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5 bonnes raisons de ne pas regarder La Belle et ses Princes presque charmants

Publié le 10 décembre 2013 par Wtfru @romain_wtfru

Le lundi 25 novembre 2013, W9 lançait « La Belle et ses princes presque charmants », 3e édition. Adaptation du concept américain Average Joe, l’émission est un programme phare de la petite sœur du groupe M6. Manichéen à souhait, le public suit une charmante bachelorette qui devra choisir entre des hommes moches, mais avec un grand cœur ou des hommes beaux, mais inintéressants. Une allégorie à la moquerie facile qu’il faut surtout ne pas suivre.  

 1.    Le manque d’humour

La force des divertissements américains est de manier le spectateur avec aisance. Selon le concept de l’émission de téléréalité, la production insistera sur la pitié, la haine, l’antipathie ou autres. Prenons l’exemple du Grand perdant. Émission phrase dans le pays de l’oncle Ben, 16 candidats obèses (et en danger) s’affrontent dans une émission afin de perdre le plus de poids. Derrière les larmes et les difficiles épreuves proposées aux candidats, chaque protagoniste de l’émission a souvent connu un parcours difficile. Une tactique parfaite pour émouvoir la fameuse ménagère, cible privilégiée de la télévision. Contrairement à la version américaine, « La Belle et ses princes presque charmants » n’est pas un programme qui assume sa portée. Plus culpabilisant que drôle, l’émission est gênante. L’humour y est potache (pour ne pas dire inexistant). Le spectateur, avide de réseaux sociaux, n’hésitera pas à aiguiser ses meilleurs « punchlines » pour se moquer des prétendants. Rappelons que l’objectif principal du programme de W9 est que la (ou les) fameuse belle trouve l’amour. Parfois, les producteurs semblent snober leur concept.

2.    Des candidats juste là pour le buzz (?)

La téléréalité a bien évolué. Depuis l’époque du loft et de Loana, les choses ont changé. Les émissions ont pullulé. Dorénavant, le public connaît les moindres rouages du processus. Motivés par l’argent, une bonne prestation dans un programme de la TNT leur permet d’avoir une exposition médiatique. Avec NRJ 12 et son concept d’ange de la téléréalité ou encore l’île des vérités, il y a toujours une occasion de rebondir. Le candidat sera invité dans le MAG sur NRJ 12 ou traînera dans le bain de Jeremstar. Plusieurs beaux gosses de cette saison 3 y sont passés, tout comme Coralie, l’une des 3 belles. Laetitia, l’une des candidates, est déjà en couple avec Samir Benzema, cousin de Karim et figure emblématique des téléréalités made in NRJ 12. Nous sommes en droit de nous questionner sur le véritable objectif des candidats.

Joli spoil. Laetitia est donc en couple avec Samir Benzema. Pourquoi participe-t-elle à cette émission ?

Joli spoil. Laetitia est donc en couple avec Samir Benzema. Pourquoi participe-t-elle à cette émission ?

3.   Une émission scénarisée

La scripted reality a envahi nos écrans. C’est un format d’émissions de télévision se situant entre la téléréalité et la fiction. Souvent, ces programmes attestent de pseudo reconstitution de faits divers adaptés aux exigences de la fiction qui fait jouer à des acteurs des situations réelles. L’idée ? Une trame et des dialogues improvisés sur le coup. Rien n’est écrit, tout se (sur)joue sur le moment même. Quel est donc le rapport avec ce genre de programme ? La réponse est simple : la scénarisation à outrance. Comme avec les Ch’tis (le principe était très bien expliqué dans un reportage sur Le Tube) ou les Anges de la Téléréalité, la production oriente les candidats ou plutôt acteurs (ils sont rémunérés pour chaque journée de tournage). Une séquence soi-disant potache peut devenir rapidement gênante si les ficelles sont trop visibles. Par exemple, dans le second épisode, les prétendants (moches) mettent au point un subterfuge pour séduire Laëtitia, la deuxième belle. Derrière une porte, ils s’inventent une nouvelle identité et jouent la comédie. Il serait bien trop naïf de penser que ces hommes ont mis en place un tel piège potache pour séduire la jeune femme. La séquence – drôle sur le coup – devient gênante au fil des candidats. Les réseaux sociaux se moquent. W9 se frotte les mains. Business is business

4.    La violence des réseaux sociaux

Dans le petit monde télévisuel 2013, Twitter a pris une vraie importance. Chaque chaine développe son social média. L’importance est d’avoir son programme en haut des TT France (et pourquoi pas monde). Beaucoup critiquent twitter pour sa violence. « La Belle et ses princes presque charmants » n’y échappe pas. Dès la 1re émission et malgré des audiences insuffisantes pour une telle émission, elle est commentée de toute part. De nombreux « twittos » – anonymement le plus souvent – déversent leur venin sur les prétendants. Entre moqueries faciles sur le physique, leur langage ou leur style, la coupe est pleine. Bien évidemment, les fameux séducteurs reçoivent le plus généralement que des remarques mélioratives sur leur physique parfait. L’émission devient juste un moyen d’opposer des hommes et accroître les clichés sociétaux.

Voici le genre de montage qu'on peut trouver sur Twitter ... Bonne ambiance

Voici le genre de montage qu’on peut trouver sur Twitter … Bonne ambiance

5.    Le vide intersidéral

Certes, la téléréalité n’est pas réputée pour proposer un scénario complexe et surtout complet. Mais les amateurs de divertissement sont en droit d’attendre un minimum d’action. Malheureusement, il ne passe rien. Le téléspectateur suit les prétendants qui prennent leur petit-déjeuner. Ils parlent entre eux. Ils vont voir la belle pour manger avec elle. Boring à souhait. Dans le 3e épisode, les prétendants et séducteurs sont allés faire de l’accrobranche avec les deux femmes restantes : Laëtitia et Jade. La scène ressemblait beaucoup plus à reportage dans le 13 h de TF1 un dimanche d’hiver qu’une activité sportive de haut vol.


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