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Hollande en Israël – ni pour ni contre bien au contraire

Publié le 18 novembre 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

 PHOc19c0bba-503d-11e3-b0ab-7cacfcb71a53-805x453.jpgOn m'avait dit : « Tu verras, au bout de quatre ans, cinq ans, tu oublieras Jérusalem », mais ce n'est pas le cas, j'y ai laissé une partie de mon cœur et de mon âme. Il suffit que je ferme les yeux, ou que je contemple un ciel sans nuages et je suis « Via Dolorosa » avec les petits voleurs, ou rue Ben Yehuda à la terrasse d'un café inondée de soleil, que j'entende la plainte lancinante et nostalgique des muezzins ou le son puissant du « shofar ». J'y étais à une période semblant maintenant presque utopique car il n'y avait pas de « Mur » entre Israël et les territoires, et la violence y était moins palpable.

Ce qui montre soit dit en passant que l'apaisement était encore possible...

François Hollande est donc à Jérusalem, il y est fidèle à son attitude habituelle, à savoir qu'il ne sait pas se montrer ferme là où il faudrait, qu'il tergiverse, hésite et finalement se ridiculise ou s'aplatit avec tout le monde, rabaissant la France en passant. Il est comme à son habitude ni pour ni contre bien au contraire ainsi que le disait un comique mort, maintenant saint laïc, quand il voulait se moquer des hommes politiques hypocrites faisant rire dans le même temps les « bobos » de l'époque et le « prolo » du coin, mais pas forcément pour les mêmes raisons.

Cette visite de Hollande en Israël me rappelle celle de Jospin en 2000, que j'avais vécu de l'intérieur, qui avec le même genre de sornettes lénifiantes débitées par paquets de douze avait provoqué dans les territoires des conséquences dramatiques et violentes, détruisant pour se faire plaisir dans un discours, et faire vibrer la « corde sensible » de l'évocation qui ne mange pas de pain des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), des semaines de travail pédagogique avec de jeunes palestiniens, fichant en l'air par son inconscience ce que nous cherchions à mettre en place, en particulier une confiance réciproque plutôt que la défiance.

De toutes façons les pseudo anti-sionistes, et judéophobes, ne manqueront pas de le qualifier d'agent dormant de la Hasbara et les pro-sionistes affirmés, et musulmanophobes de soutien des mollahs, continuant chacun dans leurs niches à bouter le feu à la haine des deux peuples, appelant de leurs vœux une déflagration mondiale, un choc de civilisations, qui satisfera leur goût de la violence. Pour eux, si on ne partage pas toutes leurs haines on est contre eux. Et puis à les entendre, c'est toujours l'autre qu'a commencé.

Hélas, ce sont eux qui sont de plus en plus écoutés et non ceux qui auraient un peu plus de bon sens.

Il est du côté des israéliens, mais pas trop, ne condamnant pas vraiment le « mur » de séparation ni la colonisation qui continue, qui lui sont cependant gré de les soutenir, encore plus que les américains face aux iraniens, et il est aussi avec les palestiniens, mais pas trop non plus ; un dépôt de gerbe sur la tombe d'Arafat et quelques formules bateaux sur les droits des palestiniens, formules sonnant creux qu'ils ont l'habitude d'entendre depuis longtemps déjà, dont ils savent pertinemment qu'elles ne déboucheront sur rien de concret, laissant encore la part belle aux islamistes ou aux pan-sionistes, précipitant l'exil des minorités chrétiennes palestiniennes qui auraient pu jouer un rôle évident de médiateurs.

Ce qui sous-tend tout cela est que finalement, il est encore plus atlantiste que Sarkozy quant à Israël, ayant apparemment complètement oublié les alternatives qui auraient pu mener à la paix durable soutenues par Hubert Védrine ou Chirac (« Aille ouante tout tèque maille plène ! »). En période pré-insurrectionnelle, malheureusement, ce qui est le cas de notre pays, il faut dire que l'on ne suit plus du tout le bon sens politique mais seulement les plus radicaux que le troupeau suit par peur d'être « lâchés » en route et d'en payer le prix fort. En France même, la politique à l'égard d'Israël et la Palestine a des répercussions directes sur les « banlieues » dites difficiles et les « quartiers », cette question y est cruciale, déterminant l'attitude des gosses et des adultes.

Image extraite du site du Figaro, crédits photo Heidi Levine AFP (et un petit clin d’œil au père Frans Bouwen sur la photo)


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