthers, et autres luttes féministes ? Pourquoi le cinéma a-t-il su parler du monde, dans des films comme "Apocalypse Now" ou "Taxi Driver", quand la littérature végétait ?

"Toute une génération de jeunes écrivains sérieux a tiré la leçon des lamentations de [Philip] Roth: il était temps de détourner les yeux [du monde réel]. Tenter un roman réaliste de l'envergure des Balzac, Zola ou Lewis fut dès lors vu comme absurde. A partir du milieu des années 1960, il fut non seulement admis que le roman réaliste n'était plus possible, mais aussi que la vie américaine ne méritait plus le terme "réel". La vie américaine était chaotique, fragmentaire, sans continuité; en un mot, absurde. [...] Le soit-disant monde réel de l'Amérique était devenu fiction"

La thèse de Tom Wolfe est simple: le monde réel peut nous paraître tellement chaotique qu'il en devient irréel. D'où la tentation de se réfugier dans une tour d'ivoire, et de se concentrer sur le style, le "travail des mots". Faire des belles phrases et ne parler de rien, en somme.

Mais Tom Wolfe nous appelle à repousser cette tentation, et à nous salir les mains dans la réalité. Et c'est vrai que l'histoire de la séquestration en Autriche est une pure source d'inspiration...


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Lise Marie Jaillant 301 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines