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Petits monstres 2.0 ou « le Seigneur des mouches à l'ère numérique »

Publié le 26 novembre 2013 par Amaury Watremez @AmauryWat

 Aujourd'hui c'est la journée contre le harcèlement, en particulier le harcèlement dans la jeunesse, à l'école, sur les réseaux dits sociaux et dans les cours de récréation qui Maupassant le disait déjà en son temps, sont parmi les lieux les plus cruels qui soient. En 2013, donc quand quelque chose ne va pas du fait de l'effondrement à peu près totale des valeurs, des repères et de la morale à cause de la société libérale libertaire, on fait une journée pour ceci, ou contre cela en feignant de croire que cela va régler quoi que ce soit.

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C'est comme quand le thermomètre descend comme en ces derniers jours de novembre, on se souvient soudain qu'il y a des pauvres qui dorment dehors, ou qui meurent de froid. Et puis on les oubliera un peu plus tard après s'être donné bonne conscience. Juste avant les fêtes bien entendu afin de réveillonner en toute quiétude et sans culpabilité ou remords éventuel...

Dans une époque où la plupart des liens qui reliaient les individus entre eux, de la famille à la société, à la paroisse, au quartier, sont systématiquement conchiés et reniés, parfois par bêtise, souvent par inconscience, et le tout au profit du « tout économique » pour qui un bon citoyen consommateur est un citoyen consommateur sans défenses autre que lui-même pour résister éventuellement au consumérisme et à aux injonctions de la publicité, des médias et j'en passe, dans ce genre d'époque alors que tout le reste a été jeté aux ordures, c'est la loi du plus fort qui domine, le darwinisme social violent qui se manifeste chez la plupart des individus qui le pseudo anonymat du Net aidant se croiront autorisés à aller encore plus loin dans l'abjection et le ricanement que ce qu'ils s'autoriseraient dans la vie quotidienne.

Le « Seigneur des mouches » s'est mis au numérique, au fichues « NBIC » (TM°), ou « TICE » (TM°), et autres acronymes qui réduisent les êtres humains à de simples interfaces biochimiques avec les machines, qui deviennent des machines, des choses que l'on gère, car maintenant l'on « gère l'humain » qui devient un élément comme un autre de comptabilité en somme.

William Golding raconte dans ce roman, allant à rebours du mythe du nécessaire retour à une sauvagerie somme toute salutaire et « pure », comment des jeunes a priori éduqués, formés et intelligents en viennent à recréer alors qu'ils sont naufragés sur une île déserte non pas une société idéale et utopique mais une société de cauchemar basée sur la violence et la haine du différent, du hors-norme, du faible.

L'on a cru longtemps que le Web, le super-réseau allait justement permettre de recréer par le biais d'un partage global des connaissances un monde plus équitable, plus juste, privilégiant la culture et le savoir, la soif de découvertes, on évoquait l'avènement du « village global » de MacLuhan, d'une planète enfin unifiée, alors qu'Internet s'est principalement développé et se développe encore maintenant surtout pour deux choses : le porno le plus basique, le plus crade et la violence par l'entremise les jeux virtuels hyper-violents sur lesquels les plus jeunes internautes peuvent passer des heures et des heures par jour et qui le font par conformisme social extrême et la peur panique d'être exclu du reste du groupe en affirmant sa différence. Les utopistes sont des rêveurs sympathiques mais qui méconnaitront toujours la nature humaine et ses travers hélas encore dominants actuellement.

Ainsi, de même sur les réseaux sociaux, certains d'entre eux se réveillant la nuit pour continuer à « tchater » dans le vide, car sans véritable interlocuteur en face d'eux, et hélas dans la grande majorité des cas pour harceler la personne différente, hors-norme ou considérée comme faible sans se soucier des conséquences dramatiques pouvant advenir car dans ce genre d'échanges virtualisé l'autre n'a plus de chair, de corps, et donc n'existe pas vraiment aux yeux des harceleurs, des cyber concierges et autres concierges internautesques.

Le rire dans ces échanges n'est plus qu'un ricanement malveillant et lâche.

Cette société des mouches 2.0 est comme le rêve humide d'un dictateur du début du XXème siècle, que ce soit Mussolini, Staline ou Hitler. C'est la concrétisation d'une société où l'individu est soumis sans se poser de questions à un système parfaitement absurde qui prétend le protéger et qui le prive de ses libertés sous prétexte de la transparence délirante actuellement à l'oeuvre avec son consentement imbécile, toujours à cause de la peur panique d'être hors du groupe, raccrochant toute dignité et son amour-propre à la possession ou non d'un gagdet électronique tout ce qu'il y a de plus inutile.

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