Magazine Côté Femmes

Souvenir des Gets

Par Unechambreamoi
Souvenir des Gets 
J'avais une grand-mère, qui avait fait construire un chalet avec son mari, dans les années 50, aux Gets, en Haute-Savoie.Elle y allait avec ses enfants, puis le chalet s'est ouvert petit à petit à tous les petits-enfants, venant souvent avec leurs amis.
Ce chalet, j'y ai passé 2 à 3 semaines par an, été et hiver, depuis ma naissance, et pendant une vingtaine d'années. On m'a mise sur des skis à 2 ans, comme tous les autres petits enfants.Il n'est plus dans la famille à présent, et ces vacances de rêve, ce lieu magique, me manquent beaucoup.
 J'y pense très souvent avec nostalgie... Car aller au ski aujourd'hui, dans des conditions aussi parfaites, dans un chalet familial immense pouvant accueillir plus de 10 personnes, au charme fou, avec des dortoirs et des lits superposés construits sur mesure, plein de chambres, un salon aux grandes fenêtres, donnant sur les pistes, avec cheminée, peau de vache au sol et grand fauteuils confortables pour la sieste de l'après-midi, des boiseries au plafond, une table à manger immense avec de longs bancs de bois, des rideaux vichy rouge et blanc et des cœurs dans les volets, une grande terrasse où l'on prenait le thé au soleil sous un plaid, où mes parents nous surveillaient quand nous descendions en luge le bas de la piste jusqu'à la porte d'entrée, et où je pataugeais, l'été, dans une petite piscine gonflable, ... On ne peut, matériellement, plus vraiment l'envisager.
Alors aujourd'hui, on essaie d'aller au ski dans les petites stations autour de Nice, à l'hôtel une ou deux nuits le weekend-end, mais ce n'est pas la même chose...Chaque fois que je repense à ces séjours, ça me fait comme une pointe dans le cœur. J'adore regarder le ski sur Eurosport pour me replonger dans l'ambiance, mais même ça ça me rend toute chose...
Les Gets, c'était MON village. La petite station de ski authentique de Haute-Savoie, avec son clocher, son musée des automates, ses petits magasins tout croquignolets, vendant des jouets en bois, des souvenirs, des reblochons et des bons produits montagnards.Plus grande, avec mes parents puis avec les copains, on allait boire un coup au pub canadien, manger une tarte aux myrtilles au schuss, dîner à la crêperie, danser à l'Igloo.J'ai eu la chance de pouvoir y emmener Jean-Chou, une année, hors saison... Et nous avions le chalet pour nous tout seuls pendant une semaine. Sur les pistes, personne, à part, parfois, deux hollandais et trois anglais. Rien que le silence, la vue sur le mont Blanc et le bruit de nos carres dans la poudreuse.
Je me souviens des cours de ski, matin et après-midi, dés l'âge de trois ans. Des parents et de leurs copains qu'on allait retrouver au restaurant d'altitude entre midi et deux, les enfants autonomes mais bien groupés, supervisés par les plus grands pour prendre seuls les telesieges. On y hurlait "étoile des neiges", et ça nous faisait bien rigoler.Même à la pause de midi, jamais fatigués, on allait quand même descendre deux ou trois pistes supplémentaires avant que les cours recommencent, pendant que les parents prenaient leur café.
Je me rappelle les noms des pistes: le Ranfolly, les Chavannes, boule de Gomme, la noire le Yéti sur laquelle les garçons de notre cours de ski jouaient toujours les gros durs. Et la plus menaçante encore, "Chamocière" piste noire entre les Gets et Morzine, point final à notre semaine de cours sur laquelle les moniteurs aimaient nous entraîner avant la fin des vacances.Je me souviens des compétitions, des dossards et des médailles. Du Géant, du Spécial, et du sommeil un peu fragile avant cette matinée de slaloms.De notre phase "snowboard" entre 13 et 18 ans avec les copains, puis du retour à notre premier amour, le ski.En rentrant au chalet après une grosse journée, toujours le même rituel: chacun disposait ses gants et bonnets sur les radiateurs de l'entrée, et on se retrouvait tous en collants, petits et grands, au coin du feu.
J'adorais, chaque année, à la tombée de la nuit, avant la fin de la semaine, faire l'ascension, à pied, de la piste faisant face au village, pour retrouver toute l'école de ski pour une tartiflette, puis faire la descente aux flambeaux. Je me souviens de notre fierté, de notre excitation d'enfants, d'avoir l'opportunité de porter les torches pour descendre le plus doucement possible, en de longs slaloms, en sachant que tout le village nous regarderait d'en bas. Seuls dans la nuit en montagne, sans les parents, qui nous attendaient tout en bas, on avait la sensation de partir à l'aventure!
Je me souviens de la patinoire, et de l'odeur de vin chaud. Des démonstrations des moniteurs le soir après le ski, de la musique à fond, de la vache violette Milka Géante, des sponsors et de leurs magnifiques équipements de sport qui nous faisaient de l'œil chaque hiver.
L'été, nous dévalions ces mêmes pistes en roulant, allongés sur l'herbe, avec ma cousine et mes frère et sœur. On allait cueillir les myrtilles avec ma grand-mère pour les manger dans du fromage blanc de retour au chalet. Faire les parcours de santé, du VTT, ou aller s'amuser dans les toboggans géants à Morzine. Faire des balades sur le Mont Chéri, prendre les télésièges, en short et chaussures de marche, et arriver au milieu des chèvres. Entendre les grillons et observer les fleurs, les sapins, les balcons fleuris de géraniums.
Je me souviens des voyages en train-couchette Nice-Cluses, ou bien en voiture, par l'Italie, et le passage par le Tunnel du Mont-Blanc. Je me rappelle très précisément le bruit de fond des remontées mécaniques qu'on entendait de nos chambres, lorsqu'on ouvrait les fenêtres le matin.Je revois le garage du chalet avec, sur le côté, des une bonne quinzaine de chaussures de ski de toutes les poitures, des skis de fond et des snowboards, que chaque membre de la famille laissait là chaque année.
J'y ai emmené plusieurs amis, mes frère et sœurs aussi. Mes parents invitaient des copains chaque année. On dînait toujours à quinze, de grandes tablées autour d'une raclette, après des apéros à rallonge. J'y ai passé des périodes fortes de ma vie. attendu des résultats de partiels, commencé à guérir d'un chagrin d'amour, partagé des moments d'amitié intenses, remonté le moral de copains.
Je me souviens de ma grand-mère, dans son fauteuil au soleil, en train de faire ses mots croisés. Dans le chalet il y avait un pèle-mêle de photos de famille, je l'ai tellement observé que je me souviens encore de la place de chaque image. En noir et blanc, il y avait ma grand-mère, jeune et toute mince, en fuseau, en train de disputer une compétition de ski, très "Martine aux sports d'hiver".Toujours élégante, elle sortait au marché avec ses bottes fourrées, sa veste autrichienne et son chapeau surmonté d'une plume de faisan.
Je ne suis plus retournée aux Gets depuis plusieurs années.Jean-Chou y est allé deux fois l'été, pour faire des courses de VTT (les Pass'portes du Soleil). Il m'envoyait à chaque fois une photo du chalet, fenêtres fermées, devant lequel il passait.
J'aurais adoré pouvoir y emmener mes enfants tous les hivers, et au moins une semaine chaque été... Leur transmettre à mon tour ces souvenirs, l'esprit de la montagne, et un bon niveau de ski! Qu'ils connaissent eux aussi le bruit des escaliers en bois qui crissent, observent les frises de bois rouges et vertes sur le plafond, empruntent la luge de leur maman, de leurs oncles et tantes!
En attendant, si vous cherchez une destination pour skier en famille ou randonner l'été... allez aux Gets!  (et pensez à moi une fois sur place)(pour l'anecdote, c'est le lieu de tournage du téléfilm "Bienvenue aux Edelweis")Et bonnes vacances aux sports d'hiver pour les chanceux... :-)
crédits photos:les Gets.com
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets
Souvenir des Gets

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Unechambreamoi 22397 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte