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Semi marathon de karlsruhe: debridage a l'allemande (h2)

Publié le 24 septembre 2013 par Marathonien67
Semi-marathon de Karlsruhe
DÉBRIDAGE À L'ALLEMANDE (H2) 
Après la petite escapade en Lorraine, c'est en Allemagne que je me suis retrouvé ce dimanche. Changement de lieu, changement d'histoire. Changement de distance également, puisque cette fois c'est sur semi-marathon que je me suis aligné. Et changement de météo aussi, puisque après la pluie du week-end dernier, un soleil généreux était cette fois de la partie. Le parapluie est donc resté au placard. Souhaitons qu'il n'en ressorte pas avant la Saint-Glinglin. Ça nous fera le plus grand bien.
SEMI MARATHON DE KARLSRUHE: DEBRIDAGE A L'ALLEMANDE (H2)
Le plan d'entrainement établi pour les championnats de France de marathon prévoyait un semi-marathon pour ce week-end. Je l'ai donc suivi à la lettre. Je ne suis pas venu à Karlsruhe par hasard. Si j'ai choisi cette épreuve, c'est parce j'avais constaté qu'elle se gagnait souvent autour des 66-67mn, et que le parcours proposé était performant. Je l'ai aussi choisie parce qu'elle se déroulait tout près de chez moi (Karlsruhe ne se trouvant qu'à 95km de Strasbourg). Ce qui m'évitait un déplacement trop coûteux en temps et en énergie. J'ai donc renoncé sans regrets à courir le championnat de France de semi-marathon prévu le même jour du côté de Belfort. (J'avais pris part aux deux dernières éditions, en terminant 7ème français à Bois Guillaume en 2011, puis 10ème français l'an passé à Nancy).  J'ai également renoncé à courir le semi-marathon des « Foulées des 4 portes » à Rosheim, que j'avais remporté l'année dernière, parce que le parcours propose un profil un peu casse-pattes que je ne retrouverais pas lors du marathon de Toulouse, au contraire de celui de Nice l'année passée. Cette fois, j'ai donc voulu faire les choses différemment. Et pour effectuer une sortie sur un rythme de 3mn10-15sec au km, Karlsruhe convenait mieux. Là-bas, j'allais pouvoir courir sur un tempo régulier, sans rencontrer de difficultés. Un petit débridage à l'allemande, y'a rien de mieux.
  
En arrivant à l'Europahalle de Karlsruhe avec mon ange gardienne, je passe retirer mes documents de course au stand. J'hérite du dossard « H2 ». Tiens donc. Ça me rappelle quelque chose ça... Ah, ça y est. J'y suis. C'est un bidule tout terrain blindé fabriqué par les amerlocs. Une grosse caisse en somme. En entrant dans le Halle, je reconnais de suite l'endroit. Il y a quelques années, je venais parfois ici avec mon frère pour effectuer quelques séances sur la piste couverte. Un outil que nous n'avons pas encore sous la main en Alsace (sous le pied non plus). Mais l'espérance fait vivre. Alors espérons.
Sachant que mon frère a déjà remporté le meeting international qui se coure ici pendant  la saison hivernale, je me dis que ça serait bien de l'imiter en gagnant le semi-marathon. Alors quand le coup de feu retentit, et que les 10 000 participants sont lâchés dans la ville, je suis motivé et déterminé. D'entrée de jeu, j'accroche la locomotive de tête composée de champions locaux, que je ne connais pas.  
 
Dans ce semi de préparation, j'espère avoir de bonnes sensations. Il faut que les jambes tournent correctement, que je me sente à l'aise au train. En attendant de plonger dans les eaux profondes du bassin de 42, je dois emmagasiner de la confiance. Ce semi marathon sert à cela. La présence de plusieurs concurrents affichant de bonnes perfs sur la distance va surement m'aider à réaliser une sortie de qualité dans l'optique du marathon. J'y crois.
 
SEMI MARATHON DE KARLSRUHE: DEBRIDAGE A L'ALLEMANDE (H2)L'écrémage se fait vite. Nous ne sommes rapidement plus que cinq à nous disputer la victoire (5km atteint en 16mn). Et au passage aux dix bornes (32mn10) que j'espérais atteindre plus rapidement, nous nous retrouvons déjà à trois. Le train est régulier, et ça c'est une bonne chose. Nous nous relayons bien, avec les copains d'outre-Rhin. Même si on sent bien que ça joue la gagne. Excepter les quelques ponts à enjamber, le parcours est propice à la performance, même si ce n'est pas le plus rapide que j'ai connu dans ma carrière. Le public est nombreux dans les rues. Les applaudissements fusent à notre passage. Je me ravitaille à chaque poste, en mode « simulation-marathon ». Même si les gobelets ne sont pas pratiques pour se réhydrater, j'approuve tout à fait, le fait que certaines épreuves jouent à fond la carte écolo.Tant pis pour mon gosier. Je survivrai. 
  
Au 14ème km, je prends la tête des opérations, et nous passons au 15ème en 48mn17s – dans un petit moment d'euphorie peut-être? J'accélère et prends quelques mètres à mes camarades. Mais ils recollent aussitôt, l'un après l'autre. Puis, aux abords du 17ème kilomètre, sur une accélération franche de Marcel Brautigam, notre groupe explose. Sans doute à cause de mon attaque avortée, je suis mis en difficulté et je ne peux plus suivre l'allure impulsée. (Le vainqueur a couru la seconde moitié de l'épreuve plus vite que la première). J'accompli tout de même le second dix bornes en 32mn22, à peine douze secondes moins rapidement que le premier. Mais ça n'est pas suffisant pour remporter la course. Le final, avec les derniers mètres sur la piste adjacente à l'Europahalle, est sympa à vivre. Les tribunes sont pleines à craquer, et le public enthousiaste. Ils nous portent littéralement vers l'arrivée. En entamant les dernières foulées, je prends le temps de savourer. Et je franchis la ligne en troisième position, avec un chrono figé à 68mn12s. Ce qui est un temps correct compte tenu des conditions de course.

Au final, je suis assez satisfait, même si la gagne était je pense à ma portée. C'est toujours sympa de monter sur le podium d'une course rassemblant autant de monde. Même la télévision est là. Le speaker me tend un micro, mais j'ai un peu de mal avec la langue de Merkel. Alors je cherche les mots. Heureusement mon ange gardienne est là pour traduire mes paroles. On nous dépose une couronne de lauriers sur le crâne, un peu comme au marathon de Boston. La mise en scène est géniale. L'organisation est réglée au millimètre. Aucun détail n'est négligé, de la remise des dossards jusqu'à la remise des prix. Un grand bravo à l'équipe qui met sur pied cette manifestation d'envergure. Ici, le coureur se sent comme chez lui, on le respecte.Il est chouchouté. 

 
Après la course, pour se restaurer, on trouve tout ce qu'il faut dans l'Europahalle. C'est bien, car ça évite d'attendre des heures pour recharger les batteries. Franchement, j'ai vraiment le sentiment d'avoir fait le bon choix en venant courir à Karlsruhe. Je ne le regrette pas. Maintenant je vais continuer de bosser à l'entrainement. Un autre semi-marathon est prévu à Lyon dans deux semaines. Au bout, j'espère que la perf sera au rendez-vous.
Résultats semi-marathon de Karlsruhe 22.sept 2013
SEMI MARATHON DE KARLSRUHE: DEBRIDAGE A L'ALLEMANDE (H2)1 Bräutigam Marcel Guts-Muths 01:07:28
2 Giesen Boris Phönix Geilenkirchen 01:07:51
3 Baala Samir (FRA) Karlsruhe 01:08:12
4 von Wartburg Geronimo LG Kreis Verden 01:09:56
5 Förster Jan TV Rheinau Mannheim 01:10:18
6 Müller Matthias Team Exotenwald Weinheim 01:11:22
7 Kirchner Torben TV Refrath 01:13:13
8 Walther Martin (CHE) LC Schaffhausen 01:13:20
9 Pieczarek Sebastian MHK  01:13:32
10 Steinert Stefan LG Kreis Verden 01:13:34
 





H2

Il y a les magnats de la finance, et y'a les forçats du bitume. Il y a ceux qui kiffent les clashs, et fument du Hash en écoutant des chansons d'Arthur H. Et ceux qui sont fascinés par les exploits d'Armel Le Cléac'h. Y'a ceux qui s'habillent chez H&M, et vivent en HLM. Et puis, y'a ceux qui roulent en H2, se sapent chez Hermès, et inventent des formules du genre H2O. À côté de ça, il y a les footeux qui jouent en Ligue 1, et ceux qui poussent le ballon en DH. Moi, j'suis un avaleur de macadam. Et à défaut d'avoir chopé l'virus H1N1, j'ai pécho le virus « course à pied ». Je me prénomme Samir. Mais mes amis m'appellent H2. 
SEMI MARATHON DE KARLSRUHE: DEBRIDAGE A L'ALLEMANDE (H2)
En ce moment, chaque enseigne y va un peu de son slogan. Entre les « Run ton slip » et les « Go bardes or go chômes ! », facile de trouver une formule motivante pour se dépasser en compètes où à l'entrainement. Tous ces slogans sont certes un poil moins agressifs et rentre-dedans que le traditionnel « Bouge ta graisse!» mais tout aussi efficaces. Un slogan accrocheur, à l'heure du web 2.0, il fallait que j'en trouve un moi aussi. Histoire d'être tendance quoi. Marre de passer pour un coureur-simple dans un monde de « runner-winner ». C'est vrai quoi, mince. Enfin bref. Désormais, mon slogan sera : LAUF TA LIFE. Une accroche frappante multilingue. Trois mots qui vont les rendre dingues. Celui-là, même le Fred Beigbeder n'y aurait pas pensé. Même lui, n'aurait pas fait mieux. Et pourtant, il parait que la coke stimule bien l'imagination. Il faut croire que les endorphines aussi. Mon slogan, j'en suis fier ! On n'a pas fait mieux depuis le fameux : « Si t'as pas d'amis, prend un Curly ! ».  
Mon slogan se compose de « lauf » qui en allemand signifie « course/courir », de l'adjectif possessif « ta » qui chez les french, s'utilise dans des phrases du genre
« Ta gueule !!! » et du mot « life » qui en english langage veut dire « vie ». LAUF TA LIFE. Avec ce slogan de marchands de chaussettes en poche, je pense être dans l'coup à présent. Dans l'coup... Comme cet adepte du minimalisme qui sort le camelbak pour faire cinq bornes, ou comme ce spécialiste du rétro-running (course en marche arrière) qui use d'ingéniosité pour entrer dans le « Guinness des records ». Dans l'coup, encore, comme cet aventurier des cimes, qui n'oublie pas d'amener son i-phone quand il part en virée dans l'Himalaya (même si y'a pas de réseau). Juste histoire de rester en contact avec l'humanité. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour refourguer de la camelote où un bouquin aux gogos. C'est l'hôpital de la débilité qui s'fou de l'authentique charité. « Quand c'est trop c'est Tropico ! ». Aujourd'hui, on nous vend du rêve mais les tropiques ont des allures d'attrape-nigaud. Les accessoires de beauté c'est bien jolis-jolis mais ça ne fait pas avancer le schmilblick. Si juvasibien ce n'est pas grâce à Juvamine. Si juvabien, c'est juste parce que le sport, ça me dis pas seulement le samedi. Et parce que je surfe plus sur le bitume que sur le net. Et oui, «No pain, no gain ». Si t'as pas d'amis, t'emmerdes pas, prend un Curly, ça t'évitera d'passer des heures devant ton écran d'ordi. 
Un jour, le marquis de l'Iceberg, il a eu une idée de génie: réunir tous les ploucs de la terre sous une seule et même bannière. En 2004, à l'université de Star Wars, avec trois de ses amis étudiants, des fumeurs d'herbes un peu hackers sur les bords, il a inventé la plus belle histoire du wouaib: le réseau Faceplouc. Et depuis, grâce à lui, on vit tous dans un monde virtuel.
Personnellement, vu que j'ai du mal avec les êtres humains lobotomisés et plus particulièrement avec les virtuels-Ploucs, je me suis pas encore jeté à l'eau (et je le ferais jamais, parce que j'sais pas nager). Du coup, j'lève mon pouce que dans la vraie vie. Mais vu que mon meilleur pote s'appelle Mabrouk, si demain j'ouvre un compte Faceplouc, j'ai direct 30 millions d'amis. En attendant, je me contente de courir, et d'être le cheveu dans la soupe de légumes Skymachintruc. 
H2
 
"Requiem pour encre fine"https://www.youtube.com/watch?v=yggv4a0VrN0
 
( Photos: 1) Sur le podium avec la couronne de lauriers. 2) Dans le groupe de tête avec le futur vainqueur qui porte le dossard H11. 3) Juste avant de pénétrer sur la piste du stade pour en finir avec ce semi.)


Un grand merci aux organisateurs et à mon ange gardienne.
 

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