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Une vie de rêve, de Marian Keyes. Ou quand trois femmes frôlent la crise de nerfs lorsqu'arrive le prince charmant.

Par Feedbackbaby
Une vie de rêve, de Marian Keyes. Ou quand trois femmes frôlent la crise de nerfs lorsqu'arrive le prince charmant.
Pour être heureux, cultivons notre jardin, dixit Voltaire en conclusion de Candide. Pourtant, si l'humain cultive quelque chose, c'est surtout sa propension à croire que l'herbe est plus verte chez le voisin. Elle y semble toujours plus grasse, plus flamboyante. Mais comment fait-il ? Même les trèfles à quatre feuilles y sont plus nombreux ! Moi, ma vie de célib' s'apparente plutôt à une prairie. C'est grand, une prairie. Bien plus qu'un jardin. On y trouve beaucoup d'opportunités de carrière/voyages dans les herbes folleset les rencontres amicales se font au beau milieu des fleurs des champs. Les soirées arrosées sont pleines de drôles d'oiseaux et les amourettes se perdent dans les bourrasques de vent. Dernièrement, j'ai tenté d'y faire un potager dans un coin, histoire de me mettre à cultiver un début de jardin, moi aussi (parce que c'est bien beau les prairies, mais personne ne s'y arrête vraiment pour s'installer confortablement et boire un coup). Comme je n'ai pas vraiment la main verte, j'avais mis à contribution un séduisant mâle qui paraissait content à l'idée de gambader librement dans ma vie-prairie. Hélas, il s'avère que le jeune homme ne m'avait raconté que des salades puisque, prenant peur devant l'ampleur de la tâche (dur-dur de rouler une pelle), il est vite retourné dans le jardin d'où il provenait à l'origine : celui de son ex-copine. Bien que ce jardin-là ne pouvait lui offrir qu'une perspective de bonheur basique (à base de projet de bébé qui naît dans les choux), c'est là-bas qu'il a décidé d'aller bêcher, me laissant pour tout outil... un râteau. Peut-être que l'idée de planter des carottes dans un nouveau terrain l'avait effrayé, ou alors il n'a pas su apprécier à sa juste valeur la rondeur de mes tomates... (hoho !). Toujours est-il que, suite à sa démission, j'ai abandonné mon potager à son triste sort pour continuer à explorer ma prairie en solitaire. En général, c'est après ce type de déception que je me mets à lorgner sur le jardin de mes copines, cette question au bout des lèvres : pourquoi le soleil brille-t-il plus fort dans leurs vies ?
La jalousie est un défaut récurrent chez tout être humain, et encore plus chez les femmes, il faut le dire. Le bonheur scintillant de nos amies nous renvoie inévitablement à nos échecs, notre impression d'avoir loupé un truc, comme si nous avions fait une erreur d'appréciation et planté nos légumes sur le mauvais terrain depuis le début. C'est clairement cette impression qu'ont les trois héroïnes de Une vie de rêve, d'ailleurs.

Pourquoi lire Une vie de rêve ?
** Parce que c'est une croustillante histoire de chassés-croisés amoureux.
Tout commence avec la rédactrice en chef d'un magazine féminin de Londres, Lisa. Convoquée par ses supérieurs en vue d'une promotion, l'arrogante jeune femme, qui s'attend à être promue dans un magazine ultra-réputé de New York, se retrouve envoyée à Dublin pour lancer une revue féminine chic et sexy nommée Colleen.
Pour Lisa, c'est la mort. Adieu la vie qu'elle avait tant rêvée ! Elle se voit obligée de déménager dans un pays qu'elle abhorre, forcée de vivre dans une capitale qui lui semble bien loin de l'ambiance "branchée" londonienne. Là-bas, on lui confie une équipe réduite et un chouïa bizarre avec, pour adjointe, une dénommée Ashling, qu'elle considère comme totalement has-been.
En vérité, Ashling ne souhaite rien de plus que de vivre un conte de fées comme celui de sa copine Clodagh avec le combo maison/mari/enfants. Alors que Clodagh, elle, rêve de vivre comme elle l'entend, un peu à la manière d'Ashling.
Forcément, un jour, ça va swinguer ! Avec l'arrivée du "prince charmant", chacune va tenter de tirer la couverture à soi. Entre jalousies, tensions et prises de bec, l'atmosphère promet d'être électrique. Reste à savoir comment elles parviendront à tenir debout.
** Parce que les personnages y frôlent la crise de nerfs et beaucoup se sentent vidés de leur substance. Certains flirtent avec la dépression nerveuse ou finissent même par tomber dedans ! Chacun y va de son petit côté névrosé et, quelque part, c'est drôle, d'autant plus que ça les rend tous très attachants.
Ainsi, Ashling ne peut pas partir en soirée sans avoir tiré les cartes au tarot, Lisa se rassure à force de soins et de fringues à des prix outrageux et Clodagh supporte bien mal ses enfants. (et encore, je caricature) Ces héroïnes sont imparfaites et on aime ça. Beaucoup-beaucoup.
** Parce que si vous vous êtes toujours demandé comment ça se passe dans les coulisses d'un mensuel féminin, vous en aurez un aperçu plutôt convaincant. Je crois que l'auteure a voulu dénoncer les travers de journalistes qui profitent allègrement de leur statut pour bénéficier de cadeaux et services gratis. C'est toujours intéressant à lire d'un point de vue sociologique, non ?
Pourquoi je vous le recommande ?
Aaah, Marian Keyes. Beaucoup vous le diront, cette auteure est une valeur sûre.
Après Le club de la dernière chance, que j'ai beaucoup apprécié, j'ai suivi le conseil de ma chère blogo-copine Atalanta une fois de plus en me jetant sur ce titre. J'y étais tellement accro que je l'ai embarqué pendant mon week-end à Birmingham (en Angleterre) où il a été ballotté sans ménagement. (j'ai d'ailleurs tenté de le chercher en VO mais j'ai vite abandonné, toute obnubilée que j'étais par les boutiques du mall en centre-ville).
Une vie de rêve, donc, c'est un peu un roman-coup de foudre. Il fait l'effet d'un paquet de Kinder Schokobons que l'ont reçoit à Noël : quand on l'ouvre, on sait qu'on va déguster de la bonne came. Le tout, c'est de savoir si on sera capable de ne pas le liquider trop vite.
L'intrigue tient bien en place. On peut tenter de deviner qui finira avec qui, bien sûr, mais Marian Keyes a le chic pour nous flouer sur certains "destins amoureux". Et ce qui me plaît le plus, c'est cette manie qu'elle a de mettre systématiquement un ver dans la pomme. (parce qu'il y a toujours quelque chose de pourri au royaume de Marian Keyes !)
Dans Une vie de rêve, les apparences sont trompeuses, certes, mais les personnages fallacieux ne sont pas forcément ceux que l'on croit...
Bon, et sinon, quelqu'un sait si les bouquins de cette auteure ont été adaptés à l'écran ?

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