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Run in lyon : « qui court quoi ??? »

Publié le 07 octobre 2013 par Marathonien67
RUN IN LYON
QUI COURT QUOI ???
Même si le soleil n'a pas mis de dossard cette fois, l'engouement populaire du Run in Lyon ne se dément pas. Chaque année depuis quatre ans, ils viennent par milliers courir à travers la capitale des Gaules. Ce dimanche, trois parcours urbains adaptés à tous les niveaux étaient ainsi proposés : le dix kilomètres, le semi-marathon (21 kilomètres) et le marathon (42 kilomètres). Petite particularité de l'événement : les participants partent tous en même temps. Un coureur de semi peut ainsi se retrouver à côté d'un marathonien, ou d'un concurrent du 10 kilomètre.  
RUN IN LYON : « QUI COURT QUOI ??? »
Week-end des 05 et 06 octobre 2013. C'est parti pour l'aventure RUN IN LYON. Arrivé en veille d'épreuve, avec ma compagne Carole et notre chère mascotte Haloa, nous déposons nos sacs à l'hôtel, puis nous nous rendons place Bellecour afin d'y retirer mon dossard. En arrivant, je découvre une foule impressionnante. Une longue file de coureurs s'étire devant le stand où il faut retirer le précieux sésame, ainsi que devant le stand tee-shirt. Après une demi-heure à poireauter, je parviens enfin à mettre la main sur mon paquetage-coureur. Me v'là équipé. Trop de gens dans les rues. Après avoir tenté vainement de trouver une place à la terrasse d'un café, à l'issu d'un petit tour dans Lyon, retour à l'hôtel. Demain, je participe au « Run in Lyon », une manifestation sportive attirant un monde fou, une épreuve à laquelle j'ai déjà pris part il y a deux ans, sur 10km. Cette fois, dans l'optique du championnat de France de marathon, j'ai décidé d'allonger un peu la distance,  je vais courir le semi.    
Après une courte nuit, je suis debout à 5h. Petit coup d'œil dehors, il fait gris et noir. Heureusement, un café m'aide à sortir du brouillard. Je déjeune tranquille. Je prépare mon sac. Le temps défile. Un coup de métro et me revoilà place Bellecour, comme hier après-midi. Sauf que cette fois, je vais plus faire la queue quinze plombes juste pour un bout de papier numéroté et un bout de tissu coloré. Elle court, elles court, la place Bellecour. Pendant l'échauffement, je manque de me flinguer une cheville en marchant sur un gobelet qui traîne au milieu de la chaussée. Putain d'gobelet!!!, il est pas en plastique celui-là, c'est pas possible... Heureusement, y'a pas d'casse, je repars. Quelques gorgées de boissons d'attente Nutratletic, un peu d'huile à l'arnica sur les guiboles, un coup de pommade anti-frottement sur les panards...etc.  Aujourd'hui je fais tout comme pour un marathon. Je simule.  
Vers 8h45, je retire ma veste, et sous le regard bienveillant de ma compagne, j'entame quelques petits « aller-retour » dans la zone élite. Entre les deux rangées de balustrades, je croise les marathoniens kenyans venus pour offrir un chrono d'envergure à la ville de Lyon, Hassan Chahdi, notre vice-champion d'Europe de cross, venu « faire une séance » sur le 10km, et Anthony (Guillard) et Thierry (Guibault) du team Adidas.
9h00 tapantes, un coup de feu retentit place Bellecour. Aujourd'hui, les coureurs vont passer par tous les endroits stratégiques de la cité - berges du Rhône, rives de Saône, place des Terreaux, parc de la Tête d'or, Confluence, stade de Gerland... - dans une ambiance conviviale. En début de course, je temporise le temps de trouver mes repères. Je cherche ma place au milieu des 18 067 participants (nouveau record de participation). « Qui court quoi ? », « Qui est qui ? », « Je vais où ? ». En ce début de course, de nombreuses questions me taraudent l'esprit. Entre les coureurs de dix bornes, les marathoniens et les semi-marathoniens, dur de s'y retrouver. En principe, les dossards ont des couleurs différentes, mais de dos difficile de savoir « qui est qui ». Je décide donc de me caler derrière Thierry (Guibault), parce que lui, au moins je sais qu'il fait le semi. En plus, généralement il est jamais loin de la gagne quand il court.RUN IN LYON : « QUI COURT QUOI ??? »Au fil de l'épreuve, le peloton se décante. Au 5eme kilomètre, une bifurcation arrive, mais le panneau file sous mon nez un peu trop vite. J'ai pas le temps de capter les indications inscrites dessus. Les uns (le 10km) vont tout droit, les autres (le semi et le marathon) tournent à droite. J'hésite un peu... puis je file tout droit avec Thierry, et Julien Masciotra, et un coureur au maillot blanc. Ce dernier, surprit nous interpelle : «  Hey les gars, vous faites le semi, non ? ». « Euh, OUI !!! » qu'on lui dit. Réponse du coureur au maillot blanc: « Ben, fallait tourner à droite !!! ». Dans la panique, nous rebroussons chemin, laissant notre sauveur finir son 10km. En faisant les comptes, nous avons parcouru prés de 200 mètres supplémentaires. Merde. Comme si 21,1 km suffisaient pas....  Enfin, nous repartons dans la bonne direction. Comme c'est moi qui suis le premier à capter l'arnaque, je temporise afin que les camarades puissent recoller. Julien me rejoint le premier, puis Thierry l'imite quelques secondes plus tard. À nouveau réunis, nous reprenons notre rythme de croisière. Un kilomètre plus loin, nous rattrapons un concurrent passé devant nous pendant notre mésaventure. Mais ce que nous ignorons, c'est qu'un coureur a accroché le groupe de marathoniens kenyans emmenés par James Theuri (le lièvre). Et que ce coureur participe lui aussi au semi...
Les coureurs disputant le dix bornes ont bifurqués. Mais « qui a bifurqués ? », « qui court quoi ??? », « j'suis combientième bordel ! ». En manque de repères fiables je ne sais pas quel rang j'occupe au juste.... Ça fausse un peu la donne.
Aux alentours du 10eme kilomètre, nous empruntons une longue ligne droite avec une épingle à cheveu au bout. Sur l'autre bout de la chaussée, les marathoniens kenyans, qui portent (tous ?) un dossard rouge, arrivent, emmenés par l'ami James (Theuri).  Ils possèdent environ 1mn30 d'avance sur notre groupe. Au milieu des dossards rouges, j'aperçois brièvement un dossard bleu. Pour info : dossard bleu = semi-marathon, dossard rouge = marathon, dossard jaune = 10Km, et E = MC2. L'équation est simple. Merci Monsieur Einstein.
Vu que je n'ai pas eu le temps de les distinguer tous, je ne sais pas s'il y a d'autres dossards bleus avec les marathoniens kenyans, mais une chose est sûr: la gagne s'envole. Dossard rouge, dossard bleu, dossard jaune. J'vous jure leur truc.... c'est un vrai casse-tête chinois. Y'a vraiment de quoi devenir daltonien.   
Un peu avant la mi-course, Thierry se sentant un peu juste physiquement est forcé de nous laisser partir. Je me retrouve donc en duo avec Julien (Masciotra). Pour l'avoir déjà côtoyé un petit peu sur le bitume, je sais que Julien est un coureur possédant de solides références athlétiques (13mn50sec sur 5000m et 29mn35s sur 10Km), je me dis donc que la partie sera délicate à gérer. Le passage au 10eme kilomètre en 32mn55sec, illustre bien nos déboires, nos petits problèmes avec le sens de l'orientation. Le temps ne nous a pas attendus quand nous nous sommes égarés. Il a filé sans nous. Mais tant pis, peu importe le chrono, maintenant faut chercher la motivation ailleurs.
RUN IN LYON : « QUI COURT QUOI ??? »Avec mon compagnon de route nous courrons côte à côte, traversons les allées du parc de la tête d'or en nous relayant bien.  À un moment, un spectateur nous renseigne sur notre classement. Mais il parle du classement toutes épreuves confondus (marathon et semi-marathon). Du coup, l'incertitude demeure. Je gamberge toujours autant. «J'suis combientième?» Toujours cette même question qui trotte dans ma tête. Et je suppose que dans celle de mon adversaire aussi elle trotte. Plusieurs fois, j'hésite à lui poser cette foutue question qui me brûle les lèvres. Mais pour ne pas lui montrer que je doute, je ne lui pose pas, préférant demeurer dans le flou jusqu'au bout. Et puis de toute façon si ça s'trouve il en sait pas plus que moi... pas sûr qu'il soit parvenu à compter les dossards bleus mieux que moi.
Dernière ligne droite, ça y est, le sprint est lancé... au 18eme j'ai perdu quelques mètres, mais je me rapproche de plus en plus. La ligne est là. J'arrive trop tard. Deux secondes trop tard... En franchissant l'arche d'arrivée dans la foulée de mon camarade et dans celle de l'incertitude, je trouve enfin réponse à ma question. Encore un peu sonné par l'effort final, je reprends mes esprits lorsque qu'une voix m'annonce : « Bravo. Vous êtes 3eme. La remise des prix aura lieu à 11h30, il faudra que... ».
Bilan de la course. Si je suis satisfait de monter sur le podium, je suis aussi un peu agacé. Ma stratégie de course n'a pas été bonne. Le vainqueur du semi marathon a pris de l'avance dans la première partie de l'épreuve en accrochant les kenyans, puis une fois décroché, il a géré son avance. Le mieux aurait été de suivre la tête de course (la tête des courses ?), au moins sur les premiers kilomètres, histoire de voir « qui court quoi ? », la bonne stratégie c'était ça. Mais bon, dire que j'aurais pu soutenir un train plus soutenu d'entrée ne m'avancera à rien. J'ai pris une décision calamiteuse, c'est un fait, je n'ai pas fait le bon calcul sur ce coup là. Pendant que je calais ma course sur un coureur, un autre prenait le large.
Mes amours, mes emmerdes, mes kilomètres... La vie suit son cours. Demain est un autre jour. Je monte sur le podium place Bellecour, je file vite à Genève et après je rentre à Strasbourg.
 

Podium Run In Lyon 2013
    
RUN IN LYON : « QUI COURT QUOI ??? »

Marathon Hommes :
1. Eliud Kiplagat (KEN) 2h10'45”
2. Samuel Demie (ETH) 2h11'05”
3. William Biama (KEN) 2h12'27” 
 
Semi-marathon Hommes :
1. Mathieu Brulet 1h08'06”
2. Julien Masciotra 1h09'06”
3. Samir Baala 1h09'08”
10 km Hommes :
1. Hassan Chahdi 30'13”
2. Anthony Guillard 30'40”  
3. Geoffrey Clavier 31'01”



( Photos: 1) Le départ de l'épreuve. 2) Très tôt sur la place Bellecour avec mes supportrices chéries. 3) En compagnie d'Hassan Chahdi. 4) Sur le podium du semi-marathon Run in Lyon 2013.) 


Un grand coup de chapeau à Sébastien Spehler pour sa victoire à Gap au Championnat de France de Trail et à Mourad Amdouni pour son come-back victorieux sur les routes Parisiennes ce week-end.
 

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