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Famille avec un "F" majuscule

Publié le 08 octobre 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

Famille avec majusculeAu moment des grandes polémiques sur le « mariage pour tous », quand d'aucuns évoquaient les risques que cela faisait et fait toujours encourir à la Famille (ami lecteur, tu vas dire que je suis incorrigible mais je mets un « F » majuscule à famille par pure provocation ce qui entraînera le réflexe conditionné des esprits de progrès de me traiter de réactionnaire ce dont je me fous comme de ma première chaussette), les défenseurs de la loi Taubira clamaient que cela ne changerait rien et qu'il n'y aurait pas de changements anthropologiques majeurs ne voulant pas voir la chosification du corps des femmes, et en particulier des femmes précaires, ou la réification des enfants, le tout se marchandisant de par la GPA qu'il serait naïf de croire enterrée pour toujours alors que c'est la suite logique du « mariage pour tous ». Et qu'elle une des revendications essentielles de la "communauté" gay.

Leur défense n'était d'ailleurs pas très argumentée, elle se situait surtout dans l'affectif et aussi dirais-je dans l'affectif ostentatoire (pour donner une bonne image de soi dans les milieux mondains « qui pensent ») quand ce n'était pas seulement dans l'injure de bas niveau (fââchiiste, cathofââchiiste etc...) :

« J'ai des copains « pédés » (ça fait mieux de dire pédé qu'homosexuel, ça fait libéré des contingences bourgeoises) tellement sympâââs (geste), ils ont adopté un petit taïwanais tellement chouuu, je suis bien contente pour eux s'ils peuvent se marier, allons, ça changerait quoââ ? ».

Alors, certes, oui, certes, la Famille traditionnelle n'est pas parfaite, ne l'a jamais été, et ne le sera jamais car « là où il y a de l'homme, ou de la femme, il y a de l'hommerie » mais c'est un des remparts qui subsistent encore un peu, un tout petit peu, contre le pouvoir du système tout économique, et la famille dite « éclatée » ou « monoparentale » ou « reconstruire » est encore pire pour les enfants, et les parents. La Famille a pratiquement disparue dans les faits. L'individu moderne se retrouve démuni, isolé, perdu au centre de « non-lieux » de plus en plus déshumanisés, au cœur d'une mécanique dont il ne devient qu'un rouage. Il lui est conseillé de s'en remettre à l'état, aux entreprises, aux intellectuels de progrès progressistes.

De quoi se plaindrait-il ensuite ?

De manquer d'humanité dans tout ça ? Ce qui pousse à croire que l'on peut retrouver un semblant de convivialité, de sentiments vrais et d'affection véritable en se défoulant par la violence, verbale ou non, de plus en plus abjecte sous couvert du pseudo anonymat du Net, ou en se répandant en « statuts » divers et variés, allant du mièvre au très mièvre, en passant par toutes les nuances de rose bonbon sur les réseaux dits sociaux qui tirent profit de toute cette misère intellectuelle et sociale, la perte des liens familiaux étant un des trois vecteurs, avec l'éducation et un travail salarié dont l'absence de l'un ou de tous peut conduire à cette affreuse pauvreté spirituelle qui devient la norme dans notre pays. Il en est même qui se réclament d'écrivains qu'ils n'ont pas lu pour singer la comédie de la rébellion dans leur « open space » et vomir leur haine de tout ce qui n'est pas eux.

Il est souvent question « de recréer du lien avec Internet », beaucoup feignent de se réjouir de cette « réappropriation » par les usagers du savoir et de l'information que serait « la Toile », feignent dis-je, car un lien virtuel reste par essence virtuel. Mais c'est tellement plus commode de laisser croire en un Réseau des réseaux tellement positif, tellement fort qu'il en récréerait une société plus soucieuse d'altérité et créatrice d'une nouvelle « Common Decency ». C'est commode car cela permet de justifier le désengagement de l’État de l’Éducation ou des services sociaux, entre autres choses pour assurer le respect des règles monétaristes et hyper-libérale absurdes fixées par le marché concernant l'Union Européenne.

D'ailleurs, est-ce étrange, mais tous les défenseurs entre autres de la Loi Taubira, tous les esprits de progrès, toutes les belles consciences ont un esprit de « Famille » au sens large encore des plus développé. Hors de leur « Famille » au sens large point de salut. Leur progéniture est protégée dans des établissements scolaires inaccessibles aux « vulgum pecus » à moins de faire acte d'allégeance au système, parlons par exemple de la fameuse école bilingue du XVème arrondissement où se retrouvent les enfants d'acteurs, de politiques de tous bords et de chefs d'entreprise, sans oublier tous les lycées parisiens dans lesquels on n'entre pas sans certaines conditions et Condition sociale. Nous resterons pudiques sur le clientélisme, le népotisme et le favoritisme dont elles sont des spécialistes chevronnés toutes ces belles âmes, se croyant légitimes elles et leurs gosses, leur copains, copines, coquins et coquines à en bénéficier...

J'ai trouvé amusant de prendre la photo ici


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